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L’EUTHANASIE: ENTRE LES GRIFFES D’UN NOUVEAU PROTOCOLE [ IN, PENSÉES CRITIQUES 2018]

7 avril, 2021 (08:25) | Non classé

L’EUTHANASIE : ENTRE LES GRIFFES D’UN NOUVEAU PROTOCOLE.

 

Le droit intrinsèque que nous possédons à mener notre vie comme bon nous semble, doit rester jusqu’à la fin de notre parcours existentiel des êtres humains, absolument libre et inviolable ; nous sommes les seuls à pouvoir décider sur notre vie et sur notre fin de vie.

 

La France qui se réclame d’une laïcité inébranlable, fait appel aux autorités religieuses pour nous imposer bientôt une loi et « un protocole » auquel nous devrons nous soumettre si par malheur nous devenons les êtres sans défense et obligés par le mal biologique, à faire face à une maladie incurable.

 

Les décisions qui seront prises à l’issue de ces pseudos concertations et de ces « dialogues » s’annonce bien grave.

Cette décision gouvernementale est indubitablement pour tout être libre et bien-pensant, tout simplement révoltante.

Entre les politiques qui échappent à la responsabilité qui est la leur par lâcheté, déclarant que les débats doivent rester « ouverts », ce qui n’avance en rien la conformité juridique du dit débat, car s’il était conforme à une dialectique enrichissante, il devrait instaurer enfin une loi protectrice de l’humain sans imposer des mesures moyenâgeuses.

Les politiciens actuels sont tout aussi peureux que les anciens, ils ouvrent le « débat » se faisant accompagner par des « autorités » dogmatiques qui ne sont aucunement qualifiées pour débattre sur des sujets médicaux et qui viennent à présent s’octroyer des droits devant la République, pour nous imposer de manière dictatoriale leur vision eschatologique, appliquée de manière arbitraire sur des sujets scientifiques.

Tout ceci s’annonce déjà comme l’instauration d’une prochaine loi qui nous encerclera dans un nouveau protocole hospitalier aussi dangereux que la prolifération des maladies nosocomiales dont les hôpitaux français, récoltent le palmarès par manque d’hygiène et d’une absence totale de respect de la vie d’autrui.

Et que dire des médecins qui sont tout aussi « croyants » que les autorités qui conseillent et commandent les politiques actuels et qui veulent imposer ses propres convictions à ses malades qui ne partagent en rien ses choix intimes !?

On mélange tout, l’éthique est violée et revêtue d’habits religieux, les choix personnels outragés par des « autorités » qui décident pour nous !

Rien ne disent les médecins sur bon nombre de maladies incurables dont la fin de vie sera indubitablement atroce et où les moyens dont on dispose pour apaiser la douleur sont inutiles et inefficaces, les fameux « soins palliatifs » sont totalement inefficaces dans bon nombre de cas, du contraire l’euthanasie ne ferai pas débat, à titre d’exemple bien exhaustif : cancers  et tumeurs du cerveau et de l’œsophage, et bon nombre de maladies où l’individu déformé, paralysé ne trouve l’apaisement que grâce à un sédatif radical et ultime.

N’oubliez pas le cas récent et insupportable que les médias nous ont montré de manière répétitive, d’une femme qui criait au monde sa douleur, due à une tumeur cérébrale qui l’avait déformée et dont elle subissait des souffrances que les médicaments ne pouvaient pas l’apaiser.

Personne n’a réagi. La France est-elle devenue plus sensible à ce sujet ? Rien ne fait évoluer sa pensée malsaine et rouilleuse, depuis cette horreur de souffrance médiatisée, rien n’a changé.

Les cas individuels les plus divers doivent être examinés autrement, de manière à que seul le critère scientifique et médicale soit mis en valeur.

Si la maltraitance hospitalière est un fait constaté et portée à la connaissance de tous, aussi bien que la maltraitance aux personnes âgées sans parole et sans défense, dans ces circonstances, que se passera- t-il vis-à-vis de ceux qui souffrent la fin de vie la plus douloureuse et sans famille qui vienne à leur secours ?

 

Et pire encore, qui protégera ces vieux impotents qui ne nécessitent en rien de l’aide médicamenteuse, et moins encore d’une euthanasie, mais qui seront mis de force « en fin de vie » par un personnel qui se sent toujours « débordé », « dépassé » devant les vieux et voulant se « soulager » d’un « excès de travail » ?

Ils prendront leurs propres mesures, ceci est déjà connu.

 

Le syndicat viendra au secours du personnel « débordé » et tout sera estompé.

 

Ni les vieux impotents, ni leurs familles, n’auront le droit à exprimer leurs volontés. De tout façon la France pense qu’ils ont déjà assez vécu, ils doivent tôt ou tard « partir. »

Les droits de successions seront aussi motif d’apaisement thérapeutique ?

Je suis terrifiée devant cette pensée.

Celui qui est encore en possession de ses facultés et jouissant de la capacité bien réduite de faire quelque chose pour lui-même, pourra exercer sa liberté de prendre les décisions qui s’imposent, mais encore, il lui faudrait avoir les moyens financiers conséquents pour échapper vers des pays cléments devant la souffrance et où on puisse être libre, vraiment libre de décider sur sa fin de vie.

En absence de moyens financiers, que nous reste-il ?

Rester entre les griffes d’un personnel qui fera ce que le supérieur hiérarchique commande au sein du centre hospitalier.

Quelle mesure juridique devrait instaurer une République de droit pour la fin de vie ?

Laissons de côté les maladies à évolution lente, qui peuvent se soulager avec les calmants traditionnels ou celles qui pourront être apaisées couvertes sous la timide loi qui autorise la suppression d’un « acharnement thérapeutique. »

Une maladie incurable douloureuse et insupportable sera assumée de manière différente selon l’individu, celui qui aime souffrir soumis à ses convictions doit avoir la liberté d’aller jusqu’au bout de sa souffrance, il devra jouir de la même liberté celui ou celle qui en absence de béquilles religieuses, ne se sent pas capable d’assumer les souffrances inutiles qu’une maladie incurable lui réserve.

 

Chaque citoyen, chaque individu doit jouir de sa liberté pour exercer son choix sur sa fin de vie « personnelle. »

Une intromission dans son domaine intime est tout simplement un crime institutionnalisé.

Cette décision sur notre fin de vie, doit rester une décision individuelle en absence totale de loi qui vienne uniformiser, surveiller et punir le malade, tout comme son entourage médical et familial.

Le choix individuel de supporter la douleur jusqu’au bout ou de mettre un terme, doit rester dans le domaine de l’intime et du intrinsèquement individuel.

Je suis contre l’euthanasie médicalisée, mise en place par un bataillon hospitalier autour du malade, et moins encore avec la caméra face au mourant pour filmer de manière grossière et obscène le dernier soupir.

 

Il me révolte pareillement la décision d’autrui sur ma propre fin de vie, si je ne suis pas en mesure de faire valoir mes droits, les décisions seront prises par un personnel dont j’ignore ses intentions et je ne leur accorde nullement le droit de les prendre à ma place.

 

Si l’être est capable de prendre des mesures, soit-il seul ou avec ses proches, cette fin de vie doit rester un moment intime, dont seul le médecin et, le malade lui-même avec sa famille doivent rester les actants d’une fin qui est aussi cruciale qu’une naissance.

 

La France ignore de manière grossière l’humain, les lois en vigueur enferment les choses les plus sacrées dans des protocoles et des discours qui n’entrent en rien dans le domaine de l’affectif, du spirituel et de l’intimité personnelle qui sont des principes profondément humains et individuels.

Je croyais dans ma jeunesse que le pays que j’avais choisi pour être mon cher pays d’adoption restait individualiste, protecteur des droits, bien réservé et discret, et par-dessus tout respectueux de l’humain.

Mon réveil fut dur, grave et difficile, je me suis vue insérée dans une France obéissante aux lois sans le moindre respect pour l’individu, l’individu reste toujours seul, sans défense face aux institutions dont l’hôpital n’est que la réplique d’un univers carcéral et toute la France n’est qu’un gigantesque Conseil d’Administration, où l’humain ne trouve pas la moindre place pour jouir de sa liberté.

Que se passe-t-il quand la maladie est incurable, dont les analgésiques et les calmants les plus puissants sont inefficaces et l’être est condamné à souffrir un martyre ?

À l’écoute des dernières informations, j’observe que ce n’est pas l’autorité médicale qui viendra à notre secours, mais bien un prêtre qui conseille l’Etat ! Il commande très inspiré et inséré dans ses convictions religieuses dictées par son « sauveur » et nous dit dans les médias que « tout instant de vie mérite d’être vécu !»

La douleur est glorifiée !

 

La terreur que je ressens se mêle à une indignation sans commune mesure.

 

En tant que citoyenne française, je n’accepte qu’aucune loi religieuse ne vienne s’interposer dans mes propres décisions intimes et que mon pays soit chargé de décider sur ma fin de vie.

 

Face à la douleur, devant la torture de se voir soumis à rester enfermé dans une prison de souffrance sans possibilité d’apaisement, ce ne sont pas les convictions religieuses ou philosophiques qui doivent prévaloir pour statuer sur les mesures à prendre, mais uniquement l’éthique scientifique et celle du bon sens, je dis ceci : le respect à la vie doit nécessairement aller aussi loin dans son pouvoir protecteur  que la souffrance ne doit pas s’installer pour effacer les moments de vie riche et paisible que nous avons vécus.

 

La fin de vie est ce moment ultime, où la mort met cruellement l’inexorable face à nous comme une réalité palpable et dont nous ignorons l’atrocité qui nous est imposé de vivre, et quand nous la connaitrons nous ne pourrons pas en témoigner.

 

Nous devons avoir notre droit de le vivre en accord avec nous-mêmes et notre fin de vie nous appartient comme un bien sacré, elle ne doit pas entamer ni effacer notre passé. Rien de nous-mêmes ne doit être anéanti par la souffrance, surtout pas notre passé qui à la fin de notre vie, il sera plus présent que jamais…

 

Un nouveau bulldozer s’approche vers nous, mais n’ayez pas crainte, les citoyens seront apaisés, la prêtrise vient à leur secours, et comme les français sont tous au fond d’eux-mêmes profondément peureux et « croyants », malgré ses cris à la liberté, à leur chère « laïcité », l’endormissement sera bien généralisé et acquis grâce à la morphine verbale du gouvernement actuel qui fera tout en total « transparence » protocolaire, sans s’appuyer sur la moindre véracité scientifique et comme d’habitude il fera entrer, sous les applaudissements de gauche et de droite, une nouvelle loi aussi inefficace que criminelle que l’A.P.A.,  pour nous tenailler entre les griffes d’un nouveau protocole pseudo scientifique et dictatorial.

 

Il est fort probable, presque certain, qu’une messe sera célébrée un mercredi, après les vacances, devant l’Assemblée nationale.

 

 

Nadezhda Gazmuri-Cherniak

 

Article écrit en 2018

 

In, Pensées Critiques

800 Pp.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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