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MON TRAVAIL PÉDAGOGIQUE EN ZEP 1989-2000

25 février, 2021 (10:31) | Non classé

Nadezhda et ses élèves de Première, année scolaire 1999-2000

 

MON TRAVAIL PÉDAGOGIQUE      

 

              EN ZEP

 

         1989-2000

 

Chers Lecteurs,

J’ouvre mon article avec deux dates qui signalent ma période d’enseignement au sein de votre Education Nationale. Ne réagissez pas comme les ignares, ce n’est pas une période trop ancienne, en somme la situation reste la même que par le temps où j’enseignais, toujours insérée dans la plus basse des catégories administratives, voire de salaire misérable avec lequel votre ministère croit rémunérer à une professeur d’élite ; votre votre ministère a programmé d’envoyer sur le terrain réservé à ceux qu’il croit « débutants », moi dans l’occurrence. (N’oubliez pas que l’Etat, fera de même après avec les morts pauvres, l’Etat leur réservera les terrains des tombes provisoires)

Ces postes en lycées dits ZEP seront réservés aux professeurs qui n’ont pas réussi leurs CONCOURS où, à celles très rares comme la soussignée, qui venait d’être naturalisée français. La majorité des professeurs d’espagnol sont des françaises qui apprennent l’espagnol en faculté, et qu’une fois professeurs titularisés avec le CAPES, font au minimum 20 fautes par page, (j’en ai la preuve) et enseignent l’espagnol en parlant et en écrivant en français, celle-ci est une particularité pédagogique française ! Enseigner une langue étrangère en parlant la langue d’origine, j’ai vu même des copies où les questions de préparation pour le Bac étaient toutes écrites en français ; une des raisons por lesquelles aucun élève qui réussit leur Bac espagnol, ne parle ni n’écrit en espagnol, mais ceci est une autre histoire.

C’est seulement en 1989 que j’ai pu postuler pour travailler au sein de votre illustre Education Nationale.

Mes lecteurs fidèles qui suivent mes écrits depuis que j’ai ce site littéraire où je publie essentiellement des écrits de critique sociétale, restant attachée à ma formation d’origine, composée dans mon pays d’origine par l’étude des premières générations de l’Ecole de Frankfort, mes maîtres à penser ; tout a long des années d’écriture, j’ai mis en exergue le principal défaut et défaillance de l’Education nationale, l’absence de cursus universitaire de pédagogie qui d’exister, ce qui n’aura jamais lieu en France, devrait avoir une durée de cinq années tout comme celle du cursus de formation de la spécialité. Dans l’enseignement secondaire tout comme dans le supérieur, cette essentielle méthode de pensée est totalement écartée ; question évidente qui ne mérite pas trop d’explications, les mafias ministérielles évitent que le véritable esprit critique se développe en milieu secondaire et ensuite en milieu universitaire. Quand je pose la question à des jeunes universitaires, ils me répondent : « L’Ecole de Frankfort ? c’est quoi ? ça ne me dit rien »

A présent, j’observe que la violence n’a pas été stoppée, que « les jeunes » deviennent de plus en plus agressifs, en toile de fond, votre illustre ministère composée par des loges qui veilleront jusqu’à la fin des temps, pour que rien ne change, et les politiques s’amuseront à inventer à chaque quinquennat « des nouvelles mesures » d’ordre politique, pour essayer d’éradiquer une violence incontrôlée et incontrôlable.

Ce que ces ignares experts uniquement en déclamations stéréotypées vides de sens telles que « les valeurs de notre république laïque », « nos valeurs républicaines », en soulignant les possessifs NOUS, NOTRE, à chaque phrase sans aucune nécessité, en se servant des vocables qui déjà verbalement et dès qu’ils sont énoncés, ils tracent une barrière de séparation entre le messager et les destinataires. Les politiques tombent dans une erreur grossière s’ils veulent réussir une « intégration ». Ô combien de fois j’ai entendu mes interlocuteurs me dire « chez nous » pour me faire sentir que je ne suis pas une française de souche, Ô combien de fois je les entends encore me dire, après 40 années de résidence CHEZ NOUS, pour me faire comprendre qu’éternellement et jusqu’à ma mort, je ne serai qu’une « adoptée » par VOTRE magnifique pays.

J’ai réussi mes « missions pédagogiques » sans jamais avoir eu de refus de la part de mes élèves, parce que j’avais eu une préparation universitaire de pédagogie de premier ordre dans mon université d’origine, « l4institut de Pédagogie au sein de l’Institut de Pédagogie de la U.T.E. (Université Technique d’Etat à Santiago. Cet Institut universitaire de formation des Professeurs de secondaire fut fondé par Hernan Gazmuri en 1942 au sein de l’actuelle Université de Santiago.

Mon travail se résuma à dispenser l’enseignement de l’espagnol en appliquant rigoureusement le « programme » de préparation pour le BAC, mais en appliquant par la même occasion ma propre pédagogie ; dans cette « moitié-moitié » j’ai réussi à effacer l’ignorance et à susciter l’adhésion à l’étude ; ce projet ne s’accomplira jamais sans prendre en considération qu’aucun de ces élèves a eu une éducation d’élite, ils ne connaissent rien de la littérature espagnole, il n’ont jamais écouté dans leur vie de la musique classique, car leurs parents l’ignorent, et ne sont pas en mesure de leur donner le passé occidental non « des valeurs de votre république laïque » mais un passé culturel qui est le patrimoine de toute l’humanité, sans leur greffer des slogans de publicité partisane ; vous devriez comprendre que ces adolescents n’ont jamais écouté une partite de Bac, regardé une toile des peintres classiques ni  modernes, ils n‘ont jamais entendu parler de George Steiner, de l’École de Francfort et tant d’autres maîtres à penser, ils ne connaissent rien des découvertes d’analyses littéraires, et bien ! je les ai fait partager mes propres découvertes, mes propres amours littéraires, et un dialogue, un partage sans barrières s’est crée entre eux et moi, la culture, l’art n’a pas de « programme », ni de limites, et, j’ai vu réussir tous les élèves leur Bac espagnol, leurs parents sont arrivés me remercier, bon nombre d’entre eux sont à présent docteurs de littérature!

Personne, aucun professeur ne va réussir leur mission en obéissant à ce discours minable de pauvre fonctionnaire qui m’a proféré en 1993 un INSPECTEUR D’ESPAGNOL, qui après assister à mon cours de Terminales littéraires, où le sujet était la génération de 98 en Espagne, à la fin de mon cours il s’écrie : « Vous vous croyez en Sorbonne ici ?!!! » Non, madame vous n’enseignerez pas ça ! Ce n’est pas « dans le programme ! »

Je lui répondis : non monsieur l’inspecteur, je ne me crois pas en Sorbonne, mais je me crois en pré-universitaire et mes élèves ont pris conscience de ce que veut dire préparer leur première année universitaire.

 J’ai gagné un zéro de l’inspecteur et mes élèves réussirent leur Bac.

L’échec scolaire se perpétuera sempiternellement parce que VOTRE ministère le veut ainsi. Parce que la pédagogie est inexistante, mais elle ne servirait de rien qui les mentalités restaient figées dans leur idée de « séparation » entre maîtres et élèves, l’autorité de gendarmes n’est pas pédagogique.

Vous pourrez changer de président de la république et de ministère mille fois, rien ne changera pour le bien, et VOTRE Education Nationale restera en échec, entourée de violence et de meurtres, toujours au sous-sol du niveau mondial,  parce que pour réussir il faudrait abattre les Loges, la pensée étriquée et obtuse des fonctionnaires et comprendre qu’aucune limite ne doit se créer artificiellement entre les maîtres et ses élèves; l’esprit policier, l’autorité débordante est la seule méthode mal nommée « pédagogique » qui est appliquée par les professeurs de secondaire, ils se font respecter par l’épée et les voix criardes.

Rein de ce qui ordonne le ministère n’est propre à l’enseignement, en revanche il est   fortement recommandé d’appliquer ce qui a dit George Steiner, je le cite à peu près par cœur : » Je sais presque tout, vous ne savez presque rien, cette année nous allons niveler les choses »

 

Nadezhda Gazmuri-Cherniak

 

 

 

 

 

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