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LA MISERE INTELLECTUELLE DE LA FRANCE

15 octobre, 2019 (18:05) | Barbarie de la pensée française

LE PEINTRE HERNAN GAZMURI DANS L’ATELIER D’ANDRE LHOTE

PARIS 1928 RUE D’ODESSA

 

LA MISÈRE INTELLECTUELLE   DE LA FRANCE

 

 

« […] J’ai enseigné dans les écoles, et aussi à l’université, cet institut supérieur de la mise à mort dont les chaires sont consacrées à l’infanticide, au sommeil sans rêves, à la démolition des murs sur lesquels sont gravés les miracles, à la destruction par le feu des livres sibyllins, à l’humiliation des oracles. Je reconnais, Dionysos, m’être trouvé dans ces lieux où l’odeur de la décomposition et de la mort, d’une mort absolue est critère de compétence »
Giorgio MANGANELLI
Discours de l’ombre et du blason
159-160 Pp.

 

Chers Lecteurs,

Il n’est nullement nécessaire d’être doué d’une intelligence hors norme pour saisir le cataclysme intellectuel dans lequel sombre ce pays et, il ne nous faut qu’un minimum de bons sens, « le moins commun de sens, » me disait mon Directeur des recherches au Chili, pour comprendre que le niveau intellectuel de la France ne peut pas aller aussi loin dans la bassesse dont elle fait preuve en ce moment et, ce constat tragique existe depuis belle lurette, depuis qu’elle est commandée par des médiocres et qu’elle est devenue l’experte en matière de destruction de rêves comme parle Giorgio Manganelli dans ses critiques baroques.
Des périodes de décadence et d’affaiblissement culturel ont toujours existées, le problème français est qu’il perdure depuis des décennies et nous n’avons aucun signe qui nous réconforte pour soupçonner un nouveau départ heureux. Les nouvelles reforment qui se succèdent les unes aux autres à chaque rentrée universitaire sont du pareil au même dans le nivèlement par le bas.
Le problème est essentiellement politique. Et, quand je dis politique je veux que l’on traduise par économique, les crises politiques sont toujours provoquées et fondées sur le socle financier.
Tout commence à l’enfance, se poursuit principalement à l’école secondaire, le lieu par excellence qui formera les futurs étudiants universitaires.
Je ne parlerai point des cursus scientifiques, il n’est pas mon champ de compétence ; à croire certains élèves des grands écoles scientifiques, ils s’y trouvent des Professeurs de grande qualité qui les forment dans un niveau d’excellence. Mes entretiens avec certains d’entre eux me le confirment.
Je vais vous parler de ce dont je suis experte, des cursus de sciences humaines, de la formation des carrières d’apprentissage des langues et de cursus de Lettres.
Un désastre confirmé.
Les grands penseurs et dirigeants de la France ont trouvé bon, bien et juste, de se pencher encore une fois sur la névrose du foulard, et non du voile, donnons aux choses le lexique qui leur correspond, car le voile couvre le visage, le foulard sur la tête ne trahit ni ne rien la culture occidentale qui n’a jamais caché le visage.
J’attendais, encore mon stupide espoir vivant, que pour cette rentrée universitaire, les grands dirigeants du pays, aussi bien de gauche que de droite se seraient préoccupés de l’état lamentable des institutions scolaires, aussi bien les secondaires que les universitaires.
Le niveau culturel d’un pays s’évalue par la qualité de leurs écoles et celles-ci par la qualité de leurs enseignants, il faut savoir que la seule érudition ne fait pas d’un Professeur un bon pédagogue, et, les élèves se rendent bien compte, ils le savent. Voici le nœud de la décrépitude de l’enseignement français. Savoir transmettre est une science mais aussi, un art, la méthode est différente soit-elle destinée aux élèves du secondaire ou pour les élèves préparés pour recevoir des acquis en faculté.
Que l’on enseigne au lycée ou à l’Université, ce qui est impardonnable est de ne pas savoir enseigner. Si le secondaire n’était pas en état de mort irréversible, ils n’auraient besoin ni des agences de formation parascolaire ni de tutorats au sein de l’Université, c’est ahurissant comment la première année de faculté se transforme en prolongation du Lycée, c’est parce que les professeurs du secondaire ignorent tout de la pédagogie que les professeurs de faculté se voient forcés d’énoncer et dictent le « à la va vite » en cours de première année universitaire ! Compte tenu aussi « du peu de temps » dont ils disposent, car il faut « passer très vite le programme » ils ont mis en place les tutorats, des élèves de cours avancés donnent des cours aux petits universitaires qui ne savent pas comment s’y prendre est sont perdus dans un gouffre de notes mal prises, devant un APPLE dernier modèle qui sans respirer ils copient mot par mot tout ce que parle le Professeur devant son micro, à une allure supersonique, et quand il écrit au tableau à une vélocité vertigineuse, aussitôt écrit ses exemples, il les efface pour allumer le projecteur qui grandiose et lumineux expose textes et diapositives que les élèves n’ont pas eu le temps de regarder car ils sont « passés » à la vitesse de la lumière, il va de soi que le programme est passé, mais que l’amphithéâtre n’a rien compris, il ne faut pas s’inquiéter, ils vont s’inscrire sur les listes des tutorats !! !
C’est terrible et tragicomique.
Je ne sais qu’une chose qui me console et je dois le dire publiquement, j’eus beaucoup de chance dans mon malheur, j’ai reçu une formation de luxe, d’excellence, aussi bien à l’université qu’en peinture. Dans mon université étrangère, mon université d’origine, à Santiago du Chili, la U.T.E. L’institut pédagogique d’Etat, fondée en 1942 par le peintre et Professeur Hernan Gazmuri, se vouait à former les professeurs d’Etat et tous mes maîtres étaient des hommes et des femmes d’exception. Je dois tout ce que je suis à mes maîtres, Ô combien c’est triste de ne pas pouvoir leur dire ma gratitude. Ils étaient tous Docteurs-ès Lettres des plus prestigieuses universités européennes. Je pense toujours que le hasard fera que grâce à l’Internent un jour, l’un d’entre eux, même étant très âgé, se rappellera de moi…Et, que nous renouerons le contact après tant d’années…C’est un rêve.
En France je n’ai rien trouvé de mon héritage français acquis ailleurs, très loin d’ici, quand je suis arrivée à Paris ils avaient déjà tout détruit et mis sous silence de mort.
Il faudrait un livre pour décrire l’ignorance abyssale dans l’enseignement des langues étrangères.
Pour ce qui est de la peinture, l’héritage d’André Lhote est mort, ils l’ont mis sous silence, c’est « normal » que pouvaient-ils faire d’autre face à ce maître exigeant ?
Ses leçons, sa grammaire picturale applicable à toutes les époques et qui nos demande un perpétuel renouvellement de la peinture ne sont pas de mise, à présent on expose des artefacts immondes au lieux d’une peinture exigeante !
Et, ce programme de mise à mort des maîtres a été exécuté avec une préméditation mortifère, le grand maître de la peinture moderne française est un inconnu. Son livre Les Invariants Plastiques ne s’édite plus et même pas les Musées ne s’inquiètent ni ne font rien pour le rééditer et ressusciter ce grand maître des peintres de l’Ecole de Paris.
Je suis arrivée en France pour gouter la saveur de la haine et la douleur de la mort.
Je suis arrivée en France en « Mission artistique » et l’ont ma répondu avec les gifles de l’indifférence et pour que je désapprenne le plus sublime de la culture.
Mais, à contre-courant, du plus profond du désarroi je ne capitule pas, je leur ai déjà envoyé ma réponse…Je ne suis pas venue ici pour désapprendre, c’est vous qui entrez dans le gouffre de l’ignorance, moi je reste à l’écart, car l’Art et la connaissance son éternels et indestructibles.

Nadezhda Gazmuri-Cherniak
Paris, octobre 2019

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