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MAUDIE DU SUBLIME LE MESSAGE ROMANESQUE D’UNE VIE FAIT CINÉMA

7 août, 2020 (14:42) | Non classé

                                         MAUDIE

 

 

                                                     DU SUBLIME

LE MESSAGE ROMANESQUE D’UNE VIE FAIT CINÉMA

 

https://youtu.be/TCc7gdC45m4

 

Chers Lecteurs,

La perfection en art cinématographique ne peut surgir que quand réalisateur et acteurs sont fusionnés dans le même projet et forment un tout indivisible, dans ce film la perfection est absolue ; les qualités des acteurs principaux, réside dans l’obéissance totale au principal objectif de tout acteur, et que les acteurs latins méconnaissent : l’oubli de soi-même.

La réalisatrice a su parfaitement conjuguer tous les éléments qui sont de rigueur en tout art, non seulement dans le cinéma : augmenter, diminuer, supprimer. Avec un minimum d’éléments en jeu, ce film rend une explosion contrastée et paradoxale d’émotion sensible.

Allons par étapes, plusieurs problèmes surgissent dès que nous commençons l’analyse de toute manifestation artistique, le problème du « beau », cette valeur de jugement prend attache et se fait présent avant toute tentative de jugement de « valeur esthétique ».

N’oublions jamais la devise d’André Malraux, « le problème du beau est un faux problème », ici, il ne nous servira de rien les analyses philosophiques sorties de la pensée allemande, les grecs nous serviraient d’appui, certes, mais, plus précisément la pensée néoplatonicienne, nonobstant, les éléments esthétiques que ce film projette, s’allie plutôt à aux débuts de l’apparition de l’analyse critique, celui qui pour la première fois s’est préoccupé  de manière parfaite à décrire un élément esthétique qui ne surgit que quand l’art obtient la « perfection » est indubitablement Longin.

Le sublime est un élément est essentiel en jugement esthétique, nous l’observons présent en tout art sérieux, et la mauvaise qualité artistique, qui donne le signe décadent de cette époque, c’est précisément l’absence de cet élément aussi bien dans l’objet concret qui prétend à devenir ART que dans les expressions des sentiments humains et, par conséquent, il reste absent de toute expérience sensible.

Nous sommes face à une petite femme, atteinte d’une maladie dégénérative évolutive d’ordre rhumatologique ; la seule vision de ce petit bout de femme est terrible, une petite femme fragile, qui en dépit de son handicap, est inondée d’une volonté hors pair, elle obtient ses buts de la force de sa seule constance et ténacité dans son projet artistique, sa peinture qu’elle ne décline devant aucun obstacle, peinture sans aucune prétention gigantesque, elle l’exécute sans la moindre inquiétude, elle se plie à ne peindre que ce que son âme et sa sensibilité la forcent à  peindre, et elle sait ce qu’elle veut et ce dont elle en est capable, regarder et peindre la vie dès sa fenêtre, les fenêtres qu’elle aime sont l’expression de « la vie »,  qui lui permettent de peindre « par cœur », à partir de « sa mémoire ».

Sa fragilité physique extrême, car ici dans ce film, rien n’est visible en petite mesure, l’exposition de cette femme au physique fragile donne le la à toute l’œuvre.  Cette fragilité qui pourrait paraître contraire à la beauté,  provoque chez le spectateur un sentiment inondé d’une tendresse incommensurable et  il est  abandonné dès le départ, toute possibilité de jugement négatif, le résultat de la mise en scène est dépourvu de tout élément kitch ou idéologique, il n’y a ni pitié ni compassion motivées par une idéologie qui dicterait les modalités et les choix de la réalisatrice, mais une volonté programmée de la mise à nu des sentiments les plus intimes, la vision dévastatrice d’un être humain qui, en héroïne de la vie, avance difficilement son chemin à contre-courant, même en boitant, par les voies escarpées de son destin.

Son apparente soumission devant les tragédies de sa vie, très bien exposées par des images et courts dialogues, n’arrivent à ternir son âme pure, ses convictions et les qualités océaniques de sa sensibilité qu’elle transforme en expression d’art pictural dit « naïf », et son imparable capacité d’affection contre toute atteinte, ce principal trait de sa personnalité est le socle où repose indubitablement le caractère central de ce film, et que nous déterminerons sous le signe du sublime. Pourquoi ? Parce que du début à la fin, nous assistons, les nerfs à vif, à la transfiguration du laid en beau, où les pires manifestations de l’inhumain se transforment en gestes d’affection, la méchanceté suprême s’efface pour laisser toute la place à une bonté qui hisse l’Homme, en sens général, à ce qui devrait toujours être présent dans le monde, le respect sans faille vis-à-vis des valeurs essentielles : l’expression de l’art et de l’amour.

LE SUBLIME DANS LE PROCESSUS DE TRANSFIGURATION

Dès que Maudie cerne sa nouvelle situation existentielle et pratique, à laquelle elle fait face et s’adapte, un processus de transfiguration se produit, il s’agit de la métamorphose la plus radicale qui ne peut exister chez l’Homme, la force de l’amour pour effacer le Mal. Les personnages secondaires servent ici de contrepoint dans une peinture de caractères humains représentatifs de tous les degrés de la plus pure médiocrité, de la plus sauvage des manifestations de la méchanceté chez l’homme ; ce sont d’abord le frère et la tante, qui exposent le portrait fait réalité des personnages maléfiques et maudits, les enfants qui jettent des cailloux sur un petite femme sans défense, sont nommés par Maudie sans être vus, et, l’homme brutal, lâche et rustre, qui abuse, humilie gratuitement, frappe et offense sans vergogne à une femme sans défense et, ces traits de l’immonde absolu ne sont pas dus à sa petite condition, non, ils sont universels présents et constituants de toute catégorie humaine, surtout chez les plus cultivés.

MAUDIE.

L’exaltation nerveuse nait et se propage de manière fulgurante à la vue en action des pures essences de l’humain dans ce qu’il a de plus bas et de plus sublime, tout nait, s’effleure et réside au centre de la vie de Maudie,  parce que sont rares les personnes qui par le monde naissent avec ces qualités de l’âme, dotée d’une simplicité effarante qui   accueille l’essentiel de la vie. Maudie, être pur et sensible, a su produire une alchimie, non celle de transformer le solide en vapeur, elle a obtenu une alchimie parfaite, sublime, en métamorphosant la bestialité humaine, en sentiment, en affection, en l’aérien et transcendant sentiment de l’amour. Cette « figure » se fait acte dans le concept d’absolu, de transcendance, d’ambition d’art et de vie qu’elle fusionne au sein de son être, pour devenir son propre centre existentiel qui devient fondateur et qui est au centre de toute l’œuvre humaine et artistique de sa vie. Maudie est de ces rares personnes qui naissent sans faire de bruit, elles sont toujours silencieuses et courageuses, d’une volonté et d’un courage cachés, dépourvus d’ostentation ; qualités méconnues du vulgaire, car la populace, les canailles, confondent avec méprise les qualités de Maudie avec une fausse faiblesse, de lors, toute tentative d’analyse restera impossible.

L’opération dynamique de cette transfiguration du mal, de cette alchimie magique que Maudie exerce de sa seule présence et de sa création, qu’elle fait vie et œuvre, sa raison d’être depuis son enfance se projette et se fait acte dans cette traversée existentielle faite image, force suprême de l’art cinématographique, où regards, gestes, et jeux de lumières concentrent les mille pages de tout message romanesque fait littérature. Toute sa sensibilité est revêtue de noblesse, elle sait patienter, pardonne tout, ne se laisse jamais porter atteinte, pour continuer en vie, motivée par des modestes ambitions, elle déclare convaincue qu’elle a besoin de si peu, subi en silence les pires des atrocités qui ne peut subir une femme comme l’est le vol de son enfant à peine née. La spoliation de sa maison par un frère ignoble, ce deux tragédies qui vont en crescendo n’arrivent pas à dévier sa volonté ni à aigrir son âme. Ses œuvres sont petites, mais ne s’amoindrissent pas face à la mer, elles surgissent précisément de la grandeur de sa capacité d’affection océanique.

Ce film ineffable avec ce couple d’acteurs de premier ordre est d’une beauté inégalable, un véritable chef d’œuvre.

Leçon de patience, c’est de sa patience qu’elle obtient ce qu’elle veut, des petites cadeaux comme le moustiquaire, à la plus grande des offrandes gratuites qu’une femme ne peut recevoir dans sa vie, sa reconnaissance et l’amour, elle le déclare, dans une confession intime à son mari : « pourquoi te quitterais-je ? J’ai tout ce qu’il me faut avec toi…Tout ce que je veux » et, dans son dernier souffle : « … j’eus la chance d’être aimée »

Nadezhda Gazmuri-Cherniak

Paris, le 7 août 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est Maud qui le dit, et qui donne une leçon de Vie universelle, elle a réalisé son projet pictural et elle fut comblée, « j’ai été aimée », « j’ai tout avec toi, tout ».

 

 

 

 

 

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