NADEZHDA GAZMURI-CHERNIAK est "Auteur auto édité"
vous pouvez la contacter
par mail : nadezhdagazmuricherniak@gmail.com

FEU FOLLET LETTRE A MON AMOUR: DE L’AMOUR A L’ECRIT

18 juillet, 2016 (11:08) | Non classé, Poésie

 

FEU FOLLET

LETTRE A MON AMOUR

LE BUT ET LA FIN

De l’Amour à l’Ecrit

Chers Lecteurs,

Il n’y a rien de plus enrichissant et de plus gratifiant que de vous lire.

Merci pour vos commentaires. Merci pour l’intérêt que vous portez à mes travaux, à mes écrits.

Je vous réponds sur ce blog, à vos questions concernant les préambules avant la publication de mon Feu follet, Lettre à mon amour.

Hier soir vous m’avez envoyé un message qui a provoqué cette réponse.

Vous me dites que c’est bien de lire un peu plus sur ce livre avant la publication.

Je comprends que le titre et le sujet vous troublent. Il ne faut pas se troubler face à des écrits sur l’amour. La littérature ne parle que de cela. Vous le savez. R.M. Rilke conseille au jeune poète de ne pas s’adonner à une si difficile tâche, car d’autres, des grands écrivains l’on fait avant avec grandeur et maîtrise.

Il faut une grande maturité et une expérience de vie confirmée parfois plus assurément par une expérience à vif de la souffrance, pour s’autoriser le traitement d’un sujet si « grave et difficile »

Je pense qu’il est préférable de dire pourquoi l’écrivain a fait le centre de son choix littéraire le traitement d’un sujet qui est universel, qui appartient à l’humanité toute entière. Il n’y a pas de sentiment plus universel et plus intime à tout être humain.

Nos différences sur  des nombreux sujets peuvent être multiples, mais l’amour sera toujours en nous, cependant je tiens à m’attarder sur la différence substantive qui existe entre le but et la fin de l’amour que nous éprouvons. C’est là que le problème surgit.

Le problème existentiel majeur se pose quand nous parlons de l’amour « humain ».

C’est dans ce point que je sais que l’altérité de mon message provoquera de sérieux problèmes d’exégèse littéraire, non concernant la forme mais le contenu.

André Lhote s’est battu sa vie durant pour faire comprendre à ses élèves et aussi il l’a inscrit dans ses écrits, depuis sa qualité d’excellent pédagogue, que l’art, la peinture, ne doit pas proposer la vue des personnes réelles avec lesquelles le public trouverait agréable de se trouver dans un face à face. Giorgio Manganelli propose une leçon similaire en littérature, dans son essai La Littérature comme mensong, il e propose l’écrit en ayant une autorité et une force absolues,  indépendamment de la réalité, de laquelle il vaut mieux toujours se soustraire si l’on est artiste.

L’artiste n’a qu’une mission : la transfiguration de la réalité quel qu’il soit son domaine de travail artistique, du contraire il ne fera pas de l’art, mais une copie de ce qui existe déjà et bien plus vrai et noble que ce qu’il essaie de copier. En revanche si l’artiste, peintre ou écrivain, il ose et, s’il est capable de créer « à partir de la réalité », mais en la transformant en art, là il nous met ipso facto devant quelque chose de nouveau qui entrera en concurrence avec le réel, n’étant pas son égal mais bien son contraire.

Malraux disait « j’entre en art comme d’autres entrent en religion »

Dès ma petitesse humaine, je vis les deux et je dois rajoute une troisième, composante : j’entre en amour comme en art et en religion. Cela fait beaucoup. Je vis l’amour l‘art et la religion ensemble. L’amour, le vrai, appartient au domaine du sacré, l’art l’est entièrement. George Steiner en Réelles Présences fait une fine analyse de pourquoi cette époque ne produit plus d’art avec l’envie de « durer ».

C’est parce que la présence de Dieu est absente de l’inspiration de l’artiste, que l’art actuel ne peut se perpétuer doué de grandeur et tout ce qui  nous est proposé maintenant à l’infini est similaire l’un avec l’autre, sans ondes transcendantes vers un infini « présent »

Rares, sont les artistes qui proposent encore une expression douée de ce étrange « désir de durer ».

Je pense que ce phénomène est irréversible. Cependant il existera toujours des lieux privilégiés pour la floraison de cet espace de culture de l‘infini et de l’absolu, absolument indispensables à la naissance de l’amour et de l’art doué de grandeur.

L’art et l’amour n’ont pas des fins utilitaires.

Si vous me demandez quelles sont les techniques propres à l’art pictural je suis habilité à vous les transmettre.

Si vous me demandez que je vous enseigne ma langue « maternelle » et que je vous donne les bases de la grammaire et que je vous donne des cours de littérature, je suis à même de le faire, car je suis professionnelle.

Mais si vous me demandez d’où vient le don et le talent pour exercer l’art de la peinture et de l’écriture, je ne sais pas.

Si vous me demandez pourquoi nous aimons si fort quelqu’un qui ne sait même pas de notre existence et qui vit absent de note affection, je ne sais pas quoi vous répondre.

Si vous me demandez pourquoi sommes nous si amoureux, je ne sais pas quoi vous répondre.

Si vous me demandez ce que c’est le coup de foudre…

Je ne sais pas quoi vous dire.

Je suis en train de finir mon livre et je vous avoue être en échec total.

Je me croyais douée du pouvoir de dire les raisons d’un amour si dévastateur. Mais, quelle vanité la mienne ! Je dois confesser mon échec absolu. Les mots ne m’ont pas fait défaut, mais les réponses s’échappèrent à chaque fois que j’essayais de les inscrire comme un fait de vérité.

J’ai du me contenter d’une tâche infime : donner la description simple et humble d’un sentiment et de l’émotion qui l’accompagne.

Au moins en cela je pense avoir accompli ma tâche d’écrivain.

Trois cent pages ne m’ont pas donné la réponse.

 Je n’ai pas de réponse à me donner à moi-même ni à personne.

Parce qu’il n’y a pas de réponse.

Parce que l’amour n’a pas de but.

L’amour n’a pas de fin.

L’amour naît soudainement, sans demander des permissions, il vit et reste. C’est là qui réside sa grandeur. Il ne cherche rien d’autre qu’avoir le droit d’exister. Il ne sera pas amoindri par rien et par personne.

Et l’amour ne meurt jamais.

La parole non plus. La parole reste, rien de plus grandiose que le pouvoir de la parole. Rien de plus fort que la force de l’écrit.

 C’est la que l’amour et l’écrit se rejoignent.

Sans but et sans fin utilitaires,  mais ensemble vers la même voie d’absolu.

Nadiezhda Gazmuri-Cherniak

 

Write a comment

You need to login to post comments!