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LA MORT DU CERF SACRE DE YORGOS LÁNTHIMOS : LA MORT, UNE DOULEUR STRIDENTE

17 septembre, 2020 (09:03) | Non classé

ORQUESTRE DE HAGUENAU  CHORALE DE DETWILLER
 INTERPRETATON SUBLIME

                            LA MORT DU CERF SACRÉ

 

                           DE YORGOS LÁNTHIMOS

 

UNE OEUVRE D’ART DESTINÉE AUX PERSONNES SENSIBLES

 

                                      LA MORT

 

                      UNE DOULEUR STRIDENTE

 

Chers Lecteurs,

Un écrit se juge dès ses premiers lignes, la première phrase définit la qualité de l’oeuvre, et le talent ou la faiblesse de l’auteur. Et, ceci est une question constaté aussi bien par nous, lecteurs professionnels que par tous ceux qui sensibles à l’Art littéraire ou visuel le savent de manière intuitive.

Un professionnel des lettres n’est pas « supérieur » au lecteur ignorant et sans expérience, détrompez-vous, nous avons seulement le pouvoir, par nos acquis et notre expérience de donner le savoir du beau et vrai en Art, pour, révéler, stimuler, aider et guider celui qui « ne sait pas ». Le rôle le plus beau de tout professeur, parce que dans ce partage, il hisse l’art au sommets et la personne qui « apprend » arrive à se métamorphoser et prend conscience de son passage de l’ignorance vers le savoir. L’essence de toute pédagogie.

Voici la raison pour laquelle un lecteur dès la première ligne ressent l’envie de poursuivre la lecture ou la vue d’un film ; ou bien il est captivé ou bien il se sentira las et l’interrompra remplit d’un malaise.

Dans un film, le talent du cinéaste se juge dès les premières images.

Le début du film Mise à mort du Cerf Sacré, nous sommes devant, l’image d’une opération à cœur ouvert, sous le fond musical du Stabat Mater de Franz Schubert. Le cœur bat tandis que le chirurgien esten trains de fermer la blessure et finit par ôter ses vêtements et ses gants ensanglantés les jetant dans la poubelle, des déchets qui furent partie prenante d’une intervention chez un être vivant ; ces étapes où intervient un tiers étranger dans la destinée d’un être malade sont d’un symbolisme fort qu’un romancier nécessiterait une centaine de pages pour le dire…Ce sont des images qui condensent le film entier.

Les premières images de ce film dévoilent un cinéaste de premier ordre. Yorgos Lánthimos. Quel talent superbe ! Il est d’une créativité et imagination suprêmes, pour en quelques minutes nous révéler une expression condensée jamais dite auparavant sur la Vie et la Mort, la mythologie grecque et la sentence biblique s’entremêlent pout tisser l’argument, les images sont des éléments qui interprètent ces deux messages insérés dans l’argument et l’action. Rien n’est laissé au hasard.

Les prises qui s’enchaînent ne viendront qu’accentuer les premiers symboles révélés dans les premières prises. C’est dans un silence ferme, que les titres passent vite sous un fond noir.

Les choix musicaux sont en accord parfait avec l’image et le message. Les transcendant fait fusion à la musique sacrée, le contenu terrifiant passe sous le fond de l’anti-musique qui agit à la manière d’une onomatopée littéraire.

Anti-musique, bruit métallique : l’expression des fortes émotions.

Une « musique » qui émet un bruit métallique interprète dans ce film les scènes tragiques et terrifiantes, c’est ce que des spécialistes ont repéré comme des transformations psychiques qui éprouvent des rares personnes.

Les transformation psychiques dues à une forte émotion, sont   métamorphosées par le cerveau qui se charge de « récréer » en « bruit » quand l’individu sensible est pris par une charge émotionnelle très forte, il écoute, son « expérience perturbante » ces « expériences » rarissimes, certes, mais qui existent chez d’aucuns, ont été connues et cataloguées.

Ce cinéaste est un connaisseur absolu de l’art et de la nature humaine.

Nous n’allons pas nous charger de raconter l’argument. Ce film a été l’objet de cette infantile manière d’aborder la critique des films et pareillement de l’exégèse des textes littéraires en particulier, et de tout art en général.

La critique française, exécrable en sa totalité, elle aurait dû se taire et rester en retrait, leur ignorance est flagrante. Au lieux de jeter l’infamie sur Yorgos Lánthimos, et cataloguer son film de la pire manière, et le signaler comme interdit aux personnes sensibles, mérite notre mépris.

Nous ne dirons que ceci : que le film ne soit pour « tout public» est certainement vrai, mais depuis quand l’art véritable est destiné à la masse ? L’Art est élitiste. Les véritables sentiments et l’empathie sont réservés aux privilégiés !

Je le recommande bien vivement surtout aux « personnes sensibles » ; si vous avez été touchée par une tragédie tout particulièrement produite par la main assassine d’un médecin qui a ôté la vie de quelqu’un de cher pour vous, et que l’assassin a tué cet être cher qui n’est que vous -même, vos entrailles et votre raison d’être, ce film vous est destiné.

Ce film est une œuvre maîtresse, l’expression la plus fulgurante de la Mort causée par un tiers.

Nos Artistes grecs jetèrent à tout jamais l’expression la plus tragique et vraie de la Vie et de la Mort, qui conjointement aux Écritures, nous ont enchaînés pour l’éternité à ces deux suprêmes vérités, l’une biblique, l’autre mythologique.

Yorgos Lánthimos a traduit en image toutes et les plus hautes vérités existentielles de notre civilisation.

La catharsis a été réussie avec magnificence, pendant une heure nous avons été transportés vers les sommets du Tragique et du sensible.

 

Nadezhda Gazmuri-Cherniak

Paris, le 17 septembre 2020

 

 

 

 

 

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