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LA LAÏCITÉ FRANCAISE? CE QUE JE CROIS…

5 mars, 2021 (14:56) | Non classé

          QU’EST CE QUE C’EST, LA LAÏCITÉ FRANÇAISE ?

 

 

            CE QUE JE CROIS.

 

« Les hommes de Néardental n’étaient pas les brutes que l’on a dit.

Ils ont donné des sépultures à leurs morts. »

                                                         Eugène PITTARD

                                           Histoire des premiers hommes.

Chers Lecteurs,

Cette question n’a pas lieu d’être discutée ailleurs qu’ici en France, ce substantif : la laïcité, place la France dans une perspective philosophique, qui sert d’étendard républicain et de sujet à des ennuyeux débats où tous les partis politiques fondent les axes de leurs discours, sondages et révoltes, pour refaire à l’infini de manière statique l’improbable développement d’une fausse critique de l’islamisme, volontairement assimilé à l’islam.

Il faut ajouter que chez d’aucuns vient de sortir une nouvelle nomination, à présent selon les politiques et journalistes, (aucune différence entre eux) il y a sur notre sol des « musulmans modérés » qui aiment et s’assimilent à la République laïque, et les autres, les « musulmans radicaux », qui s’articulent en plusieurs nuances, cela dépendra de qui aura la difficile tâche de traiter leurs dossier d’assassins, si c’est les Services de renseignements, ils seront « des fichés S », si ce sont les politiques ils les appellerons sans détour « des terroristes » et nous sommes déjà installés sur le terrain propice pour répondre à la question :  qu’est-ce que c’est la laïcité ?

Et, bien la réponse dépendra de celui qui osera nous répondre publiquement.

N’avez-vous pas remarqué qu’il n’y a pas un seul député qui avant d’émir la moindre critique de l’islamisme, font une pause solennelle pour que le public prenne acte qu’ils sont conscients que la grande partie des musulmans en France sont des musulmans modérés, surtout par l’approche de  la période des élections, il serait désastreux de perdre des votes, alors soyez sereins, vous ne serez pas dans ce cas-là,  confondus avec la bestialité qui fait exploser des bombes qui égorge quiconque dessine des caricatures du Prophète ou qui décide d’utiliser les caricatures de Charlie comme le « SUPPORT PÉDAGOGIQUE »

Le plus riche,  le plus absolu et criant modèle de la plus parfaite laïcité française est le droit de blasphémer contre les religions et de dire les insanités les plus abjectes car « ici, chez-nous » c’est l’essence même de « notre laïcité française » hérité de » notre Siècle des Lumières ».

Nous, pauvres rétrogrades, professeurs du tiers monde, nous n’avons pas su être des vrais professeurs, nous le payons difficilement à présent, zéros dans les inspections, refus de titularisation.

Nous restâmes en retrait, muets dans le propagation de ce type de laïcité, à l ‘écart des collègues qui savaient dicter ses cours bénéficiant des permis juridiques, pour exercer le rire et le blasphème en totale liberté, sans peur d’offenser, pour y parvenir, leurs « supérieurs hiérarchiques » décidèrent par décret ministériel d’obliger les professeurs à mener le combat au sein de leurs cours. Ce décret qui oblige les professeurs à apporter leur contribution dans la diffusion de « la laïcité » » , de se métamorphoser en haut-parleurs politiques, en porte-parole des « valeurs républicains laïques» cette autre personne qui  doit accomplir cette tâche au sein d’un lycée et chargée de cette mission n’est plus un professeur, il est un fonctionnaire chargé uniquement de transmettre un message politique délaissant son savoir, toujours en retrait, parce que la fin, qui est faussement nommée pédagogique selon le ministère,  justifie tous les moyens.

Voilà, ils m’ont convaincue, au regard de ces deux décennies dans lesquels la situation s’est aggravée devenant incontrôlable que je fus un professeur assez retardée pour les autorités de l’enseignement, je n’ai jamais fait appel à ce type de support pédagogique, ni parlé de politique ou de religion, trois sujets que je me suis interdite moi-même de traiter et même pas d’évoquer au sein de mes cours, parce que « analphabète naturellement » comme disait Georgio Manganelli qui exerça ses années de professeur en Italie entouré d’interdits et mafieux qui lui rendirent sa vie impossible.

Ils m’ont convaincue qu’en dépit de mon cursus universitaire de pédagogie, (car c’est de pédagogie dont on parle) dans celui qui fut mon pays d’origine, le Chili,  placé  à la fin du monde dans la carte géographique, dans ce pays conservateur et  rétrograde, berceau des dictatures, ce type de laïcité est méconnue, en dépit que les codes juridiques sont un calque du code napoléonien, que les « mariages mixtes » ont créé des mœurs et coutumes où les haines religieuses sont entièrement méconnues, là-bas la névrose du foulard n’aurait jamais eu lieu. Et, vous ne pouvez pas m’exiger la pratique de la haine religieuse, car je suis née dans une culture religieuse libre et je sais faire la séparation entre « terrorisme » et islam.

Je les regarde et les entend vociférer dans le plateaux de télévision où s’émeuvent les plus importantes figures du vedettariat politique, juridique et journalistique, ils s’écrient désespérés suivant le torrent provoqué par eux-mêmes, au milieu d’un déferlement des phrases qui pointent le changement de pensées et comportements d’une jeunesse qui ignore les principes les plus basiques de cet héritage rayonnant de la France, cette fois-ci nommée de manière déclamatoire et pompeuse : LA FRANCE AUX VALEURS LAÏQUES !

Ils sont tous unanimes pour dire que, la jeunesse ne sait pas ce que la laïcité française veut dire, ils confondent tous les principes sans rien déceler de cette richesse que la République leur donne pour qu’ils deviennent des citoyens responsables, des serviteurs de la République ; le dernier sondage signale que les jeunes désapprouvent le matériel didactique fait des caricatures du Prophète , et que les jeunes veulent qu’on leur octroie la liberté » de pouvoir s’habiller ou montrer leurs signes religieux librement, ceux qui sont pour l’heure fortement interdits parce que trop OSTENTATOIRES.

Alors, si l’on me pose cette question, ce que c’est pour moi, la laïcité française, je vais vous répondre publiquement, c’est une conclusion à laquelle je me suis vue confrontée et forcée de regarder en face tout en m’opposant férocement à m’y soumettre.

Je vais vous répondre, car le politique, les lois, les décrets et leurs fonctionnaires qui les font respecter m’ont obligée à me documenter d’après des multiples sources, à lire, à réfléchir et, à force des souffrances indicibles, je me vois forcée à développer une réponse, elle n’est pas enseignée dans aucun pamphlet, livre ou archive d’histoire, elle est une conclusion vécue et traînée au cours des années marquée dans ma chair et mon esprit,  comme un châtiment qui s’exécute d’une lame invisible qui me menace à couper le souffle. La laïcité n’est pas la loi de 1905 de séparation entre l’église et l’Etat, les nombreux changements et adaptations qui se sont accumulés pour donner une ligne de conduite sociale adaptée.

La religion écartée de l’espace public, est tolérée et chaque citoyen est entièrement LIBRE de pratiquer son culte comme bon lui semble dans la mesure où sa pratique religieuse, reste invisible dans l’espace public et que ses croyances ne se manifestent jamais de manière « ostentatoire » ni virent vers le prosélytisme. Certes, tout ceci chaque citoyen civilisé le sait et le respecte…Cependant, la version que je vais vous donner est une autre, elle est sous-jacente, elle n’est pas « écrite », oui, ce critère appartient « aux lois non-écrites » mais non à celles pures et nobles qui inspirèrent Antigone, ce sont des lois non écrites parce que sournoises, des lois indignes qui prostituent les plus nobles valeurs morales au nom de la laïcité.

La liberté totale de culte, en privé ou à l’intérieur d ’un temple, ceci dit un édifice destiné à la pratique religieuse des fidèles d’une quelconque religion, quelle qu’elle soit la religion est assurée et respectée par l’Etat français, ils ne s’immisce point dans les détails des commandements qui sont  le socle de votre croyance, votre « sensibilité », et qui forment le corpus exprimé dans les textes de VOTRE religion ; vous pouvez prier et pratiquer sans réserve et sans crainte que quiconque vous l’interdise, tant que l’on ne vous voit pas mesdames, messieurs : priez, respectez votre dogme la République laïque vous laisse en entière liberté !, oui, mais…

La République laïque cesse de faire de la laïcité la séparation entre la religion et l’Etat dans une seule circonstance juridique : LA QUESTION FUNÉRAIRE. La raison ? Les commandements religieux des trois religions monothéistes, à l’exception du catholicisme romain auquel je n’appartiens point, interdisent la violation ASSERMENTÉE ET LÉGALE de tombes, faite par l’Etat français, qui s’articule en quatre modalités inscrites comme totalement légales dans les décrets funéraires, à savoir :

  1. Le mercantilisme funéraire, l’exigence de paiements pour les concessions funéraires par le moyen de sommes exorbitantes et extravagantes pour les pauvres.
  2. Faute de moyens de solvabilité de la famille du défunt, l’Etat menace d’une reprise des concessions. Il y a là preuve de s’immiscer de manière frontale dans la pratique religieuse des citoyens qui s’opposent à que les tombes soient des éléments mercantiles pour l’Etat et que les morts soient traités comme des objets, des marchandises producteurs de gains pour le Ministère de finances.
  3. La crémation.
  4. Le jet de l’acide sur le cercueil du défunt.

Ces trois mesures funéraires LAÏQUES parfaitement légales, appliquées à l’encontre des PAUVRES,( liberté- légalité- fraternité)sont les preuve indubitables et les plus marquantes de ce qu’est la mise en pratique de la laïcité, ce que je crois est que cette loi funéraire, met un terme aux principes  humanistes les plus élémentaires, cette loi funéraire  fait tomber ipso facto tout possible respect et adhésion républicaine pour offrir un désaccord une opposition ontologique majeur au sein même de ces ordres républicaines ; la vérité est que l’État français dans son obstination juridique pour accomplir ses « principes laïques » jusqu’au paroxysme, et fort d’appliquer son principe de laïcité comme un bulldozer qui anéanti la vie de son passage meurtrier ;  il a installé et répandu un monument  désaveu  par ce manque de respect aux morts, permettant qui soit admise comme respectable ce qui fait d’une LOI et des hommes qui la soutiennent un conglomérat des barbares qui a contribué à faire de la France une République laïque certes, mais oublieuse des principes humains, la rabaissant au plus indignes strates de l’inhumain, car ce que fait d’une société une société digne et humaine c’est précisément l’obligation morale et éthique de respect unanime des nos morts.

Voilà mes réflexions et ce que je crois de votre laïcité et de votre République laïque.

Nadezhda Gazmuri-Cherniak

 

 

 

 

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