NADEZHDA GAZMURI-CHERNIAK est "Auteur auto édité"
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LES ACARIENS II PARTIE

26 mai, 2019 (11:31) | Non classé

UN ACARIEN PERSISTANT

LES ACARIENS

 

 

II PARTIE

 

Chers Lecteurs,

Hier après-midi, je suis allée voir mon jeune docteur homéopathe, sans rendez-vous, en urgence, elle m’a reçue en dépit d’avoir le Cabinet débordé des patients qui attendaient depuis plus d’une heure, j’eus plus de deux heures d’attente, mais cela valait la peine, me suis dis-je, moi, qui ne supporte pas les espaces fermés !
Je devais pour lui demander conseil contre les acariens.
Voici notre dialogue
Docteur : qu’est-ce que vous amène ? comment puis-je vous être utile ?
Nadezhda : Voyez-vous docteur, je ne suis pas malade, c’est une question d’invasion parasitaire, je ne veux pas utiliser de produits chimiques, les éliminer par cette méthode m’apporterait plus de tort que du bien, je pensais à une méthode sans risque, vous qui êtes experte en tout ce qui est plantes devez connaître des méthodes « douces… »
Docteur : c’est chez vous qui se produit cette invasion ? Comment l’avez-vous constatée ? Avez-vous une allergie ?
Nadezhda : non docteur, mon chez moi est parfaitement propre et aéré, vous savez combien je suis soucieuse d’une propreté presque stérile, quant à une allergie, oui, vous savez aussi que je suis allergique aux idiots, aux rustres, aux ignorants, je suis en plus claustrophobe, j’ai besoin d’air, des grands espaces, et de solitude, c’est déjà très éprouvant de m’habituer à vivre dans 15m2 quand avant je vivais avec Maman dans un F3 et chez moi, là-bas à Santiago dans des amples habitations, là-bas l’espace ne manque pas, nous avions un appartement et un pavillon de plus de 100m2 , oui ça change, mais étant donné qu’ici en France je suis Apatride et que je ne suis pas « chez-moi » je laisse courir, or si quelques un de ces éléments venait à me manquer, je serais malade, ce que les scientifiques appellent « allergies », mais non, ce n’est pas chez-moi, c’est dans celle qui était la « résidence secondaire »
Docteur : « Résidence secondaire ?! »
Nadezhda : oui docteur, ma « résidence littéraire secondaire » était avant l’espace Linkedin.
Docteur : Ah ! je ne savais pas cela, alors qu’est-ce que nous pouvons en faire ?
Nadezhda : bon, j’ai déjà pris des mesures drastiques, j’ai déménagé presque toutes mes affaires, je les ai mises à l’abri. Je fais des visites sporadiques, pour lire ce qui écrivent mes voisins, parfois je leur réponds, cela ne me prend qu’une minute, vous savez à cette époque l’on ne converse plus, on ne dialogue pas, on « clique » c’est tout, une grande économie de mots, de sentiments, d’émotions, nous sommes réduits aux clicks.
Docteur : c’est une très bonne mesure, avez-vous pensé à passer l’aspirateur avec à l’intérieur des huiles essentielles, des clous de Girofle, de l’eucalyptus ?
Nadezhda : oui bien sûr ! là-bas, Maman, faisait pour Noël une boisson avec des clous de Girofle, je connais très bien et dans notre cabane orange au bord de la mer, nous avions dans un immense jardin avec des cactus, des géraniums, des Pitiporos, de la menthe, du boldo et deux immenses eucalyptus, ils grandissaient au même rythme que moi-même, car papa les avait plantés quand je suis née, je connais les clous de Girofle et les eucalyptus, ils sont mes souvenirs d’enfance, une enfance parfumée à la menthe, aux clous de Girofle à l’eucalyptus, maintenant ils me servent pour éradiquer les acariens en France ! Mais, je n’ai pas passé l’aspirateur dans ma résidence secondaire, j’ai parfumé mes affaires littéraires une fois rentrée avec elles dans mon chez-moi de 15 m2, ils sont là, bien rangées, propres et parfumées ! Mes affaires littéraires c’est à ce dont je tiens plus qu’à ma vie alors pensez-vous bien que cela a été la première chose que j’ai faite, les sauver des acariens, comme si c’était un tsunami d’idiotie, un tremblement de terre, j’en connais…Au Chili c’était notre habitude…Je sais réagir face aux situations extrêmes. C’est une question de famille savez-vous, j’ai appris de mon père, ce que sont les mafias, les sadiques, les imbéciles, il les avait soufferts sa vie durant, c’est pourquoi en son hommage je lui ai dédié un livre que j’ai écrit en 2005, et que je rééditerai en 2020, Le peintre Hernan Gazmuri, l’héroïsme du peintre victime d’une infamie. Papa savait que je resterai seule, car j’ai toujours refusé le mariage, alors son obsession fut de me laisser avec un diplôme et préparée pour faire face à la vie indépendante et toute seule. Et, il m’a enseigné à me défendre dès petite.
Docteur : alors vous avez-déjà fait le principal, vous avez sauvé vos affaires littéraires des acariens, elles sont avec vous dans votre chambre, propres, parfumées et à l’abri d’invasion parasitaire, soyez rassurée, elles ne risquent pas d’avoir gardé de traces des acariens, alors vous êtes rassurée ?
Nadezhda : en vérité non docteur, pas tellement, car vous savez que ces minuscules parasites, que nous ne voyons pas à l’œil nu, sont tenaces, insistent, s’infiltrent, malgré les insecticides, les huiles essentielles, ils ne peuvent pas tolérer la différence abyssale qui existe entre leur dépendance à autrui pour survivre, et notre indépendance absolue dans la vie et face à l’univers, notre existence peut parfaitement se poursuivre séparée du monde, du reste du voisinage, et cela leur semble insupportable, car comment pourraient-ils survivre s’ils ne s’accrochent pas aux autres pour survivre d’abord faire du mal ensuite?
Leur survie dépend de nous.
Docteur : bon, je vais vous conseiller alors ceci : restez le moins de temps possible dans votre « résidence secondaire » je vois que c’est ce que vous avez déjà fait, en revanche pour ne pas perdre l’effet bénéfique que vous avez apporté à vos affaires littéraires, insistez chez vous de les asperger en repassant sur toutes les surfaces des livres et des manuscrits de la même préparation désinfectante naturelle munie d’un spray, remplissez une bouteille avec les huiles essentielles, un peu d’alcool, des clous de Girofle, de la lavande, et répétez l’opération une fois par semaine pendant trois mois, et revenez me voir avant votre rentrée universitaire, nous ferons alors une mise au point ensemble.
Docteur ; vous partez un peu en vacances ?
Nadezhda : Mais non docteur, pas de Mécène encore, je ne bouge pas de mes 15m2 , j’ai un travail d’étude franchement « monstrueux « avant la rentrée, et en plus je suis dans l’écriture de trois livres, j’ai de la lecture et du travail journalier…
Docteur : prenez soin de vous, ça va aller soyez courageuse comme vous l’avez été depuis que je vous connais ! vous avez déjà pris les bonnes décisions ;
Nadezhda : Merci docteur, merci pour vos conseils, passez des belles vacances et à septembre prochain !
Ah docteur j’oubliais, hier un des acariens qui est le pire de tous, il m’a fait penser à une blague, je vais vous la raconter, dans ce monde des brutes ça fait du bien :
Didascalie : le docteur commence à rire avant que je ne lui parle, elle me connait elle me dit toujours que je de l’humour en dépit de mes tragédies.
Au seuil de la porte de son Cabinet
Nadezhda :
Écoutez moi docteur :
Un individu condamné à mort par la France, se trouve prêt à la tombée de la guillotine…
Alors tous attendent, et rien, la guillotine ne tombe point.
Alors cet idiot crie à ses bourreaux :
« Et, écoutez ! Il y a quelque chose qui coince là-haut ! »
Mon docteur qui est très raffiné et
réservée a éclaté de rire !
À septembre prochain docteur lui dis-je
En riant bien entendu, ma blague ressortie d’un souvenir acarien d’hier, a fait de l’effet.

Nadezhda Gazmuri-Cherniak
Naïma

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