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LES PIGEONS SUR MES FENÊTRES

8 avril, 2021 (07:27) | Non classé

 

LES PIGEONS SUR MES FENÊTRES

 

Chers Lecteurs,

Ce qui m’a le plus surpris dès mon arrivée, c’est la visite quotidienne des pigeons sur mes fenêtres, mais ils ont choisi seulement trois d’entre elles, dans mon chez moi il y a a des fenêtres partout,  ma demeure est très lumineuse et ensoleillée, mais les pigeons ont choisi comme leur foyer les trois fenêtres les plus petites, qui ont un bord plus confortable, ce sont celles de la salle d’eau qui donnent sur un ample jardin sans fleurs, mais qui a des grands arbres centenaires ; un pin immense s’élève majestueux.

Le soir vers 20h, les trois colombes se recroquevillent chacune sur le bord des trois petites fenêtres, j’essaie de ne pas faire du bruit. La première nuit je ne les avais pas remarquées, et j’ouvris une de fenêtres imprudemment, elle doit avoir été terrifiée, je ne l’ai plus ouverte depuis, c’était son foyer nocturne…je m’en voulais au point d’avoir du mal à m’endormir.

À Santiago, où nous avions un ample appartement au Centre-ville,  ensuite quand j’avais grandi et avais besoin de plus d’espace, nous avions déménagé en banlieue avec jardin, quand j’étais enfant, dès très petite je m’amusais à les regarder, car elles arrivaient se poser tous les jours sur le bord des fenêtres du salon, celle qui donnait vers la rue principale,  et me regardaient de leurs yeux rouges, je suis donc habituée à leur coutumes, mais celle de leur façon de se réfugier la nuit pour dormir m’était inconnue. Ici en France sont considérées comme sales, encombrantes, et comment pourrait etre autrement, « l’administration française » a eu l’idée de nous coller une amende si l’on nous surprend en train de leur jeter des miettes ; l’amende est de 68€ ! Ils n’ont pas encore eu l’idée d’inventer une amende qui pourrait contrôler notre respiration ? Faudrait-il respirer tous les « Français » d’une pareille manière ? Bercy s’enrichirait à plus grande vitesse…

Certains de mes voisins ont mis des barbelés pour éviter que les pigeons salissent leurs fenêtres, je ne pourrais pas le faire, en dépit que la propreté est chez moi excessive, je ne pourrais pas.

Avant-hier, aucune des trois colombes qui ont choisi mes fenêtres de la salle d’eau comme chambre à coucher n’est venue, s’abriter pour dormir la nuit, je les ai attendues jusqu’à tard, et je me suis endormie inquiète, je me disais mais que pourrait-il leur arriver ? Sont-elles mortes ? Ce soir à 20h elles étaient là de nouveau.  J’en ai été rassurée.

Sur le bord du petit balcon elles viennent parfois et me regardent fixement en bougeant la tête, je sais qu’elles ont une bonne mémoire, je ne veux surtout pas qu’elles pensent que je vais les chasser ; elles roucoulent assez fort dans la journée.

Pauvres créatures, elles me font de la peine, elles sont tellement sans défense, dans leur lutte pour leur survie quotidienne, la loi des hommes fait tout pour se débarrasser d’elles, leur saleté en est le principal argument, la nature des animaux n’a pas été clémente, leur nature ne leur a pas donné de « l’intelligence » pour éviter la saleté de ce perpétuel salissement qui sort de leur corps, propre de tout être vivant. Seules les statues ne salissent rien, nous humains compris, ne l’oubliez jamais nous sommes aussi des animaux salisseurs mais notre « condition d’hommes civilisés » nous permette « d’effacer la bête qu’il y a en nous »

Le salissement perpétuel qui sort de tout corps vivant est très dérangeant certes, mais il faut savoir que l’art est un idéal très loin de « l’humain », toute création artistique n’est qu’une transfiguration de la réalité, une idéalisation nécessaire dans la création esthétique.

Des études ont été faites sur leur mode de vie, je poste ici une des meilleures.

Entre les colombes de mes fenêtres et moi, un lien s’est tissé depuis mon arrivée, c’est peut-être parce que nous partageons certaines coutumes qui nous ressemblent ; nous avons la même lutte quotidienne pour trouver nos miettes et la même lutte pour trouver un nid pour nous refugier ; j’ai réussi comme elles à trouver un, et j’ai survécu.

Je ne peux ni ne veux pas les chasser du bord de mes fenêtres comme le font mes voisins…

 

Nadezhda Gazmuri-Cherniak

 

 

 

 

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