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PENSEES POETIQUES

19 juillet, 2018 (12:05) | Poésie

VENISE   PEINTURES  DE  NADEZHDA  GAZMURI-CHERNIAK

PENSÉES POÉTIQUES

« Plus vous vous sentez à l’aise avec votre folie, plus la folie générale est désorientée par votre existence. À l’aide de votre contre-folie, vous lisez dans les pensées des fous qui se croient normaux. Ils se répètent, vous divaguez. Ils insistent, vous changez de sujet. Ils vous accablent de clichés, vous leur récitez des poèmes »

Philippe SOLLERS

MEDIUM
Manuel de contre-folie
P.51

Chers Lecteurs,

Je ne cesse de m’étonner, et par malheur cela m’arrive assez souvent, quand d’aucuns me disent le regard fixe, et d’un air solennel : « vous n’avez pas le droit de juger !Même s’ils ont tué votre Mère ! Seul Dieu a le droit de Juger et de condamner !  Soyez certaine qu’ils partiront en enfer, mais quand Dieu les jugera !
« Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé» Mathieu 6-12.
Je les entends ahurie, ils n’ont jamais lu aucune exégèse sérieuse des Évangiles. Cela est une certitude. Il vaut mieux rester de pierre, ne rien répondre. Ils usurpent à leur guise la parole divine.
Une exégèse sérieuse ne permet ces inventions et ces paroles tordues que les ignares se permettent de me dire en guise de leçon. Je ne suis pas à leurs yeux une bonne chrétienne…mais aussitôt prononcés leurs mots, ils se contredisent, ils censurent librement leur prochain, sont-ils autorisés à me juger ? Oh ! quand la religion mal comprise vient prendre la place du Droit on nous emmène par le mauvais chemin.
On a tout de même de l’espoir…Il faudra attendre la fin des temps.

« A quoi bon exiger ce que personne ne peut faire ?

Aussi l’apôtre écrit-il aux Corinthiens : Dieux ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces »

Vladimir Jankélévitch
Le Pardon
P.8
Rien de plus contraire au Droit que la religion. Le religieux n’a pas de place dans le domaine du Droit, il est son contraire. Il n’est pas sérieux d’opposer des formulations théologiques devant la loi, les introduire de force, comme l’est exiger aux victimes le pardon, est une usurper et violer le domaine psychologique, moral et éthique de la victime et l’espace qui est propre au Droit. Double tentative d’usurpation stupide des champs d’étude et d’action. Double tentative infructueuse de domination.
Et nous sommes ici en train de parler d’un possible pardon « aux offenses » nous n’avons à aucun moment évoqué un éventuel pardon demandé pour un MEURTRE.
« On ne dit pas du condamné qui a fait son temps de prison et purgé sa peine complètement, sans remise ni amnistie, on ne dit pas de ce condamné, le jour de sa levée de l’écrou : il est pardonné…Ce serait une moquerie trop amère! On dit seulement : il est quitte. Voila tout »
Vladimir Jankélévitch

LE PARDON
P.17

Troisième violation lexicale, factuelle dans le domaine du Droit et des victimes.
Mais ont-ils pensé à ce qu’ils disent ?
Je leur réponds : si je lis bien, offenser c’est TUER ?
Pardonner les offenses…C’est pardonner un assassinat ?
Citez moi un seul passage de l’Évangile où les Saintes Écritures nous demandent de pardonner les assassins de notre mère ou de notre père !
Il y a là un sauvage et insupportable détournement exégétique qui me révolte, qui me dépasse et qui me rend folle. Ceux qui me donnent en cadeau leur bonne conscience, se consacrent à nourrir la leur bien douteuse, ils nourrissent leur doctrine délétère, ils me régalent leur mauvaise foi à la manière d’une leçon de pacotille, car ils se sont inventé ce nouveau testament à leur image sans y croire. Ils ne croient en rien de ce qu’ils disent, ils ne pourraient même pas le penser s’ils avaient subi l’assassinat de leur mère, leur sermon est indigne, leurs sermons d’hypocrites sont une tromperie faite parole. L’hypocrisie enveloppe leurs cadeaux consolateurs.
« […] Beaucoup d’automates moraux et des perroquets vertueux croient en effet posséder un cœur habituellement pur, se targuent de leur pureté comme d’une habitude chronique, professent le purisme, prétendent jouir des rentes de leur mérite. Mais une machine à pardonner un distributeur automatique de grâces et d’indulgences n’ont sans doute que de très lointains rapports avec le vrai pardon !
Vladimir Jankélévitch (ibid, P,10)
Je dois vous avouer que je suis pressée et très exigeante. La formule qu’on me propose reste inopérante.
Si l’on devrait suivre leur doctrine il faudrait ouvrir les prisons.
Si l’on suit cette sorte de raisonnement à l’envers, on serait dans un monde apocalyptique pire que celui que nous vivons, il l’est déjà suffisamment, pourquoi en rajouter ? Alors, je suis rassurée qu’au moins dans la législation écrite du Droit, et je dis bien écrite, le pardon est un élément hors sujet.
Je laisse en suspens l’application pratique, cela on l’examinera plus tard, rien ne presse, leur théorie du pardon pour les assassins ne marche point.
Nous pouvons affirmer qu’aucun système philosophique ne pourrait la supporter, qu’aucune législation ni Droit de par le monde ne seraient capable d’accepter le pardon pour les assassins, et même les avocats croyants, sombreraient depuis très longtemps dans un chômage indéfini.
Avant, je me révoltais, je discutais, je sortais ma morale et m’agitais imbue de moralisme en défense de la vérité et de suppliciés.
On dit toujours  avec le temps . Mais le temps n’existe pas. En arrivant à la seule conclusion valable d’exposer, la vie n’a de valeur que par elle même, la vie à nu, dépourvue de tout idéalisme, et même vécue à contre courant est la seule vérité qui vaille la peine de suivre et de vivre. Je sais que c’est moi la seule qui passe par le temps immobile et figé, et je dois dire alors, en ayant suffisamment  passé par le temps immobile que je suis arrivée à la conclusion qu’il ne faut parler de ça avec personne.
C’est quoi ce « ça ? »
Souhaiter une condamnation et un châtiment exemplaire aux assassins.
Inutile de leur raisonner, ils sont ailleurs, dans leur terrain cultivé soigneusement par leurs prières journalières.
Maman m’a enseigné que la peine de mort est inacceptable, mais non par les raisons de morale dont tous font l’éloge comme s’ils brandissaient une banderole, elle s’attaquait à l’essence même du châtiment, Maman était douée d’une superbe intelligence silencieuse. Sa sévérité était profonde, réfléchie et grandiose, mais silencieuse. Tout le contraire à moi. Maman me disait : la peine de mort est un absurde qui n’obtient pas le but. Recherché. Tu dois savoir que donner la mort à un assassin n’est pas un châtiment qui pénalise le meurtre d’un innocent. Le seul et véritable châtiment est la prison à perpétuité, et les travaux forcés d’utilité publique. Puisque il n’y a rien de plus atroce, de plus terrible pour un être que de se voir privé de liberté à perpétuité.
Maman avait raison. C’est pour cela que je n’ai ni écrit ni pensé à la peine de mort pour ces 4 assassins de Maman, même si la peine de de mort existait, même si je vivais dans un pays où ce châtiment est le seul que le Tribunal destine aux assassins.
Je demande la prison à perpétuité et le bannissement.
Le bannissement est le meilleur châtiment pour ces assassins imposteurs qui vivent parmi nous en faisant croire à leurs  vertus  qui couvrent leurs vices mortifères et abjectes. Le bannissement… c’est obtenir que leurs noms à présent validés comme des noms de famille des respectables  médecins,  soient connus comme appartenant aux criminels qui furent capables d’infliger le martyre jusqu’à la mort à une vieille personne malade par pur sadisme, que ces noms qu’ ils gardent secrets, protégés par la loi, cette même loi devrait lever le voile protecteur du mensonge, par le verdict d’un jugement exemplaire qui devrait faire jurisprudence, pour qu’un jour la loi dévoile la vérité, pour qu’ils soient connus de tous de par le monde.
Je persiste à ne pas comprendre et à ne jamais accepter les amendes, des sommes d’argent à titre de Pretium doloris. Ça jamais, je n’aurais jamais accepté que l’on demande des sommes aux assassins de Maman en paiement pour les préjudices ni moraux, ni physiques. La vie d’une Maman n’a pas de prix. Sa mort ne doit pas recevoir de compensation aucune que la reconnaissance officielle de son martyre et de sa mort. Ces 4 assassins ont gagné grâce à leur Bataillon. Ils m’ont torturé et tué Maman. Ils n’ont perdu ni leur position sociale, ni leur poste et ils n’ont pas été bannis. Cependant ils me condamnèrent d’Accusation Abusive et le comble, ils me demandent de leur payer des Amendes à l’État et aux assassins des frais irrépétibles.
Je n’ai rien compris. Mais il fallait comprendre quelque chose ?
Je n’ai pas non plus pensé rien contre le Droit français.
Ils est parfaitement abstrait.
La loi y est inscrite avec une clarté et une grandeur émouvante.
Le Droit est aussi fort, noble que toutes les vérités éternelles qu’il garde et divulgue, tel qui le déclame Cicéron. Il nous dit des vérités cosmiques. Il m’émeut à chaque fois que je le lis. Et je le relis toujours comme si c’était pour la première fois, c’est ça un classique.
Mais l’application de la loi…faite par des hommes, laisse tout à désirer…Il m’est fut instructif cependant de lire le Journal Top Alerte, j’ai beaucoup appris sur le fonctionnement de la justice française.
Comme si la religiosité se résumait à ça. Mais, ils ont leurs pensées bien tranquilles.
Inutile de leur faire le récit de l’horreur, ils sont prêts à l’édulcorer de bons sentiments.
C’est pourquoi la solitude est créatrice, pas d’échos dissonants, pas de sermons que je n’ai jamais demandé, pas de perturbations récurrentes. A juste titre Steiner dit que de nos jours le silence est un luxe.
À le prendre à la lettre, je sais que je nage dans un océan de richesses, en dépit de ma misère, je peux sortir le drapeau de mon royaume individuel d’une navette HLM de 15m2, dans ma demeure royale, dans mon espace flamboyant de luxes et de richesses à ne pas en finir. Lesquels ? Ma bibliothèque où il n’y a pas de livres de luxe où de la collection de la Pléiade, hélas ! Je cessai de peindre. Pas d’argent. Pas d’espace. Mes ennemis doivent se réjouir ! La folie de vouloir continuer la voie de l’École de Paris est tombée de haut pour aller se diluer dans la Seine. Ma devise empruntée à Cézanne depuis mon plus jeune âge, c’est à dire depuis que mon père me forma artiste-peintre n’est plus de mise dans mon imaginaire devenu terre à terre : je vais étonner Paris avec mes pommes! Resta devise muette à tout jamais. Je n’ai jamais concerté d’affiliation à aucun parti politique, confréries ni aux loges d’aucune sorte. Je n’ai jamais participé aux conciliabules. Imaginer pour de vrai l’existence d’une femme artiste et solitaire sans le sou, qui persiste à vivre à contre courant dans une France en déclin absolu et irréversible, est à cette époque, penser une folie absolue et la concernée une folle à lier. Et bien je le suis.
Une femme sans le sou s’entêtant à travailler son art en solitaire, sans aucune récompense matérielle, est sans conteste une pure folie.
Ils sortent ahuris de leurs bureaux calfeutrés, ces autorités qui commandent les décrets de bons comportements, ceux qui dirigent dans la bonne voie la normalité citoyenne. Les décrets de bons comportements d’intelligence artificielle pour tous, nous indique la voie directe vers le Sainte Anne et en internement perpétuel, comme les concessions qui n’existent plus en France.
Parce que vous devez savoir, et si vous ne le savez pas, je vous informe que même les morts doivent se contenter du « provisoire », les décrets qui forment le corpus des lois des cimetières français ont interdit, oui nous entrons dans le monde des interdits, les achats de concession perpétuelles, le concept d’éternité factuelle inscrite dans un morceaux de terre où l’on ira pourrir éternellement a disparu par la force de loi de notre République laïque.
On crée de force le provisoire pour annuler l’éternel.
Mais c’est un autre sujet, une autre folle pensée à développer après.
Une femme à la pensée du XVIIIe siècle n’a pas sa place nulle part, ce n’est pas une question de pays, c’est pourquoi je cessé de penser à émigrer pour une deuxième et dernière fois. J’étais prête, en dépit de mon âge, rien ne me fait peur. L’argent m’indiffère, je le regrette car il me donnait la liberté et mon indépendance, oui l’argent que j’avais jadis je le regrette fort, et à chaque instant, mais c’est moi qui s’est trompée, personne que moi n’est coupable d’avoir choisi la France comme pays d’adoption… le matérialisme ne m’a jamais inspiré, les possessions matérielles quand ont les a eues, ne peuvent pas être notre but existentiel. L’argent je l’ai eu, grâce à mon père et je fut capable de le dilapider pour payer ma fuite et me subventionner mon installation à Paris avec Maman. Mondialisation oblige à …Penser vrai, c’est à dire, à ne plus bouger pour chercher une herbe plus verte et plus fraîche ailleurs, ou une neige plus blanche et plus apaisante…
Les livres de ma bibliothèque sont des livres usés, notés, qui ont traversé avec moi ma jeunesse parisienne, et qui m’ont aidé à parcourir études et vie…Aucun huissier qui aurait l’idée de venir me saccager ne pourrait envisager une vente aux enchères. Mes disques de Bach, Mozart, Beethoven Vivaldi, Schubert, et les autres, tant d’autres…ils sont ici vivants, et je les ai transformés en les actants de ce qu’on appelle revivre, ils me font aller vers le passé, ils ont la magie de me faire revivre ma vie irréelle et inventée de jadis, tout comme l’écriture. Sans eux, je serais déjà morte. Mon ordinateur. Il est aussi ma richesse. Sans lui, je n’envisage pas la vie. Il est ma pensée, ma mémoire, mon vrai cerveau qui s’est transformé en disque dur, c’est à dire mon cerveau tout entier est dedans. Je lui confie tout, il est mon meilleur ami qui reçoit bien silencieusement mes pensées, il est celui qui enregistre tout et qui dort seulement quand moi je décide de m’endormir. Je lui donne une vie dure, il m’obéit, il travaille sans cesse dès l’aube jusqu’au soir. Il devrait aller se plaindre à un syndicat, où me dénoncer au Prud’hommes, car quand je l’ai adopté, et il a fait son entrée chez moi, je n’ai pas pensé que je le ferai travailler sans répit, sans vacances et sans promesse de repos, donc sans aucune récompense. Il vit tout comme moi, en écrivant sans aucune paie, sans le moindre espoir d’un changement ni dans cet ici et maintenant ni dans un futur proche. Il ne cessera de travailler que quand je serai morte et j’espère le plus tard possible, car j’ai encore tant à écrire. Il faut avouer que lui donne peu de repos. Il n’a que des pauses et des récrés en alternance. Quand je fais me frugales repas et quand je décide d’aller faire ma promenade journalière, car il faut marcher une heure par jour, à défaut de pouvoir refaire mes longues promenades au bord de la mer du Pacifique, ou comme je l’ai écrit dans un vieux livre, au bord de la mer de Barents, je ne pourrai plus faire ni dans la réalité ni dans mes rêves faits écriture, ces longues promenades salines de mon paradis de jeunesse. Mon portable m’indique mon record d’athlète-artiste et parisienne: vous avez fait les 10.000 pas. Alors, je rentre, j’ai suivi religieusement les commandements de mon médecin homéopathe, je suis une adepte de la médecine ayurvédique, homéopathique et ne prends que de la phytothérapie, sachant par expérience que seule une médecine préventive peut nous assurer la longévité. C’est le but recherché, vivre longtemps et en bonne santé, et pour y parvenir, je n’ai jamais prit de médicaments remboursés par la sécurité sociale, que de sécurité n’a rien et moins encore de sociale, au lieu de rembourser la médecine homéopathique et la phytothérapie, elle se rallie au lobby pharmaceutique et rembourse à taux plein les gélules à des effets secondaires mortels plus dangereux que la maladie qu’elle prétend guérir. Après elle nous fait des gargarismes sur l’excès de médicaments qu’avalent les français et le coût exorbitant des ordonnances. Ils n’ont qu’à changer leurs critères. La sécurité sociale devrait rembourser l’homéopathie et toute la phytothérapie et à taux plein. Non, je vous en prie, ne me dites pas qu’il n’y a pas « de nomenclature »
Je n’ai jamais enrichi le lobby pharmaceutique qui assure la mort par la chimie.
Mon docteur me met en garde sur ma vie de recluse, toujours collée devant l’ordinateur et en écriture permanente : mais, déjà que vous ne partez pas en vacances… Il faut que vous marchiez une heure pas jour, il faut marcher et s’oxygéner ! La phytothérapie seule ne sert pas, il faut bouger…Me dit mon docteur très sérieusement. Je lui obéis, mais non sans penser que je perds du temps et que je ferais mieux d’être en train de taper à toute allure mes livres qui naturellement resteront inédits.
Au milieu de ma promenade, je hâte de rentrer et de me remettre au travail, seule devant mon écran. Quand à m’oxygéner par un été pareil, pareil aux autres, suffocant comme une fournaise de béton, j’en doute de ses bienfaits.
Je commençai à parler sur des questions eschatologiques et je finis par écrire sur les 10.000 pas de promenade et sur la médecine ayurvédique. Au fait c’est parler de la même chose, on ne fait que parler de la vie et de la mort. On ne peut pas y échapper. C’est le leitmotiv de la littérature. Ce sont mes pensées poétiques d’été.

Nadezhda Gazmuri-Cherniak

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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