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LA NOUVELLE RECETTE DE CUISINE DE L’EDUCATION NATIONALE: 0/20

26 avril, 2018 (14:31) | Non classé

L’EDUCATION NATIONALE  

LA NOUVELLE RECETTE DE CUISINE

DE L’ÉDUCATION NATIONALE: 0/20

Hommage au peintre Hernán GAZMURI, fondateur en 1942 de l’Institut Pédagogique d’État de l’Université U.T.E. de Santiago du Chili. Détenteur des Chaires d’Histoire de l’Art, dessin et peinture et Directeur du Département d’Arts Plastiques, réélu à l’unanimité pour toute la période de son magistère, il exerça comme Professeur de 1942 à 1972.

 

« Le mauvais enseignement est, presque littéralement, meurtrier; métaphoriquement, c’est un péché contre l’Esprit -Saint. Il abaisse l’élève, réduit à l’état d’inane grisaille le sujet présenté. Dans la sensibilité enfantine ou adulte, il inocule le plus corrosif des acides, la morosité, ce gaz des marais qui a pour nom « ennui ». Pour des multitudes, les mathématiques, la poésie, et la pensée logique ont été tuées par un enseignement mort, par la médiocrité peut-être inconsciemment vengeresse de pédagogues frustrés.
George STEINER
Maîtres et disciples
P.27

Recette de cuisine pédagogique de l’E.N. Française

Ingrédients

15 minutes de lecture.
1 dictée par jour.
15 minutes de calcul mental X J.
5 à 10 à livres à lire pour l’année scolaire.

Bien remuer.
1 heure de cuisson.
Servir chaud ou froid
Résultat : échec renouvelé et assuré pour toute l’année scolaire.

Chers Lecteurs,

Je suis arrivée en France dans les années 80, j’arrivai toute jeune universitaire tout juste diplômée de Professeur d’espagnol en 1979. J’ai fait cinq années d’études universitaires de Pédagogie en espagnol. Le cursus universitaire se nomme Pédagogia en Castellano, où le jeune professionnel diplômé sorti de faculté, n’est plus « un élève », il est professeur.
Le Professeur d’espagnol dans ce pays du tiers monde obtient un grade administratif qui est l’équivalent d’un « professeur titulaire » de français en France. Il est incontestablement le professeur de la matière la plus importante de l’enseignement secondaire.
Maîtriser sa langue maternelle à l’oral comme à l’écrit, la faire le fondement de sa profession, pour que son savoir soit destiné à former les bases de la société est la forme la plus haute qui peut assumer un esprit supérieur.
Mais…Attention, la différence abyssale qui demeure entre ce pays lointain et la France, pour ce qui est de la formation des professeurs de l’enseignement secondaire réside fondamentalement en que « là bas » la titularisation s’obtient par un cursus de cinq années de pédagogie dans la mention choisie, dont le dernier comprend la pratique et la rédaction d’un mémoire, tandis qu’en France, dépourvus d’enseignement universitaire de pédagogie, et munis d’une seule Licence, la titularisation ne peut s’obtenir que par un CONCOURS !

Je suis originaire d’un pays du tiers monde, certes, mais où l’enseignement universitaire de la formation de professeurs de l’éducation secondaire publique était d’un niveau exemplaire, aussitôt intégrée dans l’enseignement français, je suis devenue la spectatrice ahurie de la médiocrité de l’enseignement français où je travaillé toujours dans l’échelle la plus basse de la fonction publique : professeur contractuel, j’ai formé partie des anciennes « maîtresses auxiliaires », pour le dire en langage accessible, nous étions considérées par ces « hauts fonctionnaires » candidats au Prix Nobel, une espèce de « commis de cuisine », j’ai formé partie du personnel ATOS de l’enseignement secondaire. Il va de soi que ce parcours professionnel indigne d’un professeur de luxe ne pouvait me réserver qu’une retraite misérable appelée avec l’élégance lexical de l’UE de « seuil de pauvreté »
C’est ça la France.
Tout au long de mon exercice professionnel parmi les trois Académies en exerçant presque toujours en ZEP, oui c’est fut une longue promenade pédagogique, j’observais avec effroi les recettes de cuisine successives de cet honorable Institution française qui n’a d’autre pouvoir que de détruire au jour le jour et d’année en année le niveau scolaire, conjointement à la qualité des enseignants démunis de formation pédagogique, ne peuvent que renouveler chaque année d’un foudroyant échec et de bassesse intellectuelle le niveau scolaire, voire culturel de toute la nation.
Qui se sauve de cette catastrophe ? Seuls les personnes appartenant par tradition de famille à l’élite culturelle qui depuis de générations ont évité comme la pire de contaminations les effets nocifs de cette scolarité française de sous-sol, submergée dans l’ignorance et la médiocrité la plus absolues.
Je plaide non coupable et aucunement responsable dans ce programme intentionné de nivellement par le bas, car tout au long de ma « collaboration » et tout au long de mes missions en CDD, j’ai exercé avec sérieux, rigueur pédagogique et fidèle à mes maîtres qui m’ont formé et qui m’ont tout donné pour que je sorte avec des qualités confirmées de pédagogue pour donner mon savoir et divulguer la connaissance de l’espagnol parmi les classes de l’enseignement secondaire.
Les « fonctionnaires de l’interdit » (G.M.) ne pouvaient pas le supporter.
Comment admettre qu’une « étrangère » puisse réussir ses missions pédagogiques et que tous ses élèves réussissent leur BAC  d’espagnol?
Vous dites « étrangère » ?

DIDASCALIE
Héritage européen, enseignement, culture. Où se situer face à l’ignorance ?
Oui, chers lecteurs, c’est ainsi que l’on m’a nommée tout récemment, on m’a même dit de « rentrer chez moi » or je n’ai pas de « chez moi ».
Selon les dires d’un individu dont « le savoir vivre » lui fait grave défaut, s’est permis il y a quelques mois de m’interpeller et de me demander de quitter la France pour « rentrer chez moi » ! Selon lui je n’étais pas autorisée à porter des jugements ni à critique la France!!!Qui l’a dit ? Un officier des Armées et membre de Linkedin , site professionnel à fuir.

Origines, appartenance, nationalité et culture.

Étrangère on me nomme et en dépit d’être en possession de ma naturalisation française depuis 1989, d’avoir poursuivi des études supérieures en France et d’être artiste.
Il paraît que je ne serai jamais admise comme « française » et resterai donc une éternelle « Apatride »
Alors, où me situer ?
Puisque je n’ai pas la double nationalité, j’ai renoncé à ma nationalité d’origine.
Alors, à cet ignoble ignare de l’Armée et membre de Linkedin, et suite à sa désobligeance vis-à-vis de la dame que je suis, il faudrait lui expliquer que l’Amérique Latine fut le continent qui accueillit des générations d’européens dont mes parents, du coté paternel ils devinrent les fondateurs de la société et de la culture depuis des siècles, je parle de la noble longue lignée des nobles originaires des provinces  basques d’Espagne à laquelle j’appartiens et qui arrivèrent à Santiago en 1805, le premier fut don José de Gazmuri, et ensuite plus tardivement début des années 1905 les immigrés arrivés de la Russie, dont appartint Maman.
Or, un cours d’histoire s’avère indispensable pour cet ignare, et officier français, puisque, selon lui, je suis celle qui en dépit de ne posséder aucune racine indienne (les vrais originaires de ce pays), je devrais retourner à mon pays d’origine et être punie parce que je suis critique vis-à-vis des fautes de la société française. Un vrai intellectuel, un professeur est celui qui donne des leçons et se doit de signaler les fautes sociétales.
Selon le jugement de cet officier français, je dois quitter la France parce que selon lui je ne mérite pas d’être française et moins encore d’avoir ma place dans le continent européen !
Il serait si facile le dénoncer et lui faire un procès pour sa parole calomnieuse, mais ma parole critique vaut mil procès qui n’aboutissent à rien.
Étant donné que mes grands parents et parents étaient de purs européens, mes origines les sont incontestablement, et  en faisant de la France mon pays d’adoption, je suis venue ici pour retrouver et faire miens ces liens d’attache sortis de la culture et de l’art que j’ai reçus en héritage.
Il fallait citer ce triste passage que j’ai fait par LINKEDIN  et citer cet ignare et frustre spécimen dont son portrait fait parole indigne  contre moi s’accorde parfaitement au sujet traité dans mon article, il est la preuve vivante de la mentalité de ces faux hauts fonctionnaires qui peuplent la société française.
Avec mon insertion parmi vous, je n’ai fait qu’un voyage de retour.
Je poursuis.
Il n’était pas possible d’admettre par ces « fonctionnaires » qu’une immigrée, sortie d’une université du tiers monde, vienne « chez nous » (comme ils disent avec tant de fierté) révolutionner notre enseignement avec ses méthodes d’enseignement des langues qui donnent des résultats  incontestables.
La titularisation ne pouvait que m’être interdite.
Passons.
Vous me direz, bon, admettons votre critique c’est bien, mais elle ne nous convainc pas, vous ne nous suggérez rien.
En êtes vous sûrs ?
Si vous avez lu mes anciens articles caustiques, vous avez pu constater que je ne cesse de dire de quelle manière cette ignorance pédagogique, cette médiocrité dans l’enseignement peuvent être corrigées, il serait indispensable la mise en place des reformes au sein même de l’université, il serait possible d’évaluer la réussite après un quinquennat, le temps nécessaire pour former un professeur, et ensuite attendre une dizaine d’années, le temps d’une génération pour consolider les acquis.
Il faut analyser ce qui manque à l’enseignement français.
La faute réside dans le vice si répandu de se croire les détenteurs infaillibles de la vérité, l’orgueil infondé conduit à l’échec que nous vivons.
Le programme à suivre n’a rien d’une recette de cuisine, il est de faible coût, mais pour le mener à bien et pour que ses fondements soient porteurs d’excellence non dans la forme, mais dans le contenu, il faut un changement des mentalités, et pour l’heure, je ne crois pas qu’il existe un terrain fertile et capable de recevoir des propositions intelligentes. Il va de soi que cet article ne peut formuler que les grands axes sur lequel devrait s’édifier tout ce vaste programme de formation des professeurs.
1. Création d’un cursus universitaire pour la formation des professeurs de secondaire, dont les 3 dernières années doivent être compris comme un pré universitaire, destiné aux élèves préalablement orientés vers les cursus universitaires ou des hauts études.
2. Pour ce qui est de l’enseignement des langues, de la littérature, il faut faire prendre conscience du rôle de privilège du métier de professeur, et faire acte aussi bien dans la formation que dans la pratique professionnelle des apports de la culture universelle en intégrant aux programmes d’étude les classiques, l’apprentissage de la grammaire comme le pilier sur lequel reposera tout l’ensemble des connaissances, la revalorisation de l’apprentissage «par cœur » et le développement de l’imagination et de l’esprit critique par les moyens pédagogiques dont on dispose.
3. Il sera une exigence première bannir définitivement les « concours » pour titulariser un professeur, l’excellence ne peut s’obtenir que d’un cursus bien fait de cinq années universitaires où la cinquième année sera destinée à la pratique dans l’enseignement public, dirigée et observée par le directeur de recherches qui en même temps dirige ce premier travail de Mémoire.
4. Le diplôme de Professeur qualifie ce professeur pour exercer à vie au sein de l’enseignement secondaire.
Le « Collectif de non titulaires » auquel j’ai adhéré et forme partie, fut pour sa brève période, un souffle vivificateur où j’ai pu nourrir avec mes collègues, l’espoir de voir disparaître nos inquiétudes des professionnelles rabaissées, de faire rayonner notre profession et d’imposer notre voix pédagogique pleine d’intelligence et de bon sens, parmi les imbéciles de l’époque.
Tout notre travail de jeunes professeurs auxiliaires et contractuels s’est avéré inutile entre les griffes des incompétents du Ministère.
Nous nous refusions à obtenir la titularisation par concours, face au manque de cursus universitaire de pédagogie, pareillement que nos collègues du royaume Uni, nous exigeâmes la titularisation suite à nos cinq années d’exercice un des facteurs déterminants pour notre évaluation devait se centrer notamment sur la réussite de nos élèves.
L’Éducation Nationale est experte en destruction, un maître d’œuvre confirmé dans la construction des barbelés, et un piètre fondateur des projets novateurs et attachés à la raison.
Nous disions ceci : Vous voulez faire l’Europe ? Alors, pourquoi se refuser à l’analyse exhaustive des modalités d’enseignement, de formation, des programmes d’étude et de titularisation des professeurs de nos pays voisins  ou lointains?
L’union factice et forcée de cette Europe mercantile s’est faite uniquement par des fonctionnaires et banquiers éloignés des suprêmes vérités qui octroie la culture.
Ce Collectif d’enseignants non titulaires fut une heureuse exception, il réclamait une reconnaissance faite par le niveau de formation et des résultats probants des années d’exercice professionnel fait dans une voie d’excellence, étalée sur des nombreuses années. Notre travail ne pouvait qu’être destiné à sa disparition.
Il fallait être forts et persévérer, ce qui nous séparait fut que je n’étais pas prête, de par mon caractère, à décliner aussi vite face aux obstacles. Ils optèrent pour tourner le dos et cherchèrent d’autres voies, d’autres travaux gagne pain , des travaux plus rentables et moins dévalorisants que rester à vie les commis de cuisine de l’Éducation Nationale. Ils eurent raison. Ils se refusèrent à devenir des martyrs. Je ne les condamne nullement.
Je n’était pas faite pour changer de voie, je n’aurais pas changer de profession, j’ai choisi de rester à mes risques et périls attachée à celle que j’avais choisie depuis mes dix-sept ans, pour transmettre un savoir, faire revivre les voix éternelles des écrivains et poètes et développer l’imaginaire et l’esprit critique chez les adolescents.
Je ne trouve pas meilleure manière de rester fidèle à mes maîtres que j’aime infiniment, au savoir qu’ils m’ont donné, à ma vie entière consacrée à la littérature, une  de plus hautes manifestations de l’esprit.

Nadezhda Gazmuri-Cherniak

*Professeur d’Espagnol, diplômée de l’U.T.E. Université de Santiago du Chili.
*Maîtrise Mention Bien. Sorbonne Paris IV.
*D.E.A. De Littérature Générale et Comparée. Sorbonne Paris III.
*Poète écrivain, auteur indépendant. 25 livres publiés et actuellement 2 en écriture.

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