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AZNAVOUR : L’AMOUR- PARIS- LA PEINTURE

2 octobre, 2018 (10:38) | Publication

AZNAVOUR

 

L’AMOUR – PARIS – LA PEINTURE

 

Chers Lecteurs,

La Bohème résume le pathos d’un véritable artiste où sont récités les trois composantes indissolubles qui s’attachent à l’âme de celui ou de celle qui animé par une véritable passion se résout à donner sa vie pour l’art.
Par fortune la télécommande de mon poste de télévision a un bouton pour laisser en silence le tsunami imbécillités de ces «spécimens» de tous bords qui animés par une vanité sans bornes font un récit de ses « expériences » personnelles et d’avoir connu ce génie oriental qui a su faire art cette trilogie existentielle. Pire encore quand ils se mettent à chanter La Bohème aux accents mélodieux, ignorant que dans ce poème récité à la manière d’un troubadour, rien ne permet de lui ôter l’essence concentrée du tragique qu’il impose.
Ô combien il est éloigné de l’air mélodieux d’une chansonnette de variétés !
Mais que prétendons nous ? Faire prendre conscience de l’absolu au XXI siècle !?
L’époque « du mépris » n’est pas prodigue ni fertile pour semer ce type d’expériences.
La conscience du tragique a quitté la scène.
Nous assistons à la disparition du tragique, il fut remplacé par le superficiel décliné dans toutes ses formes verbales et picturales et à leur tour, les modes d’aimer dans l’absolu disparurent à tout jamais.
La « surdité métaphysique » signale la preuve la plus évidente de la déshumanisation sociétale qui a terrassé toute capacité sensible pour y adhérer et s’attacher naturellement.
Aznavour accompagnait nos vies d’artistes, celle de mes parents et de moi-même, depuis que j’ai conscience de ce qu’est la vie, nous écoutions les chansons d’Aznavour et tout particulièrement La Bohème.
Mon père avait ses raisons pour se sentir concerné et moi je le vivais par procuration. J’aimais Paris d’un amour fou, c’est mon père qui m’avait rendue malade de ce virus incurable, jusqu’à ce qu’en 1980 je vienne à Paris, pour refaire son expérience, et faire renaître ce qui n’existait plus, oui, parce que ces vers où le peintre cherche l’atelier, non à Montmartre, mais rue d’Odessa, il n’écoute qu’une seule réponse à son avide recherche d’absolu, la réponse n’est autre que la négation absolue, la réponse lapidaire de la Mort.
L’artiste découvre qu’il n’y a plus de trace de sa trilogie, ni de Paris, ni du véritable amour et que l’exercice de la peinture-peinture qu’il a reçu en héritage ne lui donne qu’une seule réponse : «ça ne veut rien dire du tout»
La vie est un rêve, une création fictive, un passage furtif qui s’envole vers le néant, de ce qui n’est que la puissance potentielle du non être, nous sommes les héros – héritiers d’une vie en négation.
Le véritable amour ? L’amour absolu ?
Je vous en prie ! Ne riez pas, ne souriez pas, vous trouverez l’Incapacité d’aimer, des monstruosités assermentées, et la perte génétique de la « capacité d’aimer ».
Paris ? Une poubelle nationale, le cosmopolitisme a dérivé en masse informe du nivellement par le bas, et…
La Peinture ? L’éloge du laid, du néant, et d’une incapacité sortie de l’ignorance de l’ « absence de théories » (André Lhote) pour construire le vrai et le beau avec les pinceaux.
Mais, au lieux de cultiver la mélancolie, nous sommes obligés à obéir !
Il surgit de loin, de très loin, la voix des artistes qui disparus nous réclament de ne pas éteindre l’espoir dans cette trilogie, et nous demandent de poursuivre, précisément parce que les incapables veulent nous taire, nous déloger, et nos maîtres nous demandent de poursuivre toujours à contre courant, pour démontrer aux imbéciles que l’amour véritable existe, que Paris, peut-être un jour ne sera plus la poubelle qui nous révolte et nous angoisse, et que les critiques acerbes et jalouses de notre peinture seront anéanties dans leur propre lave d’incapables, parce que nous continuons notre voie en « faisant de la peinture- peinture » contre les graffitis et la  peinture minimaliste, la peinture de l’ignorance et du néant, parce qu’avec notre travail, ici, où il est impossible de changer une toile pour un repas chaud, au sein d’un Paris poubelle où l’atelier de Lhote, rue d’Odessa n’existe plus, nous restons indifférents aux critiques, nous répondons aux fantômes exigeants qui, péremptoires nous rendent visite pour encore nous exiger notre éternelle fidélité et qui nous interpellent de leurs voix fantomatiques des maîtres disparus, nous sommes à tout jamais ses héritiers responsables, nous sommes les dépositaires de cette trilogie et, en dépit de l’adversité nous poursuivons parce que avons reçu le don et la mission de la maintenir toujours vivante, Ô quelle magie ! Ô par quel miracle nous leur restons fidèles ?!

Comme si nous avions toujours « nos vingt ans… »

C’est Aznavour, l’artiste oriental qui nous a offert comme aucun autre de par le monde, l’expression de l’absolu, le portrait de Paris fait poésie et musique.

 

Nadezhda Gazmuri-Cherniak

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