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LIBERTE RENDEZ-VOUS AVEC LA MORT ?

17 juin, 2019 (13:01) | Non classé

LIBERTÉ

 

 

RENDEZ-VOUS AVEC LA MORT

 

 

LE DERNIER RENDEZ-VOUS AVEC LE MÉDECIN EST-IL BIEN LE DERNIER

RENDEZ- VOUS AVEC LA MORT ?

 

 

 

« Quand voudriez-vous qu’on vous tue ?
Mardi ou jeudi ?
Ils me restent encore deux places de libres, j’ai le mardi et le jeudi prochains, si vous changez d’avis concernant la date vous pouvez le faire, il vous suffira de nous téléphoner, beaucoup de gens se désistent et prennent d’autre dates ultérieures conformément aux possibilités de leur famille…Je vous retiens donc mardi ?
Oui, j’ai déjà prévenu mes enfants…Ils seront là, vous savez, je suis aveugle et je deviens sourd, il faut en finir. »

Ne vous inquiétez pas, ici, nous nous occupons de tout. »

 

Chers Lecteurs,

En vérité, ce reportage télévisé où je reproduis quelques phrases et duquel je ne donne que l’essentiel, me confiant à mon souvenir indélébile et troublé face au poste de télévision, je n’avais aucune envie de rire, mais je me suis vue prise au piège d’un rire nerveux face au grotesque, pris en film-reportage de cette manière.
La mort sur ordonnance m’est insupportable.
Elle doit être une délivrance uniquement pour le malade irreversible qui devrait être maintenu en vie à l’aide d’appareils et une tuyauterie qui lui permettrait poursuivre non sa vie mais une vie artificielle et en souffrance !
Avant les maladies ou accidents irréversibles ne se prolongeaient pas trop longtemps, ils laissaient faire la nature dans son commandement de la fin, alors, ce que l’on appelle euthanasie à présent n’est qu’un « confort » final qui vient soulager, et mettre un terme à une incapacité certes bien réelle de subir la souffrance d’un handicap.
Pour las cas des patients où la vie a déjà délogé, avant ils mouraient sans décisions des « commissions » scientifiques. Le problème surgit dans cette époque quand la souffrance qui est un état individuel strictement personnel n’est plus acceptée, l’individu possède facilement à sa portée les moyens de ne plus souffrir, alors avec de l’argent il en dispose, comme s’il s’agissait de sa dépense dans sa dernière croisière de luxe.
J’eus des sérieuses conversations avec un éminent médecin alsacien, nous sommes arrivés à une seule conclusion, pas de débat artificiel, l’Etat ne doit en aucun cas intervenir, aucune loi ne doit exister pour se mêler encore dans nos décisions personnelles et l’euthanasie ne doit pas exister dans aucune loi, aucun code ne doit établir sa mise en place par « des médecins », il m’a dit : entre autres vices, vous imaginez les familles qui arriveront à l’assaut ?! En connaissant les français, les « droits de successions font faire l’entrée ! »
Un excellent essai d’André Comte Sponville parle de la volonté de l’homme d’aujourd’hui qui se refuse à la douleur, ce bonheur à tout prix est indubitablement contre nature, le refus absolu à la souffrance est le signe de notre époque, la société est dans un état de paroxysme vouée au culte forcé du bonheur sur commande qui a dépassé les prédictions d’Aldous Huxley, les pilules anxiolytiques, les antidépresseurs sont la preuve de la lâcheté humaine, de la mutation totale de ce qui était la configuration ontologique équilibrée de chaque être humain.
Il faut raisonner à l’envers, AVANT la médecine ne disposait pas de ce que l’on croit un « avantage » de maintenir en vie des êtres infirmes et impotents, sans conscience et vivant seulement à l’aide d’appareils. Les dérives ne peuvent pas exister quand l’intelligence médicale s’impose pour juger de manière sérieuse. Cette intelligence médicale existe en dehors de ce pays évidement.
Quand par exemple un être ne nécessite d’aucun appareil pour rester en vie et que sans souffrance il est capable de s’alimenter et de respirer, celui-là ne doit pas etre considéré comme un mort vivant, car à partir du moment où il respire et avale des aliments, il n’est pas un être dépendant d’appareils qui lui apportent une survie qui n’est pas la sienne, donc il n’est pas irréversiblement mort. Même les médecins intelligents et dotés d’éthique admettent que la science ne sait pas tout…
Un minimum de savoir médical est nécessaire et tout le monde aujourd’hui possède un minimum de culture scientifique pour le comprendre. Sauf les obtus de mauvaise foi, le corps médical français est prolifique dans la matière !

« […] Le suicide incarne la liberté, il la garantit. Nous n’avons pas eu notre mot à dire à la naissance. Mais libre à nous de revendiquer l’autonomie de notre être, la « possession de soi » – la formule est déterminante – en choisissant la manière et l’heure de notre mort. La gériatrie, les reliquats de théologies obsolètes cherchent à nous priver de cette liberté fondamentale. Est-il chose de plus cruelle, plus éthiquement répréhensible que le diktat qui maintient en vie l’homme dont le cerveau s’est éteint, le paralysé alimenté par des tubes ? Quelle tyrannie plus obscène que celle qui interdit la libération au comateux, au patient incarcéré dans l’immobilité, au mort-vivant attaché à la respiration artificielle, évacuant leurs boyaux sous licence chimique ? L’enjeu va bien au-delà de notre dignité. C’est notre humanité essentielle. Le constat qu’il en est ainsi gagne, enfin du terrain. Reviennent alors les droits stoïques, épicuriens, à la liberté de la mort choisie. L’accès à la mort assistée va désormais de la mort sur ordonnance à une multitude de discrétions cliniques clandestines. Le corps médical montre des signes de bon sens embarrassé. Une révolution morale et légale, plus radicale est cependant encore à venir. Moyennant d’indispensables précautions, l’euthanasie doit être une option élémentaire. C’est alors seulement que notre conscience, notre esprit « deviendra libre de retourner aux éléments »

George STEINER
In, FRAGMENTS (un peu roussis)
Pp.86-87

Oui, je suis libre de choisir ma vie et ma mort sans la moindre intervention de l’Etat, je le revendique. Cependant Monsieur le Professeur George STEINER méconnaît totalement de l’intérieur, le corps médical français dont je suis une victime et une experte.
C’est pourquoi, en matière de décisions de cet ordre, seul l’individu et sa famille proche à qui il a confié ses dernières volontés, doit garder sa liberté absolue de décider de son corps, sur sa destinée et ses décisions ultimes, sans les fameux et odieux « protocoles » français qui s’immiscent dans l’intimité de chacun des citoyens sur des questions qui doivent rester comme de l’intime absolu.
Les mots de Kafka « si vous ne me tuez pas, vous êtes des assassins », gardent une validité criante de vérité.
Il y a d’autres variantes qui se greffent à cette loi.
Laisser sans assistance à un patient en souffrance est un crime individuel et un crime contre l’humanité.
Il faut savoir qu’il y a des maladies qui dans sont stade ultime ne sont pas apaisées par les recours aux sédatifs les plus puissants, un exemple ? Les grands brulés, les maladies paralysantes qui asphyxient, les cancers de l’œsophage, une perforation due à un infarctus, ces exemples ne sont qu’une sommaire démonstration de ce qui doit absolument être apaisé par une technique dont nous en disposons « le sommeil profond » en attendant la mort qui arrivera comme inéluctable. La palette des cas individuels est d’une ampleur insoupçonnée, et personne ni Loi juridique ou religieuse ne peuvent ni doivent se charger de les inscrire dans les codes de loi pour décider à notre place car seul l’individu en compagnie de sa famille sont les seuls maîtres de la vie et de la mort individuelle.
Et, ils doivent le rester, tout comme notre décision de refuser de devenir des cadavres recyclables avec cette horripilante et ignominieuse loi de « donneur d’organes ! »
Par fortune nous sommes encore libres de nous refuser !
Aussitôt sortie la loi, je me suis empressée et précipitée à déclarer mon refus catégorique d’être donneur et il va de soi que je me refuse en cas d’urgence, d’en recevoir !
En matière de santé, de vie et de mort, des législations de bioéthique ce pays est à fuir !
La naïveté de la jeunesse n’a pas pensé par anticipation. J’ai commis la plus grave des fautes existentielles : l’idéalisation.
Ma stupidité n’a pas su voir qu’en arrivant en France pour faire de Paris ma ville d’adoption d’artiste, je signais mon contrat avec « De Bassora à Bagdad »

Dans les Invariants Plastiques d’André LHOTE n’avait pas le moindre reflet de la nature assassine de la France.

Nadezhda Gazmuri-Cherniak

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