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OU EST TU FRANCE?

25 octobre, 2019 (09:56) | Non classé

 

OÙ EST TU FRANCE ?

 

 

 

Chers Lecteurs,

Je suis une vieille et très ancienne immigrée atypique, qui est arrivée d’un continent lointain « de cuyo nombre no quiero acordarme » en janvier 1980, par une nuit d’hiver silencieuse et enneigée. J’arrivai par mes propres moyens financiers, avec une seule valise et le dossier de mon père, j’étais jeune, rêveuse et volontaire, décidée à m’installer, je n’ai jamais été « refugiée politique » car je n’ai jamais fait de la politique au sein d’un parti…Nonobstant, si écrire et parler à la manière de la Grèce antique est faire de la politique, alors j’avoue avoir toujours fait de la politique et depuis que j’étais bachelière.
J’aimais la France depuis toute petite, car mon père fut un ancien disciple du peintre André Lhote, ici à Paris dans les années 28, la période de l’instauration du cubisme, de la naissance de la peinture moderne française, qui forma l’Ecole de Paris, l’époque de l’arrivée des peintres russes, de ferveur cosmopolite, lieu de partage des véritables amitiés, une France merveilleuse qui n’existe plus. C’est mon père qui m’avait contaminé avec le virus d’amour pour Paris. Je me suis investie dans une mission artistique, elle fut ma raison d’être, ce qui motiva mon exil volontaire, j’avais une vie très confortable là-bas. Quand je suis arrivée à Paris, je n’étais pas non plus une « refugiée économique » question pour vous incompréhensible, car de nos jours les flux migratoires se font pour échapper aux bombes, tortures, et aussi par détresses financières, les « réfugiés économiques » sont les plus détestés. Pour l’administration, je l’ai été aussi, détestée de manière virulente, et jusqu’à présent, car je n’entrais pas dans la norme, je leur laissais perplexes, et je devenais de jour en jour plus marginale et plus méprisée, car « atypique »
Mon exil à moi, est la version contraire de ceux qui arrivent s’installer en France et de partout en Europe, il n’y a plus d’exils motivés pour l’art, il n’y a plus de rêves, sacrifices ni passions, je suis arrivée pour faire de Paris ma ville d’adoption, et ma vie d’artiste.
À la France je lui ai tout donné, et c’est en France que je me suis ruinée.
C’est ici que j’ai tout perdu. Ce bref discours suffit comme présentation.
Un touriste regarde la ville qu’il visite d’une bien différente manière de celle qui a l’habitude de voir le citoyen résident, sa vision est à l’opposée, le citoyen est habitué à ses mœurs et coutumes, le touriste attrape d’un seul coup une vision concentré des vices et vertus de la ville de manière instantanée. Le caractère d’une ville dit long sur l’état de santé de ses citoyens.
J’ai en moi trois visions de ma ville d’adoption, la première est celle que j’ai apprivoisée dès mon arrivée, elle ne changea pas les premières années que la suivirent, en revanche la société française commença à changer, au même rythme et au même temps qui changeaient mes expériences, dans le monde du travail, celles qui donnaient le caractère définitif d’un parcours de sacrifice suivie de ma récolte de la douleur ; cette deuxième étape se jointe au passé, pour servir de vision comparative ; la troisième est la dernière étape de ma vie et que je partage avec vous, ils est l’ultime regard consterné et ahuri face à la destruction assermentée des droits et devoirs, je fais le bilan contrasté et abyssal des pertes spirituelles de mon pays d’adoption et que depuis ma perspective d’artiste je ne cesse de donner sans la moindre concession.
De 1980 à la fin de 2019 savez-vous ce que j’observe et ressens ?
Un changement absolu vers le plus exécrable, quand je suis arrivée il n’y avait que des diatribes intellectuelles, je me rappelle que nous étions collées Maman et moi-même devant le poste de télévision pour regarder Apostrophes, c’était un rendez-vous avec l’intelligence, un privilège de entendre et de s’approcher virtuellement de toutes ces figures d’exception, ensuite « doucement » tout commença à disparaître, les français que j’aimais aussi, ils disparaissaient de vieillesse, ceux qui m’accueillirent dans mes années d’espoir et de jeunesse, la vieille France disparaissait et un fossé s’installa, impossible d’échapper aux sables mouvants. C’est fut une époque où l’on pouvait encore vivre sans menaces collectives ni individuelles.
Dans le monde culturel et académique je pouvais encore partager des paradigmes culturels, ils étaient compris, à présent il y a une table rase, aucune conversation n’est possible, tout s’appréhende de manière superficielle, et si la connaissance est superficielle les relations humaines le sont aussi, nous sommes aspirés vers un broyeur implacable qui chaque jour s’invente des nouvelles manières de nous oppresser, l’air de la France est asphyxiant.
Je suis une citoyenne qui vit dans un monde étrange devant lequel je n’ai absolument rien en commun, c’est la vision qui peut donner une artiste qui observe la furie langagière des êtres qui se conduisent en automates sans âme, des personnages qui abusent de leur autorité et, en somme, nous sommes liés de force à une période qu’on ne peut pas admirer ni aimer, en bon nombre d’aspects s’approche d’un démantèlement volontaire et apocalyptique du socle de la Vie.
J’ai décidé de choisir un seul aspect de cette fin du monde, je veux vous parler du point culminant auquel cette société est arrivée, les faits parlent d’eux-mêmes, je viens de lire qu’un jeune homme est accusé par un Préfet et que l’Etat porte plainte contre lui « parce qu’il a parlé contre l’Etat »
Le jeune a mis en ligne une pétition pour collecter de signatures en vue non seulement d’obtenir un appui, mais par la même occasion dénoncer l’aspect dictatorial des nouvelles modalités de fonctionnement sociétal qui s’imposent et qui vont en crescendo, qui se mettent en place au nom de la Loi, et de ce qui doit être une bonne conduite citoyenne, c’est-à-dire ne pas exprimer aucune sorte d’accusation à l’Etat.
Je ne connais pas le dossier, j’observe çà et là les comportements de ceux qui sont au pouvoir élus par les citoyens, ils ont des devoirs vis-à-vis de la Nation, ils sont les « chefs du foyer », et je me dis en lisant les uns et les autres, du point de vue du droit, or, tant qu’il n’y a ni insultes, ni calomnies ni diffamation, toute critique dans l’espace public est autorisée, en revanche si par le seul motif d’exprimer une idée contraire à celle des dirigeants au pouvoir, et qui n’est pas de l’agrément d’aucuns, l’on se voit menacé de prison, la donne change.
À ce moment même, j’allume le poste de télévision et je vois pour la deuxième fois La vie des autres, un film-poème tragique qu’on ne se fatigue jamais de le voir et revoir, et je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir de l’effroi. La sensibilité fait de manière instantanée des relations, des associations comparatives, la France sa vante de jouir dans sa loi de « la liberté d’expression » mais à présent il paraît que dès qu’un citoyen critique et s’oppose à ceci ou cela, il doit recevoir en retour de ceux qui ne partagent pas ses idées une condamnation officielle de l’Etat qui ne supporte aucune critique, à la condamnation se greffent menaces de prison et des lourdes amendes.
Les laquais, ceux qui sont en haut et payés pour ce travail d’inspection agissent pareillement, dès que quelqu’un écrit ou exprime oralement sa pensée, qui est contraire à la pensée protégée par le pouvoir, cette personne est pareillement menacée, harcelée, persécutée. C’est le cas de Madame Sylviane Agasinsky.

Je ne me considère en rien une « victime » car l’on doit parler de victime quand il y a perte de liberté, ou l’existence d’un fait concret et le plus grave en matière de droit, ce que l’on nomme « mort d’homme. »
Pour l’heure le thermomètre indique un niveau de maladie gravissime, les agissements dictatoriaux d’aucuns sont pour moi le signalement d’une anomalie sociétale au niveau pathologique irreversible si nous n’agissons collectivement pour que tout ceci s’arrête.
Ces misérables qui interdissent le droit à la parole ne savent rien de l’époque de critique acerbe de la génération 98 en Espagne, ces écrivains qui critiquant l’Espagne furent critiqués de ne pas aimer leur pays, un absurde absolu, à présent, ces français au pouvoir aux comportement dictatoriaux, ils méconnaissent totalement toutes les générations de jadis qui marquèrent leur temps et qu’à présent, inspirés de leurs maîtres poursuivent leur travail d’analyse critique tel que le renouveau de l’Ecole de Francfort, je ne nommerai pas leurs écrivains français porteurs des d‘humour et d’acides critiques sociétales, mais, les ont-ils lus ?
La pensée critique ne peut pas éluder les fautes des gouvernants, les injustices qu’ils commentent qui vont à l’encontre des citoyens, un président de la République, tout comme ces ministres doivent assumer la critique, ils ne sont que des hauts fonctionnaires élus pour une période et doivent être mis à l’épreuve, s’ils fautent, ils doivent rendre de comptes, et démissionner si les préjudices et dommages arrivent aux niveau de l’insoutenable et, ce critère de critique axiologique doit régner de par le monde.
Je ne crois pas que les pétitions de signatures puissent servir à stopper l’avancée d’une dictature, je ne crois pas que la lutte en solitaire puisse réveiller les esprits, je n’ai pas confiance dans les demandes d’aide aux organisations internationales, j’y portai de l’espoir et il s’est évanoui, ils ont trahi la confiance de l’humanité entière. Combien de plaintes sur des génocides insoutenables restent archivés et ne seront jamais traités ni jugés. Je me suis trompée de fond en comble.
Cependant, en dépit de ma clairvoyance mûre d’expériences existentielles désastreuses, je crois que seule une union solide qui se déciderait à mener une lutte en commun, peut faire fructifier notre vision du monde et arrêter cette avalanche destructrice.
Mais pour y parvenir, il va falloir mener à bien une action pédagogique qui se centre sur des questions de langage, la société manque totalement d’esprit critique et la seule coupable est l’Education Nationale, ensuite ils n’ont pas de repères étymologiques ni axiologiques des mots, et par ce fait même, le discours que l’on donne en public peut leur servir d’une part à tergiverser le fond et d’autre part notre discours sera utilisé à des fins pervers, personne ne s’y opposera, l’ignorance et la peur sont de mise.
Nous sommes en absence de maitres, et en absence des leaders qui jouissent de leurs droits dans la cité, ce qui contribue à que le seul pouvoir qui informe et « désapprend » est non seulement le pouvoir en place mais aussi, l’Internet et le jargon des médias, la répétition jusqu’à l’abatardissement d’un langage politique dépourvu d’idées est mise en œuvre pour soumettre et endormir la société avec les applaudissements de la galerie ; le film critique de Sergei Losnitza Une femme douce, en est le meilleur exemple.
Seules des théories sérieuses peuvent servir de socle de nos idées, « Tout es question de théorie » disait André Lhote, ce qui est valable en matière d’art, l’est aussi pour tous les autres domaines de la connaissance.
Les idées sérieuses peuvent combattre l’ignorance et les fausses idées, et j’insiste sur ce problème pédagogique, je vais l’écrire, car ce que j’ai vécu comme expérience d’une tentative de mise à l’écart parce que j’ai critiqué sur un réseau professionnel (Linkedin) sert comme l’exemple de ce qui est pratiqué de nos jours, suite à un écrit sortie d’une nouvelle publié d’un journal, qui faisait l’éloge d’une jeune apprenti-écrivain lesbienne qui se faisait publiquement sa publicité, en faveur de son « mariage » en faveur de la PMA-GPA je me suis permise de le condamner et d’exprimer mon opposition sévère à toute exposition ostentatoire des signes d’homosexualité, tout comme je me suis opposée vigoureusement à la PMA et GPA, les qualifiant de publications déplacées et obscènes que le public ne devrait pas se voir obligé ni de voir ni de lire, je prends aussi en considération le regard des enfants, car ces publications obligent les adultes de le prendre en considération, pour répondre aux éventuelles questions des enfants et ensuite de leur faire accepter les vices et anomalies « d’autrui » comme une « normalité » parce que la loi française vient tout récemment de les voter et de les faire valider.
Et, bien je dis non, je forme partie de ceux pour qui la loi récente est un viol à l’humain, à l vie, à la nature, une minorité a fait que l’illicite entre comme une valeur de droit absolu dans la loi, et, bien, je le déclare illicite, je le vis comme un délit à l’humain, je l’analyse comme une agression anthropologique, un attentat psychique duquel je ne reviens pas indemne.

Je ne viole pas la loi, parce que je critique le vote d’une loi néfaste.
Comment le pourrais-je ? Je n’ai aucun pouvoir ! Il n’y a pas eu de référendum, le fait de parler en exprimant notre désaccord absolu n’est pas en soi « un délit », dire que toutes ses mesures sont destructrices et que le Lobby LGBT a obligé le gouvernement à voter une loi contraire à l’humain, n’est pas non plus « un délit », qualifier certaines publication d’obscènes, et d’ostentatoires ne l’est point, où allons-nous, cédant à de telles accusations déplacées et dont le contenu répressif et dictatorial est véritablement « contre la loi ? »
Le pouvoir de la parole ? Il est nul pour les esprits rustres et ignares. Croire au pouvoir de l’Art, et de la parole est un idéalisme d’adolescent, les personnes mûres apprennent du malheur pour dire, plus jamais !
Leur loi du mariage pour tous, de la PMA et bientôt de la GPA, ils nous les ont imposées de force et sans pitié ni le moindre égard aux conséquences !
En disant publiquement ce que je crois, je n’agresse ni n’offense aucune personne en particulier, mon désaccord et ma critique ne portent pas le nom d’un individu, mais s’adressent au Lobby qui a exigé cette loi de la PMA, bientôt de la GPA, en revanche, nous devrions nous aussi réclamer nos droits de clamer notre révolte.
Ils sont des experts dans l’exercice de l’interdiction, dans l’écriture des lettres de cachet, dans les formulations portant des accusations, menaces et cris, le contraire de l’humain.
Ceux qui comme moi s’opposent aux diktats gouvernementaux n’assignent en justice personne en particulier, mais signalent l’ensemble des dirigeants qui se sont soumis et mis à genoux face à la pression d’une minorité sociétale.
Il faut qu’ils sachent qu’il y a une autre partie de la France qui s’oppose, nous ne devons pas être mis sous silence, nous ne devons pas être ignorés.
Voici mon message aux dictateurs de la pensée, de la parole, et de leurs lois : il faut que vous appreniez à distinguer le vrai du faux, le vice de la vertu, le laid du beau et, le principe fondamental jusqu’à présent ignoré la différence abyssale entre le Bien et le Mal.
Ce que jadis l’on enseignait aux enfants, il est à présent démantelé, piétiné.
Si nous sommes dans un pays de « liberté d’expression » j‘ai le droit le plus absolu d’écrire publiquement ma critique sur des faits dits « de société » vis-à-vis desquels je m’oppose avec la plus sévère fermeté, la critique s’adresse aussi bien à ceux qui réclament des changements que de mon point de vue sont néfastes pour tous, et aussi pour ceux qui ont voté des lois qui provoquent des graves dommages anthropologiques totalement condamnables.
A cette confusion volontaire de deux éléments cruciaux, l’un le lexical, l’autre le juridique qui s’entrecroisent au sein de la Cité, pour se faire loi, nous concluons qu’une tâche énorme nous attend : s’adonner à construire une nouvelle perspective salvatrice, je parle au conditionnel, elle devrait se dessiner comme le seul moyen de réussir une action sociétale pour le bien commun de tous. Je le souhaite ardemment.

Nadezhda Gazmuri-Cherniak

 

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