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« QUAND J’AVAIS QUINZE ANS… »

3 février, 2020 (10:17) | Publication

 

« QUAND J’AVAIS QUINZE ANS… »

 

 

 

Dans un pays européen, une quinquagénaire vient juste de sortir des années d’un suivi psychiatrique rapproché, nonobstant, ses troubles indélébiles ne furent apaisés et son psychiatre ne croit pas à une possible rémission.
Elle a la permission de sortir de sa cage, l’espace réduit d’une prison blanchâtre, mais la sortie vers la cité bétonnée, libérée de l’enfermement de la clinique, reste nonobstant factice, car elle ne peut se libérer de l’invisible attache à son passé de pubère, époque où selon ses dires, un « criminel pédophile » la persécuta sournoisement pour l’utiliser comme objet sexuel, traumatisant sa vie à tout jamais.
Ce qu’elle se refuse d’accepter est sa propre tendance obsédante prise d’un amour fou pour un homme quinquagénaire ; curieusement, c’est l’âge qu’elle à présent, au moment où elle décide de l’accuser en mode rétroactif, en faisant ressortir à la lumière des faits qu’elle prétend faire rayonner au sein de la cité pour le bien de l’humanité, par le moyen d’un pamphlet au langage grandiloquent et ostentatoire, elle fait le récit de son passé, un demi-siècle après ce qu’elle accuse de « crime. »
Il y a presque un demi-siècle elle tombe amoureuse d’un homme quinquagénaire, dans sa folie elle n’accepte pas d’avoir été prise d’amour réel et absolu ; mais d’avoir été obligée de se soumettre et de tomber sous « son emprise »
Mot grandiloquent qui excuse toute possible culpabilité personnelle.
Cette « emprise » maléfique qu’elle refuse de nommer « amour » dont elle veut se libérer dans sa vieillesse, emprisonnée dans ses souvenirs, et pour se débarrasser de sa faute, met un plan en exécution qu’elle a longuement construit, l’écriture d’un livre pamphlet aux accents qui fluctuent entre la confession psychiatrique et la claire dénonciation judiciaire ; l’air du temps lui est favorable, l’époque post moderne de son pays est avide d’histoires de sexe, viols sur mineurs, pédophilie, et, un tsunami de féminicides, qui font fleurir des mouvements féministes importés des USA, associations de défense des droits des femmes, défense d’enfants maltraités, le pays nage dans une nouvelle strate sociale qui est venue se greffer à la société.
Les Associations de défense des femmes contre les féminicides, des enfants violés par des prêtres, et les portrait des pédophiles de tout genre et milieu social, se substituent aux parents, les grands absents de la critique sociétale, au sein de cette cité, ils bénéficient d’une omerta qui sera leur protection étanche de toute possible accusation d’avoir manqué à leurs obligations parentales : Article 277-21 du Code Pénal,
La capitale, d’après ce pamphlet, est le réservoir de la criminalité la plus abjecte, la planète entière garde dans son sein les criminels les plus dangereux, une chasse aux hommes se met en route.
Les associations qui défendent l’enfance et les femmes prennent le pouvoir et se placent en victimes, les hommes sont des violeurs en puissance, les femmes prennent le monde en main et commencent leur action soutenue, ces sont les nouvelles Croisades féministes.
Le voyeurisme et la morbidité accrue du public se précipite aux librairies et en quelques heures, le livre d’accusation criminelle s’épuise, l’on appelle ce phénomène « un succès littéraire de librairie »
A ce pamphlet le succèdent d’autres du même genre, la ville se métamorphose en réceptacle d’une nouvelle « littérature » de dénonciation aux accents de scandale, la vieille capitale se noie dans des faits et narrations de l’innommable, les citoyens ont effacé de leur patrimoine culturel sans qu’ils ne s’aperçoivent des siècles de passé d’une grandiose valeur littéraire, la cité est prise d’amnésie culturelle, et le pays s’est transformé à tout jamais, où une nouvelle société est née, la société de l’immonde, ce nouveau genre d’écriture a redéfini le critères de sélection des comités de lecture et les dirigeants des consciences, les politiques et tout le Corpus judiciaire a changé ces normes de jugement, dorénavant ils seront soumis à une nouvelle loi qui siège à l’extérieur des tribunaux et, ils sont à genoux comme des petites quilles face à quiconque dénonce et s’érige en victime, les « victimes » ont droit de cité et la société se divise en deux uniques strates, les victimes et les criminels.
Un demi-siècle après les faits et la loi ayant prescrit les faits, laisse cependant les autorités judiciaires à genoux devant cette héroïne de la vertu et, ils se forcent et s’empressent tout de même à écrire une nouvelle page dans les textes de loi.
La ville entière cache et passe sous silence les vrais coupables.
Le passé est analysé sous rayons X, c’était la résurgence de ce que « c’était avant », ils voudraient faire une « reprise de concessions » ouvrir les tombes, car presque tous les hommes criminels d’autrefois appartenant au vedettariat intellectuel avaient des pratiques dites « criminelles », cette héroïne vertueuse exige un châtiment tardif, et avec son livre arrive à mettre les autorités et le pays à genoux.
De ce bouleversement sociétal, aux accents de nettoyage du vice pour installer leur « vertu tardive « s’est installé durablement un espace culturel noiraud ; il est dirigé uniquement par les femmes, c’est le triomphe de l’immonde comme unique sujet et catalyseur de la production humaine.
Les Femmes ont triomphé, dorénavant en matière de création dans cette nouvelle Ville des Ténèbres, personne ne sait plus ce qu’est : la littérature.

« QUAND J’AVAIS QUINZE ANS… »
NOUVELLE
Nadezhda Gazmuri-Cherniak
ISBN : 9782916501482
Paris, février 2020

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