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NOUS VOULIONS VOIR LA MER…

3 juin, 2020 (08:37) | Non classé | By: Nadezhda Gazmuri-Cherniak

        NOUS VOULIONS VOIR LA MER…

 

 

« Aimez-vous l’un l’autre mais sans faire de l’amour une chaîne »

Faites qu’il soit plutôt comme une mer en mouvement entre les rivages de vos âmes »

                                                                    LE PROPHÈTE

                                                                               P. 15

                                                                   Khalil GIBRAN

 

La nouvelle s’ouvre dans un impromptu de paroles musicales.

La mer est un véritable personnage qui réclame à tout instant sa véritable place dans la nouvelle. La mer est le personnage qui œuvre de par sa forte présence physique, dans la renaissance  existentielle de l’héroïne.

Un couple prononce mutuellement un vœu solennel, au cours de leur dialogue amoureux, ce vœu se métamorphose et se fait acte dès qu’ils décident d’entreprendre un voyage lointain à la recherche des océans, mais toujours insérés dans une séparation ontologique, où chacun tissait ce vœu marin en solitaire, lui, avec des perspectives faites d’un voyage incessant, elle, se laissant bercer confiée à l’incertaine mouvance des vagues dans un voyage initiatique qui traverserait sa propre existence qui prenait déjà la fin de son parcours existentiel ; détachée des souvenirs, elle se retournait vers les routes ensoleillées et les brumes de la mer de son enfance, quand elle vivait au bord des océans froids et solitaires ;  nous lecteurs, nous sommes emmenés vers un espace de vie perdu, mais toujours inondé dans la magie d’une rétrospective onirique qu’elle accueille dans sa nouvelle vie où les verbes se conjuguent seulement au présent. Elle ne laisse plus de place pour les conjugaisons au passé et se ferme la voie vers un avenir qui ne  peut plus se saisir et qu’au cours des événements il se laisse aveugler dans la mer.

La nouvelle  dévoile une intrigue secrète comme ce couple qui bouleverse la réalité de l’île où lentement  se déplie l’intrigue d’un fait divers qui s’est produit  quelques années auparavant leur arrivée.

Du point de vue structurel cette nouvelle est composée de vingt-huit chapitres construits à la manière d’une partition musicale aux  multiples voix et des formes narratives complexes, où trouvent place la parole fantomatique des êtres disparus, les personnages intervenant dans l’enquête, le monologue intérieur et le dialogue amoureux du couple.

L’intrigue, se concentre sur un fait divers qui déclenche une enquête dans l’île, dès l’arrivée de ce couple qui en toile de fond à leur histoire se développe une autre histoire qui entre dans leurs vies et  qui de force se voient inondées par les voix polyphoniques des personnages fantomatiques qui prennent réalité parmi les personnages réels, tous deux nous font découvrir les faits au rythme de leurs vies et nous assistons au milieu de la nouvelle, aux trois strates de dialogue qu’entretiennent les personnages secondaires en contre-point au dialogue amoureux du couple.

Le lyrisme dialogique que ce couple tisse  dans leur vie commune est le socle qui les maintient uni, la parole amoureuse ne se tarit jamais, au jour le jour de leur existence  leurs voix se délivrent en deux tonalités où ils conjuguent leurs vœux et se le renouvellent à « sotto voce » entre les murs d’une cabane en bois où par les fenêtres toujours ouvertes face à la mer, le chant des océans fait partie prenante de leur nouvelle vie.

C’est quand ils arrivent face à la mer qu’enfin leur vœu prend forme et donne sens à leur voyage métaphysique, ils s‘observent transformés et, c’est à ce moment-là, au point culminant de leur métamorphose commune, qui les délivre et les unit, que  tous les personnages de cette fiction prennent assise dans le dénouement de l’histoire.

Cette nouvelle faite d’intrigues, enquêtes, et d’une multiplicité des voix narratives en contre-point,  est en vérité un œuvre littéraire construite en deux plans, qui s’entrecroisent en permanence, le premier se construit sur une intrigue réelle, le deuxième se fait littérature par la parole amoureuse et lyrique d’une deuxième « réalité » la plus irréelle des fictions que l’on ne puisse jamais trouver  dans un récit d’un amour d’un autre temps qui se cristallise dans cette recherche mutuelle de la mer et, ce vœu prend vie, se fait acte dans  l’expression d’un amour surnaturel.

La mer, les personnages fantomatiques et les personnages secondaires  sont des véritables actants de l’action romanesque de cette nouvelle. Mais, malgré le respect du genre et du dénouement classique de toute nouvelle, l’auteur a bien eu le souci de lui apporter des éléments nouveaux, puisque l’élément magique et onirique  s’enlacent pour former deux éléments qui accordent vie et musique à leurs voix en « scordatura », où le réel de  cet amour océanique à la saveur marine, fait surgir chez le lecteur une inquiétante question sur l’intrigue de l’histoire qui prend place dans la vie du couple dès leur arrivée, mais que motivé par cette vie partagée avec les habitants de l’île,  le fait divers a renforcé le dialogue  de ce couple qui exprime finalement leur amour entre les vagues de la mer si anxieusement recherchée.

Cette intrigue non résolue, et ce couple mystérieux, ont-ils vraiment existé ?

La nouvelle se ferme dans le dernier chapitre intitulé « Et, ils  regardèrent la mer » construit dans un compact et contradictoire hermétisme lyrique, leur vœu formulé dans un extase passionnel marin, traversa ce morceau indéfini de vie vécue ensemble au bord de la mer, scellant à tout jamais leurs vies, pour une première et dernière fois recitée comme une oration mille fois inventée.

C’est au lecteur qui reviendra le rôle de se poser dans une perspective précise comme un phare dans sa propre existence, parce qu’il fera ce voyage vers la mer, en participant assidûment la vie des héros romanesques et, que  lui seul, au fil des pages marines remplies d’intrigues telles que celles d’un  thriller, il trouvera les voix des personnages aux multiples facettes.

C’est en se faisant témoin du vœu marin de ce couple mystérieux, héros romanesque de cette mystérieuse histoire d’amour, qu’il trouvera sa propre réponse.

Cette nouvelle aurait sans doute une place parfaite chez un cinéaste.

 

 

Nadezhda Gazmuri-Cherniak

ISBN : 9782916501482

Parution décembre 2020 en format numérique.

www.nadezhda-gazmuri.cherniak.com

 

 

 

 

 

 

 

 

PASSION DE RYUSUKE HAMAGUCHI

23 mai, 2020 (20:04) | Non classé | By: Nadezhda Gazmuri-Cherniak

PASSION

 

 

ENTRE TERRE DE SIENNE ET JAUNE DE NAPLES

 

 

Les personnages su film Passion glissent entre les tonalités de Terre de sienne et Jaune de Naples, une Passion, c’est film du jeune artiste réalisateur japonais Ryusuke Hamagouchi.

Le film s’ouvre d’après la palette d’un artiste-peintre qui a choisi sa gamme pictural et poétique, il ajoute la gestuelle et musicale.

Cette œuvre réalisée en 2008 est le premier film de Hamagouchi, ce dont la pire de critiques existantes, la française, se charge bien de le souligner pour le qualifier « d’hésitant ». Ceci est un absurde monstrueux. Ce cinéaste a réalisé dix films, or, si nous n’avions pas eu connaissance par nos recherches que ce film correspondait à son travail de fin d’études, la maîtrise absolue de cet artiste en matière de cinéma, nous permet aisément de qualifier son film comme celui d’un cinéaste expérimenté et mûr, pour ce qui est de la maîtrise de tous les éléments nécessaires mis en œuvre pour qu’un film soit un acquis sans conteste.

Les critiques français ? oubliez-les si vous êtes intéressés à lire une interprétation avant de vous faire vous-mêmes la vôtre.  Ils nous emmènent vers une destruction absolue.

Le film s’ouvre par des contrastes de vues panoramiques de la ville à l’aube et de nuit, contrepoint citadin qui est le premier symbole qui opère pour nous offrir un préambule décisif d’une série de contrastes ultérieurs.

Le noyau du conflit se situe entre deux couples de jeunes dont l’un est prêt à se marier, l’autre attend son premier enfant, des jeunes universitaires, où un seul d’entre eux travaille dans une entreprise et il est le deuxième élément de contraste entre les jeunes intellectuels, dont la future mariée qui vit déjà en couple est une jeune professeur, toutes les deux « féministes et indépendantes » en matière de « sentiments ».  Cette jeune professeur de mathématiques agit comme élément de contraste aussi bien par l’autorité qui lui octroie sa discipline que par le sujet métaphysique de son discours, c’est autour de ce « personnage romanesque féminin » que les autres personnages agissent et, que grâce à leur intervention surgit le pouvoir de la parole qui sera en fin de comptes, le seul personnage central du conflit.

Mais ce « personnage » fictif, qui agit par intermédiaire des actants secondaires, transmet un « message métaphysique ».

Nous affirmons d’après notre conviction profonde, faite d’une négation catégorique, d’une négation absolue que  Hamagouchi ne fait pas entrer aucun élément du travail propre au cinéaste Bergman ni d’autres cinéastes français comme la critique française prétend convaincre.

La critique française est pauvre et faite par des ignares en question d’art plastique et littéraire, dès qu’il se voient confrontés aux « dialogues » ils font entrer en jeu Bergman. Cela leur facilite la tâche, et tout le monde l’accepte. Cette même équivoque s’est produite dans les analyses publiées des films de Zviaguintsev. Il est nécessaire corriger les fausses exégèses qui se retransmettent  à l’infini.

Ce c’est que nous ferons avec notre contre exposé, la négation de ces fausses affirmations critiques doivent se détruire avec un « contre exposé » construit par une nouvelle critique qui dit vrai.

Le réalisateur est un diplômé  de littérature ; au Japon ce cursus est sérieux. Les critiques actuels, sont-ils porteurs du bagage littéraire japonais ancien des millénaires dont il est issu ce jeune cinéaste ?

Connaissent-ils la tradition esthétique japonaise pour affirmer en courtes phrases que ce film est de nature « psychologique et héritier de Bergman ? »

Ici nous sommes confrontés à une réflexion métaphysique sur l’Amour. Le psychologisme est absent.

Les dialogues, chez Hamagouchi sont à différence de Bergman, des touches de pinceaux, des mots lyriques, des gestes et regards qui dévoilent des instants qui s’évaporent, insaisissables, mais que par la magie  de sa réussite artistique il arrive à saisir pour les éterniser.

C’est précisément où Bergman présente  une esthétique des difficiles voies d’une psychiatrie morbide et, où ses recherches touchent toujours les débordements du malsain, dans Passion, toutes les ressources d’expression cinématographique  son indubitablement son contraire.

Chez cet artiste japonais il n’y a qu’une lutte désespérée et angoissée pour saisir l’insaisissable dans l’amour et par conséquent dans la relation amoureuse en double langage, Homme-Femme, exprimé dans la complexité dialogique qu’est «  Le  couple »

Il est très malaisé de confondre de manière grossière dans le film une quantité d’éléments clés qui doivent être clarifiés.

Ils sont en jeu divers éléments  qui procurent le plus grand intérêt dans la structure du  film et, le déterminent de fond en comble.

L’espace : il y a un exposé plastique de premier ordre, un élément qui joue à part entière dans chaque prise, chacune des scènes a été prise avec méticulosité, un autre facteur proprement japonais. L’art fait du minutieux, du délicat, l’art du détail.

Maîtrise de la couleur. Chaque scène est un tableau de maître.

La tonalité, donnée par un artiste-peintre se compose de la fusion de deux couleurs : terre de sienne et jaune de Naples. Parfaitement fusionnées les deux couleurs, et aussi séparées formant un permanent « passage » sans clair-obscur, où seules les prises nocturnes se chargent d’accompagner les dialogues.

Les Prises des scènes d’intérieur. Les ouvertures et fermetures des portes sont un élément théâtral inséré au cinéma sans que pour un seul moment  il y ait une intention de « faire du théâtre » Le cinéaste sait parfaitement doser, inclure et supprimer sans s’éloigner de son matériel :  l’IMAGE.

La couleur chair subtil symbole qui intervient dans une teinte générale, et particulière, les personnages sont tous habillés en ces deux uniques couleurs avec le noir en contraste.

C’est au sein de la toile de fond terre de sienne et jaune de Naples que les personnages sont en mouvement et en dialogue et qu’ils agissent en souffrance retenue ou explosive.

Il y a la mise en scène des symboles de la plus haute importance

*Le couteau, (Un harakiri jamais exécuté.)

* Les silences

*Les non-dits.

*Les regards.

Quels sont les éléments métaphysiques mis en œuvre ?

  1. La présence de la mort.

Le chat disparu renoue conversations, prières, enterrement et ensuite le souvenir d’un grand-père décédé dans des circonstances « réelles bien disgracieuses » mettant en exergue une réalité propre de l’humain bien cru et cruel. Un autre élément que le japonais expose depuis des siècles avec un réalisme oriental.

  1. Le pouvoir accordé à la parole. En dépit que la parole soit le centre de la psychologie et de la psychiatrie, il faut cesser de confondre et de faire la symbiose avec le pathogène psychiatrique avec l’incursion pure dans les tréfonds de l’âme saine, les artistes ne sont pas des « malades » les personnages de fiction ne sont pas « analysables » par intermédiaire de la psychiatrie, la métaphysique abhorre la psychologie.
  2. Les symboles d’équations mathématiques écrits sur le tableau noir par le professeur.
  3. Les mathématiques sont une partie indispensable dans la philosophie, les sont-elles pour évaluer la Passion ?
  4. Existe-t-il un contrepoint possible entre Amour physique et Amour spirituel ? Les traits physiques enferment les composantes d’un amour spirituel, le discours des deux personnages masculins sont les porteurs de cette importante réflexion métaphysique traité en littérature, mais jamais au cinéma avec une telle force faite parole et plasticité.

La violence physique et verbale.

Nous ne raconterons pas l’argument, nous ne sommes pas devant un public d’ignorants comme fait preuve la pauvre critique française qui pense que remplir d’épithètes leurs articles où le pathos doit être exclu, fera l’éloge du film.

Ils disent que « Bergman n’est pas loin ! » Mesdames, messieurs, c’est un absurde de taille, Bergman est non seulement très loin dans ce film, mais totalement inexistant. Hamagouchi n’est pas un analyste des esprits tortueux, atteints de maladies de l’âme, mais l’exposant par l’image et la parole, des personnages pris d’angoisse face aux dilemmes métaphysiques où l’AMOUR, est mis en exergue comme le sentiment formant partie intégrante de l’être humain.

Il n’y a aucun élément maladif, bien au contraire, la recherche de la vérité -contraste avec le mensonge, en duel permanent dans les dialogues, résume l’essence de la philosophie, elle ne peut être exercée qu’exclusivement par des esprit sains, raisonnables et doués des capacités intellectuelles des plus hautes. Ces réflexions sur l’essence de l’Amour est le sujet du film.

Un film est comme un livre, mais qui travaille avec l’image et les éléments qui lui sont propres.

Il n’existe pas de cinéaste inculte, sans acquis littéraire.

Il devrait exister une critique d’art qui lui ressemble.

Enfin, l’éloge doit être dirigé tout entier à ce grand artiste qui est Ryusuke Hamagouchi. Il a très bien choisi ses acteurs. Maître de la lumière, il est à la fois un poète et artiste-peintre avec sa caméra, littéraire sublime pour écrire avec l’image, les voix, les regards et le silence, nous l’avons toujours dit à propos du cinéma, il réussit avec une prise, ce dont l’écrivain nécessite d’une centaine de pages pour le « dire ».

Génie incontestable et artiste complet qui nous fait réalité sensible l’essence de l’humain.

Il fait acte en sa personne un héritage fait de millénaires de culture de l’écrit dont le Japon excelle.

Le Prix Nobel de Littérature 1994 Kenzaburo Oe est un des meilleurs explorateurs de l’âme. Si éloigné des analyses « occidentales ».

Après avoir fait l’expérience émotive, plastique et sensible des images et de se laisser emporter par la magie de l’art du cinéma, art d’une qualité rare à cette époque ; une seule pensée est venue à notre esprit, rien que pour « regarder » une œuvre d’art « sublime » comme l’est PASSION …Il vaut la peine de rester en vie.

Une réflexion métaphysique incontournable.

 

Nadezhda Gazmuri-Cherniak

 

*Passion est le titre en français du film du jeune réalisateur Ryusuki AMAGUCHI.

Sublime n’est ici ni épithète ni un éloge, mais une définition esthétique et philosophique. Traité du sublime Longin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE FILM DE ZVIAGUINTSEV / ABSENCE D’AMOUR/ DEUX SOURCES /CIORAN ET ERICH FROMM

22 mai, 2020 (18:16) | Non classé | By: Nadezhda Gazmuri-Cherniak

     

 

 

 

LE FILM DE ZVIAGUINTSEV

 

            ABSENCE D’AMOUR

 

    DEUX SOURCES : CIORAN ET ERICH FROMM

 

                        « Tout art est un mouvement de l’âme »

                                          Andreï Zviaguintsev

 

    “Entre la poésie et l’espérance, l’incompatibilité est complète”

                                                  CIORAN

                               Précis de décomposition

                                               P. 142

LIMINAIRE

Cette phrase prononcée par Zviaguintsev lors d’un entretien, ouvre notre commentaire sur son dernier film qui vient d’être retransmis sur la chaîne ARTE précédé d’un excellent reportage où Zvianguintsev en premier fait le récit de son oeuvre, suivi par ses acteurs et l’équipe qui a travaillé le film.

Le lecteur d’un livre, le spectateur d’un film, ils peuvent tous deux ignorer tout du réalisateur, laisser de côté sa biographie, formation, intentionnalité et héritage artistique ; il ne verra que le film, il est un récepteur actif qui reçoit une émotion sensible. Le critique professionnel, depuis la naissance du structuralisme russe et l’analyse de M. Bakhtine, des nouvelles perspectives s’ouvrirent pour l’exégèse des œuvres littéraires, il fut le premier d’autres l’ont suivi et, il est conseillé de les appliquer à tout art. Le cinéma se base d’abord sur un écrit. Il n’est donc pas malaisé de prendre en considération quelques-uns de ces principes.

Le critique de cinéma ne doit pas se contenter d’être un journaliste expert en communication, dans l’exercice d’une direction de start-up, et en matières socio-politiques, bon nombre d’entre eux procèdent à la manière des critiques de peinture, pour l’heure, celles de rare qualité publiés dans pays nordiques, ne sont jamais écrites par des experts historiens, ils ne nous apprendront rien des œuvres picturales que l’historiographie, les critiques de peinture d’importance seront celles qui jouent un rôle révélateur de ce qui est propre à l’œuvre en question, il ne s’agit pas d’une inscription historiographique, ni d’une monographie du peintre,  mais l’exposé des théories attachées et en rapport direct  à l’œuvre elle-même.

Ces critiques, nous le savons, ne sont données que par ceux qui ont un long commerce avec la réalité de l’atelier, avec l’exécution de la peinture à partir des théories apprises par un maître et  mises en œuvre devant le chevalet. Excellent pédagogue et peintre comme le fut notre André Lhote.

Théorie et praxis doit être la formule d’écriture des critiques de cinéma avant toute sortie à l’extérieur pour graver à l’encre indélébile leurs commentaires. Ce que ne se fait jamais dans l’étude de l’art de Zviaguintsev.

Il est nécessaire de s’investir d’une part dans l’herméneutique du fait fictionnel et d’autre part et de manière secondaire dans le métatexte.

Dans cette histoire « Faute d’amour » il y a un fait fictionnel, il faut considérer le film une « fiction » ; qu’il soit basé sur un fait divers récurrent en Russie, ne change en rien notre méthode d’exégèse, L’art de Zviaguintsev n’est pas « un documentaire ».

Commençons par indiquer les composantes essentielles en jeu, autres que les spécifiques de l’art du cinéma et qui ont donné naissance au texte, au script, elles nourrissent son travail de cinéaste. Il va de soi qu’aucun critique sérieux  ne peut se soustraire à une analyse  du métatexte.

Passons de l’autre côté, le réalisateur peut se croire guidé par ses gouts, être convaincu qu’il est profondément inspiré par ceux qui l’ont précédé et qui l’ont fait travailler sur un socle défini, nonobstant et malgré lui, son expression a donné un autre résultat, c’est ce que nous observons dans tous les films de Zviaguintsev et tout particulièrement, dans « Faute d’Amour ». La où Bergman  insiste jusqu’au  paroxysme sur le dévoilement d’un problème psychique maladif et exacerbé, Zviaguintsez ne s’attarde jamais dans ce sens, ce que le différencie  et l’écarte de l’intentionnalité essentielle de Bergman ; Zviaguintsev  prend une autre voie, n’y a jamais de trace de morbidité, le dilemme est clair en dépit des incertitudes argumentatives volontaires, la série de mystères et secrets non dévoilés, les non-dits, présent aussi bien dans le conflit central  de l’argument que dans l’histoire personnelle des héros ; l’homme est montré dans ses angoisses, ils sont faits de chair et d’os (Unamuno), les personnages de Zviaguintsev sont pour cette raison profondément touchants, ils ne sont pas des êtres pris au piège et obsédés dans un cercle des maladies ou d’obsessions psychiques. Leur emprise est bien autre.

Zviaguintsev construit son message d’une complexité cinématographique à la manière dont Cioran développe ses idées dans ses aphorismes ; tous deux ils dévoilent avec leurs éléments de construction une argumentation de l’angoisse aux dimensions toujours symboliques qui dépassent le réel, cette perspective existentielle est ambivalente, car sans cesser de prendre attache au réel, hisse la réalité contingente très loin de l’affaire humaine  agissant en rectiligne ; les personnages sont dotés d’imperfections, ils emportent en soi la disgrâce de leur destin, ils sont des êtres agoniques, soumis dans leur propre tragédie personnelle, ils se mettent en lutte dans la vie dans une confrontation permanente avec l’extérieur, lutte sans merci qu’avant de s’extérioriser et sa mise en jeu avec autrui,  elle bouillonne en conflit à l’intérieur d’eux-mêmes et faite  des forces contradictoires jamais résolues.

Faute d’amour est la mise en scène d’une fatalité analysée sans concessions.

La préoccupation de Zviaguintsev est de  placer ses héros sous des Rayons X pour faire l’analyse de leur esprit, nous l’accompagnons  dans cette étude visuelle, dans l’action et dialogues réduits à l’essentiel, pour augmenter aux maximum les effets visuels qui sont les porteurs d’un message cinématographique. L’attention portée aux les regards, gestes, à la mise en scène des jeux d’ombres et lumières, sont tous des éléments qui possèdent une intentionnalité bien précise dans tous ses films, aux prises longues qui de leur silence et beauté visuelle, se transmet une pensée métaphysique inquiétante, ces prises choisies pour porter un message, non « littéraire » ce n’est pas le champ de travail du cinéaste, mais on peut affirmer qu’elles prennent attache à certaines modalités et fonctionnalités du message « littéraire », ce message romanesque que le film dit en images images symboliques qu’en elles-mêmes disent long,  sont celles pour lesquelles un littéraire aurait besoin des dizaines des pages. C’est cette méthode que tout art sérieux exige : augmenter, diminuer, supprimer.

Zviaguintsev a la maitrise parfaite  de  cette devise qu’il applique avec rigueur et c’est là que réside l’effet émotionnel percutant chez le spectateur.

« Depuis toujours, profondément, violemment, je déteste ceux qui veulent trouver dans une œuvre d’art une attitude (politique, philosophique, religieuse, etc.), au lieu d’y chercher une intention de connaître, de comprendre, de saisir  tel ou tel aspect de la réalité »

                                          Milan Kundera

                                    Les testaments trahis                

P. 111

Ressources techniques et matériel filmique.

L’émotion surgit instantanément à la suite d’une forte perception en chaîne des événements déchirants, ils arrivent par surprise, forçant nle spectateur à pendre partie par effet de catharsis aux souffrances des personnages ; nous sommes obligés à assumer en tant que récepteurs et adhérents envoutés de cette vision tragique,

La technique du cinéma est avant tout un travail centré dans la mise en scène d’éléments visuels travaillés le même soin que le peintre travaille sa mise en page.

Tous ses éléments plastiques formeront partie prenante de l’ensemble qui transmettra ce « message romanesque-cinématographique » c’est de cette manière qu’il sera perçu visuellement et  sans lequel le cinéma n’est pas.

La technique propre à Zviaguintsev réside dans sa découverte plastique, dans le fait de s’attarder dans la description de la nature comme un personnage indépendant, ensuite dans la focalisation d’une exposition très diverse de gestes, sourires et regards symboliques qui dévoileront les tréfonds de l’âme de ses personnages, suivant non la perspective Bergman, mais celle de son grandiose héritage russe d’introspection de l’âme.

Depuis 2017, date de la sortie du film en France, il y a eu un déferlement de critiques faites par des journalistes qui ont abordé le film en donnant un résumé et faisant des commentaires sur des commentaires sur un socle politico-social. D’autres furent plus économes, nous jetant un tsunami d’épithètes, croyant ainsi définir le film « Faute d’amour. Si nous disons que le film est un chef d’oeuvre glaçant, émouvant, extraordinaire, nous ne disons rien. Ce ne sont pas ses émotions personnelles qui doit écrire un professionnel appelé à faire une critique d’une œuvre d’art quelle qu’elle soit.

Par fortune ce malheureux vide exégétique vient d’être en grande partie effacé, grâce au documentaire ici évoqué. Les commentaires que les acteurs firent de leur travail sont révélateurs. L’actrice principale Marianne Spivak analyse avec une précision incontestable les erreurs dans lesquelles tous les critiques ont fait fausse route. Tout cela est secondaire dit-elle… c’est le confit interne, spirituel des personnages le seul « motif » qui doit être pris en considération.

Un autre élément  qu’il faut prendre en considération comme fondamental est la participation active de Zviaguintsev au cours des entretiens accordés aux journalistes de la chaîne Arte que Zviaguintsev s’est bien chargé, subtilement de recadrer. Il faut prendre ce film au sérieux comme une expression d’art cinématographique  construite par un « matériel filmique » indépendant, centré sur ces propres outils d’expression et ave l’intention de rester  à l’écart de tout compromis externe à son but et moyens esthétiques.

Les films de Zviguitsev ne sont pas des tournages  au service de causes politico-sociales. Nous sommes en total désaccord avec les critiques qui définissent le cinéaste comme une auteur de cinéma politique.

Zviaguintezv a traité dans Faute d’amour, des sujets universels, c’est pourquoi nous aborderons notre  exégèse du film depuis ce qui nous semble essentiel, le thème de fond, les éléments utilisés pour la mise en scène, pour la construction du sujet central et les pôles choisis par le réalisateur où s’activera la tension dramatique. Cette tension dramaturgique qui opère sans cesse au fur et à mesure que nous avançons dans le déroulement de l’action, s’achemine dans un crescendo, qui a son point culminant la scène de la morgue, où la vision du cadavre de l’enfant est l’élément qui déclenche le dévoilement de la vérité et, l’expression fulminante du tragique absolu que malgré eux, fait ressortir leurs sentiments cachés les plus profonds.

Ils nous révèlent les réactions ultimes des deux personnages principaux ; s’agissant d’une œuvre d’art cinématographique, comment ne pas faire un bref récit des ressources techniques employées et une critique esthétique ?

Il est une tâche facile placer une œuvre dans un contexte social et utiliser le film comme un pamphlet destiné à faire de la politique, agissant ainsi, le film et le réalisateur sont rabaissés. L’œuvre est réduite au niveau pamphlétaire, ils s’en sortent en inscrivant le réalisateur dans la dénomination d’artiste « engagé » quand il est avant tout un homme engagé avec son art. L’art est réduit aux commentaires du présent sociopolitique, aux faits contingents, les études qui devraient être esthétiques sont ainsi lancés avec une assurance à laisser perplexe ; le cinéma est indubitablement une pure intentionnalité esthétique, or, ils négligent le plus important et, ils s’aventurent dans le seul sujet qu’ils maitrisent : le social-politique. Les commentaires restent superficiels et dépourvus de l’intérêt recherché : la critique du film.

L’artiste, à différence de  cette catégorie formée pour « le commentaire » et, qui n’est pas destinée à créer, il ne vit pas dans le transitoire, mais dans l’intemporel et ses sujets quand bien même ils sont inscrits dans une époque, insérés dans un  contexte social déterminé, ces éléments ne seront que sa toile de fond, le réalisateur Zviaguintsev ne traite que des sujets universels et éternels. Leviathan pourrait-il se considérer comme un film de « critique politique ? » Le clergé orthodoxe s’est offusqué ? Il a censuré des passages ? Grave impair. Il va falloir informer les russes pour qu’ils cessent de rêver et de pratiquer un faux idéalisme européen ; les censures politiques, religieuses et, les méfaits des mafias sont internationaux.

Les mafias insérées dans la critique artistique des officialités gouvernementales. Elles ont les mêmes dans tous les pays. Elles détiennent l’argent, elles distribuent et refusent à leur gré.

Ce type de subvention est dangereuse, elle officie de servage  et l’artiste doit devenir un serviteur annihilé par le pouvoir. N’oublions ce que nous a dit D. Kahnweiler : « l’État est toujours incompétent en matière d’art » Mes galeries et mes peintres.

Toutes les mafias de par le monde exercent leurs c’est un énorme travail de destruction et, ils imposent leurs interdits, se fondant sur des devises aussi contraignantes que les interdits religieux ou politiques, ils n’agissent que par cupidité, par jalousies intellectuelles féroces, et motivés par une solidarité collégiale mafieuse. Ces groupes mafieux sont dépositaires d’un pouvoir qui travaille activement avec deux intentionnalités différentes. L’interdiction, c’est le règne actif des « fonctionnaires de l’interdit », (Giorgio Manganelli) et l’invisibilité de l’œuvre et de l’artiste.

Ils sont maîtres dans l’exercice des interdits ils avec l’intention de radier les artistes et les condamner au silence. La deuxième intentionnalité  de cette censure est d’aplatir l’expression de l’artiste, à défaut de la supprimer, les censeurs opteront pour la réduction des parties de son œuvre. Le spectateur n’est pas dupe ; devant la vérité de l’artiste qui est toujours un « indépendant ». Devant une telle « agression » les mafias ne disposent que de deux misérables moyens de défense, l’une sera de réduire l’œuvre au silence par le moyen de la censure, l’autre, entourer l’œuvre de silence pour la rendre « invisible ». C’est la seule capacité de nuire dont sont capables les médiocres. Ces éléments sinon religieux ou politiques, sont purement sadiques, c’est l’expression des complexes d’infériorité artistique, ils sont présents en Europe, en France pareillement qu’ailleurs, pays qui se vante de sa démocratie et de leur passé des Lumières. Laissons. Les critiques parlent de Leviathan et le comparent à Faute d’amour, fusionnant tous les deux dans une expression cachée de révolte politique, contre une Russie commandée d’une part par les interdictions moralisatrices de l’eglise orthodoxe et d’autre part par une censure politique qui verrait comme une agression déstabilisante le dévoilement des vérités.

Leviathan est-il une exception ? Est-ce le sujet et conflit du film réduit et circonscrit à la Russie ? Certainement pas, l’œuvre maléfique des lobbys et mafias est un mal international, universel, il change seulement  le pays, l’idiome et l’accent.

L’ÉLÉMENT RELIGIEUX.

La suprématie de l’esprit.

Pour faire la critique de Faute d’Amour, il faut nécessairement avoir regardé tous les films de Zviaguintsev. Des « journalistes d’art »  osent en permanence s’aventurer  dans une rédaction où le résume prévaut l’exégèse et un tsunami d’épithètes opère pour éviter et remplacer le développement documenté des citations et références sur le sujet.

Zviaguintsev ne fait pas la critique de la religion ni du contingent politique dans ses films. À l’exception de Leviathan, dont le héros est un garagiste et sa femme ouvrière dans une industrie de poisson.

Une tragédie humaine chez des gens de travail et d’effort.

Les informations données par le « critique » nous dit que l’histoire du film est basée sur un fait réel, la politique s’exerce entourée de corruption administrative remplie de mafieux qui agissent sous la protection de la hiérarchie de l’église, nonobstant le nœud de la tragédie humaine réside principalement dans la trahison de sa jeune femme infidèle qui l’a trompé avec son meilleur ami et, qui  de surcroît est son avocat dans cette sordide affaire d’expropriation de sa maison.

Le héros vit une double tragédie, la personnelle, intime, l’infidélité de sa jeune femme est suivie par son mystérieux assassinat et la persécution odieuse du Maire qui l’exproprie et détruit sa maison qu’il avait lui-même construite.

Les calamités  et injustices que subit le héros vont en crescendo pour déboucher dans un paroxysme de malheur où il se voit arraché non seulement de sa propriété, symbole de toute une vie de travail « de ses mains » comme il le dit lui-même, mais aussi arraché de son bien le plus précieux, sa liberté, la perte de sa liberté se fait acte dans sa condamnation à la prison, accusé encore une fois injustement cette dernière fois, pour l’assassinat de sa femme.

Ce qui reste comme substantif dans ce film est d’une part la mise en œuvre des forces antagoniques du bien et du mal, et d’autre part la réflexion métaphysique qui transcende et se dévoile par-delà toute critique contingente du fait religieux ou social-politique.

L’art de Zviaguintsev n’est pas « un art engage. » Léviathan n’est qu’une réflexion métaphysique sur la vie, la mort, l’amour, le travail et les forces obscures du destin qui agissent  ici-bas, œuvrant diaboliquement et aidés par les êtres humains pervertis. Comme toujours dans tous les films de Zviaguintsev l’essence métaphysique se dévoile dans la voix des personnages qui parlent à mi-voix des phrases brèves, c’est sa grandeur de cinéaste, le cinéma n’est pas du théâtre, c’est le regard et les gestes qui remplacent des dizaines des pages de littérature ; la rencontre avec le prêtre orthodoxe qui fait ses courses  dans son village et qui le questionne, l’exhorte à se rendre à la messe, à prier, mais le héros lui répond du fond de son abîme : « c’est en allumant un cierge que je vais faire revenir ma femme », « il est où ton Dieu miséricordieux ? » Et, une fois seul, il se dit dans un monologue intérieur, en exhalant un soupir de désespoir … « Pourquoi mon Dieu…Pourquoi… ? »

En dépit de traiter un sujet manifeste la corruption mafieuse en Russie, ni Leviathan ni les autres films n’ont pour sujet principal un « message engagé «  soit-il  avec le politique ou avec le religieux.

C’est une vision et perspective existentielle faite image et accent qui participe  du même souffle  à celles exprimées dans toute  oeuvre de Cioran. Une parenté se dessine et se dévoile, elle surgit du désespoir métaphysique dans le message cinématographique de Zviaguintsev.

 

LA MUSIQUE

La musique, dans Faute d’amour, est l’expression de la figure de la Mort comme jamais n’a été dite avec les compas en percussion. Elle est la figure musicale menaçante, elle s’approche lentement, le son d’une sonorité presque inaudible avance pour briser le silence d’une sonorité éclatante, pour finalement arriver en crescendo au climax et attraper le destin et les personnes dans ses griffes écrasant toute espérance, détruisant à tout jamais le moindre espoir.

Les frères Galperine construisirent ce socle de « musique » anti-musique qui représente le fatum, la musique est une figure à part entière qui dès son langage percutant s’érige solitaire, imposante occupant toute sa place ; elle  se réclame d’un rôle indépendant dans le film et en dehors de la participation des héros.

Il paraît que chez les journalistes la surdité n’est pas uniquement  réduite à la seule composante métaphysique, mais s’ajoute à celle-ci la musicale, ils ignorent que c’est Arvo Pärt, auteur virtuose de  musique sacrée qui a composé la musique du film « Le banissement », Zviaguintsez y a introduit Le Kanon  Pokajanen et, le Kyrie Eleison, essence de la musique sacrée, or ne savent-ils pas ce que la musique essentiellement religieuse veut dire comme message ? Il n’y a pas de fondement pour argumenter que Zviaguintsezv fait une critique du fait religieux, du sacré, il est bien le contraire. Il existe ici une exaltation cosmique du sacré qui s’unit profondément aux conflits humains des héros principaux : le  couple qui est présent dans tous ses films.

La musique surgit dans une tonalité de  clair-obscur, elle apparaît dans les moments les plus culminants, pour œuvrer en faisant office d’une toile de fond des scènes figées et dans les longs silences des héros, dans les courts dialogues, les plus poignants, la musique fait irruption dans des tonalités qui sortent d’une prière  d’outre-tombe, la musique d’Arvo Pärt est une constante prière sacrée de l’âme, si c’est cela un choix antireligieux dans les films de Zviaguintsev, il faudrait  aussi recadrer ces critiques qui restent sourds et aveugles à l’essence de son art.

L’intentionnalité esthétique de remuer les tréfonds de l’âme dans cette tragédie humaine où des obstacles d’entente au sein du couple ferme à tout jamais la possibilité de dialogue. Dans ce film il est rompu le dialogue magique entre ce Je-Tu, homme-femme, l’entente des dualités opposées a été anéantie avant même qui se dessine le tragique dénouement.

Ils ont parlé de dénonciation et critique religieuse dans les œuvres de Zviaguintsev ?

Arvo Part est  de confession religieuse chrétienne orthodoxe, or il serait urgent d’effacer vos commentaires absurdes. Zviaguintsev lance une critique aux dérives mafieuses d’une administration cléricale qui oublie l’essence de l’affaire religieuse et qui a pervertit et l’essence  d’une lignée des mystiques qui nourrirent l’esprit des russes et toute sa tradition littéraire  et musicale. Dans Léviathan, le sujet est le récit d’une victime qui ne peut se défaire d’une injustice féroce où la hiérarchie politique agit de pair avec celle de l’église dans ses actes mafieux, l’administration judiciaire les suit dans la même voie, laissant le héros principal soumis dans le néant de la prison. Les êtres humains sont pris entre les griffes de l’administration. Voyez-vous des différences avec votre Occident ?

Les dérives obscènes et criminelles de prêtres et les mafias politiques, s’empressèrent ensemble dans la destruction de l’humain au profit de leurs intérêts de domination ;  les uns pour pervertir la pureté du sacré, les autres, pour réduire les citoyens en un conglomérat amorphe et obéissant à leurs diktats, c’est cela de nos jours, l’affaire religieuse et politique. Mais, la perversion n’est pas une généralité.

Cette critique de la déviation du fait religieux et politique chez Zviagiuintsev ne peut se traduire, comme les « critiques » le prétendent, en condamnation d’un sentiment ou d’une expérience du sacré.

Les critiques français, éloignés et ignorants  de la culture russe, n’ont qu’une seule préoccupation, faire des comparaisons avec leur propre culture, forçant celle d’autrui à entrer dans ces canons. Zviaguintsev ne fait pas une critique pamphlétaire du fait « religieux-politique » il n’est pas non plus un moraliste. Il y a aussi la morale sans religion.

Sa critique acerbe est manifeste dans son film Leviathan, parce que le sujet principal de son œuvre a un rapport direct avec une expropriation sauvage dont un homme est victime d’un acte criminel mafieux où se mêlent les autorités du gouvernement et cléricales. Ce sujet est absent dans ses autres films, où la condamnation ne se fait que par quelques touches de pinceau. Quelques exemples ? Dans Le Bannissement, la critique religieuse se dévoile dans la décision du mari, fruit d’une équivoque inventé par sa femme, de la faire avorter en secret pour éviter la médisance du village et la condamnation de l’église, chez Elena, la critique ne prend que trois prises, qui montrent Elena dans un faux rituel d’allumage des cierges à l’église qu’elle n’a pas l’habitude de pratiquer, dans  Faute d’Amour, deux scènes mettent en valeur la description de l’emprise religieuse dans les affaires de la vie sociale, la première  scène est celle qui nous montre Boris et son collègue de travail à la cantine de leur entreprise, la seconde, est la conversation qu’entretient par quelques minutes Genia avec son esthéticienne au salon de beauté.

La France a réussi avec les premier Daech de l’histoire française à couper des têtes et  à bannir le religieux, la République laïque omniprésente a écarté définitivement l’influence de l’église, le pouvoir du religieux a été remplacé  par les mafias politiques qui agit depuis sa forte hiérarchie administrative mafieuse au sommet de l’Etat français, actif et puissant il contrôle pour  restreindre subrepticement non seulement l’expression de tout élément du sacré, mais le plus grave sera la mise en place officieusement d’une gérance d’un simulacre de liberté dans la vie active des citoyens qui  est fermement contrôlée, mais cela forme partie de l’omerta française.

Zviaguintsev parle dans le documentaire qu’être artiste indépendant est difficile en Russie, il ignore ce que signifie d’être un  illustre inconnu en France, or il y aurait sujet à discuter. La France n’acceptera jamais de repli de sa vanité démesurée que devant les génies qui ont acquis la reconnaissance sociale. Les rares artistes de valeur qui ont été volontairement mis à la marge par les mafieux, formeront partie des oubliés, luttant jusqu’à la fin  de leurs vies insérées dans le Mythe de Sisyphe, en perpétuelle « lutte pour la reconnaissance » (Axel Honneth.) Cela Zviagintsezv l’ignore… L’histoire de la Russie a été complexe, paradoxale et jamais linéaire et facile, elle est faite des tragédies que nous subissons jusqu’à notre troisième génération ; ces faits tragiques de l’histoire qui tournent et retournent se détruisant mutuellement. Nonobstant et, paradoxalement, le sentiment du sacré quelle qu’elle soit la religion resta intact. La critique de Zviaguintsev ne va jamais au « sentiment religieux » mais à sa « hiérarchie mafieuse ».

Cependant à différence de l’histoire française, la Russie, en dépit du goulag et de la destruction acharnée de tout symbole religieux, ce banissement ne s’est pas opéré aux profondeurs de leur esprit ni n’est resté comme un acquis  absolu au sein de la société russe.  Le communisme avait réussi à bannir le religieux, mais le sens du sacré resta intact. Les acquis destructeurs sont essentiellement différents entre la France et la Russie, ce que la Révolution française a obtenu comme son plus grand succès d’anéantissement fut double, premièrement elle réussit à séparer l’administration cléricale de son influence au sein de l’Etat, et ensuite elle réussit un anéantissement du sacré dans l’imaginaire psychique des citoyens, au même temps que ce changement opéra amplement au sein de toutes les créations de la culture française. L’église  ne détient à présent aucun pouvoir, mais le plus significatif est qu’il y a eu un déracinement  du sacré dès son socle et qu’il a été  est perdurablement extirpé, laissant sa trace indélébile dans les lois et les mœurs.

Cette mutation n’est pas propre à la France, mais s’est répandue dans l’esprit européen et avec la mondialisation tous les peuples se réclament d’une appartenance aux bataillons de la désacralisation de l’esprit et par conséquent, ils font partager cette même absence du sacré dans la création esthétique.

Les guerriers de la désacralisation des lois, des arts et de l’esprit des citoyens, ont gagné leur bataille pour instaurer le royaume du néant, nous sommes à présent dirigés par les banquiers qui nous imposent leurs lois, nous survivons sous le joug et le règne des mafias politiques qui nous dirigent. Ils remplacèrent les anciens régimes si détestés !

Le matérialisme a  délogé à tout jamais la « Réelle Présence » et nous assistions à sa définitive « Réelle Présence de son absence » (G.S.), inséré profondément dans l’esprit des européens. L’anéantissement du religieux  étant un acquis définitif et irrévocable qui  s’est fit acte dans le désapprentissage des Arts, de l’histoire et de la littérature, ont créé des effets durables que se développent à l’infini ;  à présent ils permettent que des avalanches de faux journalistes, s’érigent de nos jours en critiques de d’art exerçant dans tous les registres, pour l’heure ce qui nous intéresse est la critique de cinéma russe.

Les écrits publiés sont sans conteste dépourvus de l’essentiel et ils font preuve d’un éloignement absolu de l’œuvre elle-même, faisant preuve d’une incapacité d’interpréter le cinéma de Andreï Zviaguintsev, c’est un cinéma fait essentiellement des composantes métaphysiques, mises en œuvre en éternelle paradoxe, faisant toujours agir les héros dans des situations limites et tragiques, où la critique caustique sert à donner plus d’accent dans ce « non-retour » du fatum et c’est ce qui les rend férocement humains comme l’est la vie des personnages « agoniques » pour employer un terme désigné par Don Miguel de Unamuno

 

FAUTE D’AMOUR. LE THÈME DE FOND.

ÉMOTION ROMANESQUE ET AMPUTATION.

Dans  Faute d’amour il n’y a qu’un seul sujet qui saisit toute l’action et qu’empoigne la sensibilité du spectateur à lui  couper le souffle :

Et, personne n’en parle, un signe curieux, ils ignorent même le titre !

C’est à la dérive que les écrits évadent le sujet pour s’échapper vers la tangente et nous traîner de force vers le politique-social.

Ici il est question exclusive d’un seul sujet : l’Amour.

La tragédie de Faute d’amour naît des méfaits de l’absence d’amour, les personnages sont prisonniers d’un manque d’amour, d’un amour amputé dès la naissance. Ici il y a un manque irréparable, qui s’aggrave parce qu’il n’y a pas eu de préparation ni d’apprentissage à l’Amour. Ensuite, il existe un deuxième manque, l’intelligence en amour.

Nous savons grâce à Dante depuis qu’il fait l’éloge de Béatrice que l’amour est un don de l’intelligence « lei ha l’intelligenza dell’amore »

Erich Fromm dans son traité L’Art d’aimer  definit l’amour comme un art qui s’apprend, il n’est pas question d’instinct seulement, il n’est pas un hasard dont nous serions les victimes dociles à subir les effets… mais il est un apprentissage qui débute au berceau et qui se transmet de génération en génération. Quand il y a rupture et manque  à ce devoir de transmission, la chaîne est rompue et les préjudices ineffaçables.

Nonobstant, dans cette tragédie  quelque chose de terrible se passe chez les personnages de Faute d’amour et nous allons le voir ensemble.

Bien que le film est une tragédie humaine où le sujet central est l’absence d’amour, ce n’est pas la politique russe, les interdits religieux, les dérives du consumérisme, les méfaits de notre époque post moderne, les sujets principaux qui génèrent  le fatum et les éléments qui composent l’imaginaire des héros et qui nourrissent l’action,  quand bien même ces sujets propres à notre époque sont tous présents, ils ne forment pas partie des pôles de la tension dramatique ni le fatum qui  agit inexorablement dans les passions des personnages et le tragique dénouement de l’émotion romanesque.

La prison où sont enfermés les héros est un enfermement existentiel dont ils ne peuvent pas s’en défaire, d’une part il est le résultat d’une incapacité à donner et à recevoir l’amour, ce sentiment ne va pas de soi que chez la mère qui par instinct aime son nouveau-né. Il faut que des composantes très traumatisantes empêchent cet élan naturel instinctif, ce dont souffre l’héroïne Génia. Elle a reçu en héritage cette amputation d’amour maternel, mais, ce manque d’amour maternel l’a-t-il définitivement incapacité pour prodiguer de l’amour à son fils ?

Les critiques sont unanimes dans l’exercice de la condamnation, et agissent comme des juges au tribunal en train de juger des êtres de la vie réelle, or nous sommes face à des êtres romanesques, symboliques et fictionnels.

Nous analysons cette tragédie romanesque bien différemment.

LE DÉSAMOUR.

Il s’articule en quatre pôles incarnés par des personnages qui les modulent sur des formes différentes, cette modulation est visible et sensible dans les scènes et dialogues suivants.

LE DÉSAMOUR D’UNE FILLE POUR SON PÈRE.

 

Génia, l’héroïne exprime du plus profond de son incapacité d’expression amoureuse une soif d’amour qu’elle croit combler auprès de son amant. Lui-même, il est le seul à paraître le plus adapté et sans complexes à l’expression amoureuse dans tous les registres, manifestant une tempérance analytique touchante, il sait s’exprimer par des actes et paroles.

Quand il entretien une conversation avec sa fille éloignée de lui, au Portugal, il l’invite à Moscou, mais elle avec un mépris propre à sa génération est capable de dire à son père : « Que vais-je aller faire à Moscou ? »

Il lui répond : « me voir moi ! »

Elle finit la tentative d’approche de cet amour paternel en lui disant : « Mais, je te vois ! »

Le contact d’amour d’une fille avec son père, n’est entretenu que par le « virtuel » effaçant tout contact physique. Dans cette scène nous sommes face au degré maximal du mépris et de  désamour. Désamour et désintérêt des plus graves, parce que le rapport entre eux est un lien de sang, on peut facilement divorcer d’un partenaire, on ne divorce jamais de ses parents.

Voici la version d’un amour paternel méprisé.

DÉSAMOUR MATERNEL ET FILIAL RÉCIPROQUE. BINÔMES ANTINOMIQUES DE HAINE.

Le cas d’amputation d’amour maternel est présenté entre l’héroïne principale Génia et sa mère, Génia reproduira dans son âge adulte le modèle de désamour reçu de sa mère dans son enfance. La scène de leur violente rencontre dans la maison de campagne est le symbole de toute une vie de désamour et d’incapacités partagées. Mais, Génia, est-elle  la mauvaise mère indifférente incapable d’aimer son enfant Aliocha ? Encore une fois l’exégèse des personnages se dirige vers un dessin en rectiligne et dépourvu de nuances. S’il s’agissait des « monstres » pour emprunter le mot de Zviaguintsev dans le reportage, les personnages ne poseraient aucune problématique ; il y a des cas dans la vie réelle des parents et des enfants qui ont perverti leur rôle et se conduisent en véritables monstres, en revanche en Faute d’amour, s’ils sont si bouleversants c’est parce que ce qu’ils représentent n’est jamais en sens unique, ils ne sont pas de bloques symboliques d’un désamour confirmé.

Ils sont des êtres souffrants, ambigus, aux sentiments ambivalents, et surtout emprisonnés dans leurs propres erreurs commises de manière involontaire parce que déjà prédestinés à une vie amputée, à vivre et revivre leur incapacité aussi bien à donner comme à ressentir un véritable amour et à construire leurs vies sur cette inspiration amoureuse, qui devrait devenir une constante existentielle : l’expression du seul sentiment pour lequel la vie vaut la peine d’être vécue.

En dépit de ses déclarations et malgré la dureté de son langage l’intérieur sa vie psychique fait preuve de vivre dans un autre registre.

C’est quand l’Homme est obligé de vivre une situation limite et désespérée que se révèle et se cristallise dans son intérieur psychique la vérité de son âme.

C’est dans la scène de la morgue où culmine la tragédie que devant le cadavre de l’enfant, Génia déferle dans une explosion de pleurs et de hurlements ; elle s’écrie :

« Jamais je ne te l’aurais laissé ! »

« Je ne l’aurais laissé à personne ! »

« Pour rien au monde ! »

Quelle femme, quelle mère, parent pourrait rester insensible à la morgue face au cadavre potentiellement vrai de son enfant ?

La vision de la mort dans un lieu le plus abject qui ne puisse accueillir un être cher, est le lieu de la vérité absolue, le point limite où il n’y point de tricherie et que l’intérieur le plus caché se dévoile avec toute la force du tragique. C’est cette vérité hurlée, criée, pleurée celle que  Génia, cachait et se cachait elle-même, sans jamais s’avouer son attachement  son fils.

Vérité sensible et terrifiante qui donne la réponse d’un avant et d’un après la tragédie.

L’apprentissage à l’amour dont parle Erich Fromm est essentiellement une question d’esprit, par essence personnelle qui devra obéir à multiples composantes qui interviendront dans sa réussite. N’oublions pas que cette perspective de l’art d’aimer, est traitée et faite art par le poète Rûmi, qui excelle dans  la description de l’amour, R.M. Rilke et Khalil Gibran, pour ne citer que des exemples les plus décisifs. Fromm met l’accent sur la question de la « créativité », faisant un intéressant rapproche à l’Art, comme  nécessité d’apprentissage préalable à son exécution. Se préparer dans la vie à donner de l’amour est un art qui s’apprend, nonobstant, notre désaccord se centre sur sa focalisation dans une seule possibilité de réussir l’amour dans la vie et de croire que la capacité de donner l’amour serait compromise à la seule volonté, la discipline, al patience et la foi ; ces vertus, tous ces composantes sont indubitablement  génératrices d’une préparation pour réussir une vie affective mais il y  des personnes aux constitutions spirituelles solides, aux structures raffinées du sensible innées et hors norme ; il y a des personnes douées pour  ressentir et donner de l’amour et vivre en amour dès leur naissance et malgré des circonstances adverses. Il y a des êtres doués d’une bonté et d’une capacité d’amour océanique, des êtres d’exception qui sont capables de bouleverser le cours de la Vie et dès leur seule présence, ces êtres sont capables de protéger à tout jamais l’existence de leurs proches grâce à leur amour ; ces » êtres aimants » dont l’exercice premier de leur vie n’a été qu’amour, sont les garants de la réussite affective de leurs descendants. Ce dont ignorent les héros romanesques de Faute d’amour

Nous faisons un bref portrait de ce que l’amour maternel veut dire, amour sauveur qui protège à vie comme le meilleur antidote contre le Mal.

L’amputation amoureuse est-elle plus forte que le désir de surmonter ces manques et incapacités pour vivre l’amour véritable ?

La tragédie de Faute d’amour nous interpelle et laisse ouverte la réponse à la manière des grandes tragédies russes.

Avant de fermer cette étude, nous allons prendre le dernier discours de Zviaguintsev, il nous dit de prendre les personnages de Faute d’amour comme des « spectres » qui nous permettront de réfléchir sur notre propre existence et notre relation aux autres au monde, certes, mais ils sont de « fantômes », des spectres merveilleux qui nous tiennent en suspens, sans haleine de tant émotion transmise et qui resteront avec nous, non pour la durée du film, mais pour toujours ; Zviguintsev est et restera « un classique », pour emprunter une citation de G. Steiner qui a dit «  qu’est-ce qu’un classique ? Celui qui se lira toujours et qui donnera toujours une nouvelle lecture ».

A ce propos, l’analyse qu’a faite le peintre Hernan Gazmuri, lors de sa conférence sur La peinture moderne en 1933 explique parfaitement l’exégèse ici donnée, il y a opposition entre la vision du cadavre de l’enfant et les personnages romanesques, « spectres » qui nous hantent et nourrissent notre imaginaire. Le peintre Hernan Gazmuri cite une phrase d’André Lhote, son maître :

 « Une esthétique nouvelle est comme l’habitation de l’assassins obsédé par le fantôme du mort » et, Hernan Gazmuri ajoute « Mais si un fantôme est une chose merveilleuse, il ne l’est pas pareillement un cadavre. […] La nécessité de vivre, armera à chaque occasion d’une dague assassine, la main anxieuse de la jeunesse. L’obsession tourmentera son repos, il est son plus grand privilège, la sublime  garantie de l’infatigable activité de l’esprit.

Une ronde de fantômes qui se rend à célébrer la Mort, ne se rende-t-elle, en vérité, à célébrer la Vie ? »

La peinture Moderne

 Conférence 1933

Hernan Gazmuri

 

Nadezhda Gazmuri-Cherniak

 

 

 

LES MOTS AVEC ET SANS CONFINEMENT – LES GRADINS DU CIRQUE POLITIQUE QUOTIDIEN

21 avril, 2020 (18:10) | Non classé | By: Nadezhda Gazmuri-Cherniak

Nadezhda et sa Maman fin 2013, juste avant  l’assassinat

 

             LES MOTS

 

      AVEC OU SANS CONFINEMENT

 

      LES GRADINS DU CRIQUE POLITIQUE QUOTIDIEN.

 

 

« La nature profonde de tout mensonge aussi concret que soit son objet, est de faire naître l’erreur sur le sujet qui ment : car il consiste, pour le menteur, à cacher à l’autre la représentation vraie qu’il possède. »

Secret et sociétés secrètes.

                                                        George SIMMEL

P. 15

« Quand quelqu’un fait quelque chose de bien pour la société, elle se chargera bien pour qu’il ne le fasse pas une deuxième fois »

                                                                Maximes

                                                                GOETHE

Chers Lecteurs,

Ce matin je vous invite à parler des réseaux sociaux et des dernières nouvelles de politique sociétale faites des mots.

S’informer par les médias  sur la politique, culture ou manque de culture phénomène bien français, sert de thermomètre sociétal, si l’information  captée rapidement sur les écrans est suivie par une critique sur les réseaux sociaux, nous devrions espérer qu’elle ait suffisamment de force pour motiver un mouvement sociétal suffisamment actif pour que les anomalies soient remédiées.

Si poster des commentaires sur les réseaux sociaux servait à créer quelque chose de bien cela se saurait, mais non, détrompez-vous, poster des critiques ne sert à rien, ayant fait l’expérience pendant quelques mois, je peux vous dire que critiquer par le moyen des réseaux sociaux ne sert qu’à deux choses bien précises et j’ai déjà fait l’expérience l’année dernière  sur Linkedin où une élue du gouvernement m’a fait virer par le Service direction parce que j’ai exprimé « mon désaccord » sur la publicité ostentatoire faite des photos qui illustraient un livre  d’une exposante du Lobby LGBT ; or  un désaccord personnel ne veut pas dire autre chose que désapprouver. Qui serait assez idiot pour prétendre interdire des lobbys de tout genre qui agissent avec tout leur pouvoir en France et qui sont en parfait accord avec la LOI du pays ? Personne. En revanche, il n’existe aucune loi qui nous interdise d’exprimer notre désaccord à la « publicité ostentatoire » des Lobbys homosexuels, qui ont obtenu les droits au mariage pour tous, à la GPA, PMA et mères porteuses ; nous ne sommes pas en train d’exprimer une volonté d’interdiction, mais uniquement de désaccord, puisque ils sont un attentat contre l’humanité, un viol anthropologique;  car,  dans l’hypothèse où nous ayons la malheureuse volonté d’exprimer  notre volonté d’interdiction, ô paradoxe juridique français !  C’est nous qui serions les « hors la loi ! ». Ces lobbys agissent en total accord avec la loi française et, nous formons partie des  rares membres très minoritaires qui expriment un « désaccord », c’est nous qui sommes des anormaux et des êtres marginaux de la société, c’est ainsi faite la loi française, l’erreur devient par décret une vérité, l’anormal est devenu normal et, le pire des attentats philosophiques qui ne s’est jamais produit dans ce pays des Lumières : le vice a été légalisé comme VERTU.

J’ai dû récolter des insultes publiques de la dite « élue », l’on m’a dit que cela n’était pas si grave, car j’aurais pu la dénoncer uniquement si elle m’avait attaqué sur des questions intrinsèquement professionnelles, mais non pour une question de simple « opinion », certes, quelle importance peut-il exister dans le simple fait de bloquer mon compte Linkedin ? Aucune. Et, le fait de m’insulter publiquement ? faire appel l’infraction pénale de calomnie et dénonciation ? Perte de temps dans le tribunal. Cela ne fait que porter atteinte à sa qualité de personne « sans qualités » en manque de savoir-faire et de savoir vivre, car en quoi ce fait anodin pouvait m’interdire de poursuivre l’expression de mes idées ? En rien, ni ses insultes ni le blocage de mon compte ; je peux vous assurer que jamais je ne rouvrirai un compte sur ce site mal nommé « professionnel »

Sur Twitter, l’interaction ne sert qu’à deux choses bien précises, ou bien vous recollectez des « likes » ou bien vous vous faite insulter par le groupe des lecteurs qui ne partage pas vos idées. Quelle importance peut-il avoir dans le fait virtuel de se lier avec des personnes qui sont de votre bord ? Quel intérêt peut exister de se réunir virtuellement pour « être tous d’accord »  sur un même sujet ? Cela se produit au sein des partis politiques ou dans des congrégations religieuses et, là il y a aussi des discussions exégétiques  bien  plus agitées ! Il est tout le contraire dans le domaine de la pensée intellectuelle !

Qu’il s’agisse d’un accord total et plat, ou des aversions insultantes, j’avoue que les deux  me sont insupportables et je vais vous dire pourquoi.

L’écrivain Pio Baroja, grand anarchise intellectuel, entrait au café et disait à ses amis : « De quoi parle-t-on pour désapprouver ? »

Nager sur un océan tranquille dans le monde des idées n’entre pas dans l’espace de mon intérêt intellectuel, or si vous n’êtes pas d’accord avec moi, je m’en réjouis, mais je vous exige que vous me disiez pourquoi ! Argumentez !

À présent, c’est moi qui suis partie de Twitter et fermé mon compte interactif pour ouvrir un autre sans aucune correspondance sur l’actualité politique et ne maintiens qu’un compte pour annoncer mes nouveautés sur mes sites personnels de mes deux activités artistiques, la peinture et la littérature.

 

La critique sociétale sur les réseaux sociaux, doit nous servir comme préambule à l’action, ceci est vrai tout particulièrement sur le champ politique,  si elle ne sert qu’à récolter des « likes » ou des aversions infondées, suivies d’insultes, il est une erreur de notre part d’insister et notre critique devra rester sur la page écrite, car c’est l’écrit sa vocation première, elle n’est autre que celle d’enseigner et de penser par écrit comme tant d’autres l’ont fait en se liant à la chaîne de la culture universelle sans besoin de réseaux sociaux.

Toute critique sociétale doit rester circonscrite à la réflexion socio philosophique et restreinte au domaine d’un pur exercice l’intellectuel ; qu’elle soit lue et approuvée, nous nous disons dans notre for intérieur, oh, tant mieux ! Le message a été compris. La critique doit  rester dans le silence de l’écrit, pourque qu’elle soit lue par celui qui le voudra, cela n’est plus le problème de l’écrivain, il restera un souci journalier pour ceux qui se sont affiliés aux vedettariat parisien…

Les réseaux sociaux agissent avec leurs règles de conduite très semblables à celles des partis politiques, ou tout le monde est d’accord et si vous applaudissez, vous serez un de leurs, si vous êtes en désaccord et vous le dites, vous serez vite viré.

Le confinement a dévoilé des mots liés aux comportements inhumains et virtuellement criminels…

J’ai choisi trois qui délivrent le portrait des jeunes professionnels de notre temps…Les politiques ? Que disent-ils ? Il vaut mieux les ignorer, ils parlent tous les jours dans les médias pour s’installer  sur les gradins de leur cirque quotidien  et bien installées parler à la galerie les mêmes insanités.

 

Toute activité de l’esprit est par essence un acte comparatif.

 

 

ÉCŒUREMENT

Je viens de regarder et d’entendre une jeune avocate qui éclaircit les incertitudes qui se sont installées dans la loi du travail dues aux dernières dispositions du gouvernement concernant l’ouverture des écoles et la volonté d’exercer le droit au retrait des enseignants et travailleurs qui seront impliqués dans le déconfinement. L’expression d’inquiétude de la société se fait sentir sur le danger manifeste qui existe d’envoyer les enfants si promptement à l’école dans un cadre sanitaire des plus incertains de tout point de vue ; or  ce qui est important de sa déclaration n’est pas ces mots qui sont celle d’une parfaite professionnelle, cela est incontestable qu’elle est une parfaite avocate. Ce qui m’inquiète réside sur son insensibilité de MÈRE ! Je m’attarde sur ces défaillances de mère. Les qualités de mère ne s’apprennent nulle part. elles formant partie de toute femme bien faite. Cette avocate mère des enfants en bas âge, dit que même en ayant des craintes bien justifiées, elle les enverra toute de même à l’école, car… je la cite :

« Je n’en peux plus ! »

Elle  n’en peut plus d’avoir chez elle ses enfants, je suppose qu’ils sont assez turbulents comme le sont presque tous les enfants.

Je retourne aux récits de Maman sur mon enfance.

Quand elle préparait ses concerts et jouait sept heures par jour au piano j’étais en train de marcher sans cesse partout dans le salon, et me racontât que quand papa n’allait pas à l’atelier, il peignait au salon derrière le piano où jouait Maman,  moi je commençais à marcher, et il devait regarder vers le bas, chaque fois qu’il devait reculer de son chevalet, car je me levais à peine du sol et, c’est derrière l’espace où travaillaient mes deux parents que j’avais choisi comme lieu de mes jeux, c’est derrière lui, que je tournais comme une véritable toupie ! Mes parents ne m’ont jamais grondé, jamais, bien au contraire, ils considéraient que mes  jeux formaient partie de « mon travail matinal. »

Maman  m’a enseigné à parler, à marcher, à écrire, à compter, elle ne m‘a jamais « placée » ni à crèche, ni à l’école maternelle. Maman ne m’a jamais lu d’histoires pour m’endormir, elle plaçait une grande boite en carton pleine de livres pour que je choisisse moi-même ma lecture nocturne ; mes  livres étaient toujours renouvelés, car ils m’achetaient très souvent des livres merveilleux remplis d’illustrations, des contes russes, des fables, les contes d’Andersen, je  les adorais !

Je pense que ces livres pour enfants coutaient une fortune, rien de comparable aux illustrations rustres et grossières de celles qui remplissent l’imaginaire de ces générations habituées aux vulgarités américaines ou japonaises. Mes livres étaient des véritables œuvres d’art.

Je n’ai jamais été un colis entre les mains d’enseignantes, c’est Maman qui s’est occupée de mon éveil  au monde. Dès que j’eus trois ans, c’était mon père qui m’emmenait aux ballets qui arrivaient de Russie au théâtre Municipal, ensuite déjà adolescente je l’accompagnais aux expositions. Alors, je me demande, ces jeunes femmes professionnelles à quoi bon font-elles des enfants ? Pour les confier aux tiers ? Et, par temps de pandémie elles nous disent :

« JE N’EN PEUX PLUS ! »

 

Hier matin, j’allumais le poste de télévision très tôt, il est très fatigué, la moitié est caché par une tache noire due à un coup des déménageurs sur la dalle selon les dires des experts, il est impossible de le réparer, la tache coupe un quart de l’écran, et les sous titres ne sont pas lisibles, il va bientôt rendre son âme, mais pour l’instant je profite. Apparaît sur l’écran une très jeune femme, j’attends, je me dis qu’est-ce qu’elle va nous annoncer ?

La caméra s’approche et je la vois faire des grimaces, très  souriante

A qui parle-t-elle par intermédiaire d’un écran ?

À sa mère !

Que lui dit-elle ?

Sa mère sombre seule dans un EHPAD !

Je reproduis ses dires :

« Coucou maman chérie, comment vas-tu ?

On t’aime maman, je t’aime de tout mon cœur, bye, bye ! »

Elle souligne son tendre message virtuel à sa mère d’un geste lui soufflant des bisous !

Cette jeune femme se fait la publicité devant la caméra et pense-t-elle nous convaincre de son amour pour sa mère ?

Les français sont émus d’entendre une dame de 97 ans qui est restée isolée pendant toute la période du confinement, il y a plus d’un mis, interdite de la visite de ses enfants.

MA CONNAISSANCE DES EHPAD ET DE L’APA

MON COMBAT ET MON CALVAIRE  2000-013

A quoi bon poursuivre ma critique sociétale contre ces Centres Pénitentiaires nommés EHPAD ? Nous savons qu’ils sont une création française qui a essayé d’une très maladroite manière  de remplacer uniquement par le nom les anciens asiles où les enfants jetaient leurs vieux parents qui ne leur servaient plus ; ce changement de nom traîne avec lui jusqu’à présent, tous les vices, maltraitances et abus que l’imagination la plus scabreuses ne puisse aborder. Dans ces lieux où naît et se développe  sans restriction l’abomination contre les vieilles personnes, surgissent sans contrôle des cas criminels, toute sorte de maltraitances qui se  produisent  et reproduisent en catimini, commises par le personnel médical et « soignant ».

Les fatidiques années 2000  je les ai connues parfaitement, c’est fut la date où une Ministre socialiste vota la loi APA à l’Assemblée Nationale, loi qui naquit juste au moment où Maman fut diagnostiquée de sa maladie invalidante et qu’elle est devenue dépendante, oui, mais seulement  de moi, car je me suis opposée à tout placement obligatoire qui essaya en vain l’administration française.

En l’année 2000 commença  pour moi la période la plus néfaste de ma vie en France la date du début de mon calvaire de combattante contre les EHPAD et contre l’APA. L’administration française  je la connais en détail, tout comme les méthodes de ses fonctionnaires qui imposent lois, décrets et protocoles de prison. Dès que l’administration a su que Maman était atteinte d’une maladie dégénérative a voulu ipso facto me l’arracher pour « la placer. »

Maman était devenue pour l’administration un objet, une source mercantile pour résorber le chômage, quand ils ont vu mon opposition intransigeante, ils  insistèrent avec l’APA, qui venait d’être votée par la Ministre socialiste Madame Guigou !

J’étais prise au piège, impossible d’occulter que Maman était à ma charge et qu’elle vivait avec moi depuis notre arrivée en France…étant donné qu’en l’année 2000 je venais de quitter l’illustre Education nationale pour me consacrer à plein temps à soutenir Maman, l’administration atterrit chez nous comme des corbeaux… Pour m’obliger de force à signer le fameux contrat APA, il va de soi que je me suis opposée avec la même force qu’ils voulaient nous forcer à l’accepter contre notre gré.

Ces  deux formes ignominieuses auxquelles je me suis opposée dès le début fut une des raisons de l’assassinat de Maman en 2013.

Maman et moi-même nous nous opposâmes avec une furieuse fermeté à ces lois, et toute au long de 13 années je me suis vue obligée à mener une lutte administrative contre  ces deux formes d’avilissement carcéral.

Finalement, les agents administratifs  nous laissèrent tranquilles face à mon opposition aussi raide et brutale que leurs méthodes concentrationnaires et dictatoriales.

Mais, mon intransigeance face à leurs criminelles inventions nommées EHPAD et APA avait un noyau caché qui m’imposèrent sous forme d’échange : LE R.M.I.

À l’époque la somme du R.M.I. était de 350 mensuels pour une femme célibataire sans enfant ; avoir la Maman à charge ne faisait pas de moi une femme chef de foyer, or aucune prime ni garantie spéciale…Ensuite le gouvernement de droite changea le nom de l’avilissement et le nomme RSA ! Un changement de taille !

J’ai choisi treize années de RSA survivant d’une misère d’argent mensuel, ce pourboire qui me jeta l’Etat français en punition pour refuser ses EHPAD et l’APA ! Moi, j’ai vécu dans la misère qui ne me permettait même pas d’assurer l’essentiel pour moi-même, mais Maman n’a jamais manqué de rien. Je l’ai accepté pour pouvoir garder Maman chez nous et m’occuper d’elle sans aucune aide extérieure.

Ils me disaient : « C’est votre choix Madame ! Nous vous avons offert de la placer ! »

Ensuite, nous sommes devenus les Cibles que l’administration observait, contrôlait et était motif des rapports administratifs minutieux avant chaque signature du contrat RSA…Je subis  leur dictature en punition pour mon opposition aux lois françaises.

Il y  avait un chômeur que je n’aidais pas et l’Etat socialiste ne pouvait pas le résorber grâce à l’invalidité de maman ! Par la suite la droite au pouvoir maintint les mêmes lois, la droite et la gauche unies dans la même ignominie contre les vieilles personnes, la politique devint pour moi une peste nauséabonde, l’organisation de la cité française un opprobre, mon amour pour la France une honte et une culpabilité qui ne me quitta plus jamais.

Avec mon refus intransigeant de l’EHPAD et de l’APA, j’interdisait à l’Etat français de payer une aide à domicile, une infirmière une aide-soignante pour Maman, enfin, j’interdisais l’entrée chez nous d’un bataillon des personnes qui auraient transformé notre foyer et notre intimité en EHPAD à la maison !

Rien de cela ne leur fut possible, ma porte resta fermée à double tour. C’est ainsi que nous sommes devenues les Cibles d’un Moobing administratif-politique terrifiant qui finit avec l’assassinat de Maman au moment où son infarctus les avait donnés la chance unique de la trouver dans un moment de faiblesse et de manque absolu de défense contres ces assassins. Mais cette période de l’assassinat de Maman ne débute que fin 2013. Vous savez à présent pourquoi ma révolte contre les EHPAD ;  il ressurgit chez moi ces  13 années de calvaire.

Dès à présent je ferme mes écrits critiques sur les crimes français, je suis consciente que seule avec mes écrits, je ne pourrais jamais intervenir pour faire ce « quelque chose de bien pour la société, parce qu’elle se chargera bien pour que je ne le fasse pas une deuxième fois » et se ferait acte et vérité cette maxime de Goethe.

Avoir des aspirations altruistes ne sert qu’à éveiller un étonnement hilarant ; connaissant la capacité cérébrale des fonctionnaires de l’Etat et la mollesse de la société française, je m’épargne dès à présent une dépense intellectuelle et  affective qu’ils ne méritent point.

Nadezhda Gazmuri-Cherniak

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MOZART L’ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ISLANDE: SUBLIME

21 avril, 2020 (08:21) | Non classé | By: Nadezhda Gazmuri-Cherniak

Les phrases de Mozart, n’ont jamais été exprimées avec une si sublime délicatesse musicale…Il y a une compréhension profonde de son art. L’Islande est un pays d’une maturité artistique exceptionnelle.

 

ARVO PÄRT MUSIQUE SUBLIME ENTRE L’ORIENT ET L’OCCIDENT

13 avril, 2020 (10:00) | Non classé | By: Nadezhda Gazmuri-Cherniak

ARVO PÄRT   

 

Musicien sublime, créateur d’une musique classique qui fait une symbiose entre  l’Orient et l’Occident..Religieux, doué d’un suprême talent.

Dans ce mois sacré il est une nécessité absolue de l’écouter, voici une prière faite musique.

Amin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

AMIN

12 avril, 2020 (11:42) | Non classé | By: Nadezhda Gazmuri-Cherniak

LES LAMPES A PÉTROLE ET LE PUITS : LOS “CHONCHONES” Y LA NORIA

5 avril, 2020 (14:00) | Non classé | By: Nadezhda Gazmuri-Cherniak

 « LOS CHONCHONES » Y LA NORIA

 

 

LES LAMPES À PÉTROLE ET LE PUITS

 

 

                           LES RETRAITÉS

                         AU SEUIL DE PAUVRETÉ

DEVRAIENT REFUSER L’ESCLAVAGE DE L’INTERNET

                  ET DU TÉLÉPHONE PORTABLE.

    

Quand je suis née, mon père s’est mis à construire une cabane au bord de la mer, il la peigna de couleur orange et l’entoura des pins et d’eucalyptus, dans un  lieu à l’époque poussiéreux et, très peu habité nommé « El Quisco », il se trouve à coté de « La Isla negra »

 Il surveilla la construction de cette cabane et, il la lui offrit à Maman.

Il fut le premier vrai écologiste sans parti, et il me donna cette éducation qui a été, la meilleure  formation spirituelle, de cela j’en suis certaine, pour supporter sans faiblir, toutes les privations et conséquences les plus dures et éprouvantes que cette France post moderne n’a jamais cessé de me donner, ce flamboyant mépris français qu’on m’a offert rempli de « fraternité » en réponse à mes efforts pour m’installer dans mon éternelle « lutte pour la reconnaissance » (A. H.)

Mon père avait une idée bien à lui pour faire des deux mois de nos vacances d’été une parenthèse idéale, il l’organisa  de manière définitive et installa une coupure absolue et sans concessions avec notre vie citadine à Santiago.

Il se refusa d’installer l’électricité et l’eau courante, nous avions un excellent puits d’eau cristalline, il y avait trois façon de l’extraire, soit de la manière la plus simple quand le besoin d’eau était restreint à l’aide d’un sceaux où l’on attachait une corde, ou bien avec une pompe, le container était installé très haut soutenu par une haute construction des piliers en bois massif, en bas, sur un socle en pierre était installé sur une estrade en bois, la manivelle qu’on utilisait manuellement, elle descendait  et montait le sceaux métallique. J’ai trouvé un dessin fait dans mon enfance.

Notre vie était heureuse et paisible, le était jardin immense, là- bas il ne nous manquait ni de la place pour vivre ni de la nourriture qui ornait la table  en abondance ; le Chili était une terre nourricière, un paradis qui ne laissait en rien augurer des catastrophes, une terre fertile, sans pesticides où fruits et légumes avaient la saveur et le parfum d’une puissante vérité. Ce que les dernières générations ne connaissent point, elles reçurent un pays massacré et  ils ne peuvent avoir que la vision d’un désastre programmé.

J’ai reçu une éducation partagée entre deux mondes ; la modernité de la capitale et la vie rustique parfumée faite du sel marin et du chant métallique des immenses eucalyptus.

Les journées étaient partagées entre matinées et après-midis, ensoleillés, je les passais avec Maman au bord de la mer, toutes mes journées furent bercées du chant de l’océan toujours avec Maman, assises toutes les deux sur le sable fin de la plage, et les soirs, à l’heure de la tombée du soleil, commençait le rituel de l’allumage des « chonchones » les lampes à pétrole que Maman allumait souriante et patiemment, c’était papa qui assis au salon lui disait: « ça y est, plus de lumière, c’est l’heure d’allumer los chonchones ! »

Mon père se chargeait du rituel de remplissage d’eau et Maman était chargée du rituel d’allumer tous les soirs los « Chonchones », les lampes à pétrole.

Une fois par semaine, il fallait nettoyer les « mèches » pour qu’il ne sorte pas une flame noirâtre, c’était tout un rituel auquel j’assistais émerveillée ; pour une enfant, il est une question des plus extraordinaires observer tous ces gestes simples et laborieux pour obtenir de la lumière, ils ont un sens poétique et transcendant…Si celle qui l’exécute est  notre Maman, il revêt du miracle.

La lumière ne s’obtenait pas d’un simple appui d’un bouton, et l’eau cristalline ne s’obtenait pas d’un simple geste pour ouvrir la clé du robinet, il fallait passer par trois étapes bien distinctes, aller au puits, descendre et monter le sceau et faire plusieurs voyages pour remplir les containers de la salle d’eau et de la cuisine. Papa remplissait d’eau  cristalline les deux containers et répétait la même opération trois fois par semaine.

Quand de retour à Santiago, nous revenions aux habitudes instantanées et dites modernes et confortables, je ne cessais pas de me souvenir de l’été passé et restait collé à ma mémoire les parfums et les saveurs d’une vérité qui ne se tarissait jamais.

Cette vérité arrive à présent depuis que je savoure le gout de la misère de ma retraite « au seuil de pauvreté », ces maudits 830 mensuels, qui ne peuvent pas suffire ni en France ni ailleurs, pour vivre une vie décente. Quand le paiement des factures et assurances reste une question  sine qua non, il va de soi que l’on regarde ce que l’on pourrait supprimer comme étant du superflu.

J’ai fait l’étude de ce que je devrais supprimer sans aucune analyse préalable pour effacer de dépenses mensuelles ce qui n’est pas absolument nécessaire, le premier  préjudice dont nous sommes victimes les pauvres et retraités réside dans les prélèvements de l’internet, téléphone et des consommations de l’EDF, ces trois prélèvements sont les causes des restrictions sauvages dans notre  budget mensuel, il diminue notre alimentation, toujours déséquilibrée, réduite au néant les dernières semaines du mois, car pour les retraités au seuil de pauvreté, ce n’est pas comme chez les salariés pauvres, « à la fin du mois » que débutent les restrictions, mais chez-nous c’est tout le temps étant les deux dernières  semaines du mois, une rude épreuve à pallier avec les sachets de poudre protéinique Clinutren !

Alors, je regarde les sommes d’argent, pour moi, pour nous, franchement exorbitantes  qui me volent les « serveurs » d’Internet, smartphone et de l’EDF. Pourrais-je m’en soustraire ? Évidemment !

J’ai écrit mes deux travaux universitaires, mon mémoire de maîtrise et mon doctorat sans Internet. Tout d’abord mon rapport de maitrise, je l’ai écrit avec une simple machine à écrire et il est dans la bibliothèque de l’Université avec ce type de police, la plus rudimentaire. Pour la rédaction de mon doctorat en sept exemplaires, en 1986, j‘avais déjà un ordinateur avec unité centrale et, j’ai pu l’enregistrer  sur des « disquettes » que plus tard avec les déménagements furent perdues à tout jamais.

A quoi bon je devrais me sacrifier, leur donner le numéro de mon compte en banque pour que tous les mois, ils me prélèvent des sommes qui pourraient me servir pour faire un peu de courses alimentaires ?

Pourquoi, devrais-je, stupide volontaire, continuer à leur donner mon argent aux industriels  et magnâtes qui se servent de nous pour remplir ses comptes faramineux et, spéculer en bourse, tandis que je souffre la famine la moitié du mois et jusqu’au jour où les pompes funèbres me descendront à mon caveau ?

Ils me privent de m’acheter une peu de nourriture ces critiques et deux dernières semaines du mois. C’est une indécence devant laquelle j’ai signé volontairement un contrat d’usurpation.

Ai-je besoin de l’Internet ?

Ai-je besoin de téléphone portable ? pas du tout ! Je vis en ermite, depuis que j’ai quitté l’Education nationale, je n’ai aucune vie sociale, or les deux moyens de communication m’indiffèrent, Avant j’avais Maman, le téléphone était un besoin absolu de survie ; il ne l’est plus à présent ; toute forme de contact devrait se faire par le moyen le plus simple, l’écrit épistolaire.

L’administration et la justice, mes interlocuteurs de privilège, ils sont tous les deux obligés d’employer ce mode de contact et pour la correspondance privée, les lettres sont le meilleur moyen de communication entre les personnes ; il faudrait revenir et redécouvrir la valeur des phrases exquises d’un dialogue épistolaire, il exige le respect de la langue et il s’unit de manière absolue à la déférence vis-à-vis  de notre interlocuteur, ce destinataire qui nous  demande silencieusement de lui consacrer du temps, penser à chaque mot, à chaque phrase avant de poster une lettre à forte charge émotionnelle et sémantique, l’une ne va pas sans l’autre. Pour poster mes articles, gérer mes sites de littérature et de peinture, une visite hebdomadaire chez un Cyber-Café me suffirait. J’ai déjà tout prévu.

Vous vous demanderez sans doute, mais qu’est-ce qui m’interdit à présent de prendre les mesures et de m’exécuter ?

Une raison très simple : je vis dans une chambre HLM de 15m2, où le besoin principal pour vivre, l’eau chaude exige l’EDF !

Cette minuscule chambre pareille à une navette spatiale, serait parfaite pour un jeune homme seul qui travaille du matin  au soir et qui n’arrive que pour se jeter au lit.

La description de cet immeuble HLM est romanesque, il y a une trentaine d’années, ce petit immeuble de 6 étages était destiné uniquement aux jeunes qui faisaient leur service militaire et au personnel d’une caserne. Ensuite il fut acheté par un PDG qui l’a transformé de force en immeuble HLM ; et dépit de l’avoir dénoncé aux Services de salubrité de la Mairie de Paris, car pour moi, au regard des lois existantes pour les HLM,  il viole les principes d’un immeuble assujetti aux lois qui doivent respecter tous les HLM, car ils sont destinés aux personnes au faibles ressources, or nous donner un immeuble qui nous oblige à faire obligatoirement des consommations exorbitantes en énergie et  que de surcroît est dépourvu des conditions confortables à la vie des habitants est une faute grave, car il viole les  exigences de construction des HLM, ces lois en France, restent seulement sûr l’écrit.

L’immeuble n’a pas d’isolation aux murs, le sol est fait du ciment brut recouvert d’une fine lame de vinyle, le meilleur marché et, il ne possède pas de cave. L’immeuble n’a pas de chaudière collective or, l’eau chaude s’obtient par une petite chaudière individuelle électrique, qui consomme une énormité de kilowatts d’électricité, en absence de chauffage collectif, c’est à chaque locataire de se chauffer par le radiateur électrique individuel si je l’allumais pendant les mois d’hiver, j’aurais une facture dite de « régularisation »  de l’EDF d’un montant de 1400€ ! Le fameux chèque de solidarité n’est pas à la carte, il n’est que de 450 € pour tous les misérables de la France, ce chèque ne suffit nullement pour payer la facture des mois d’hiver. Il m’est impossible de solder  tous les mois d’aout 1000€  à l’EDF. Impossible.

Raison pour laquelle je n’allume point de chauffage l’hiver, les radiateurs sont éteints, et je vis à l’intérieur pendant tout l’hiver habillée d’un manteau.

Étant donné que c’est l’eau chaude le bien le plus précieux pour moi, sans lequel je ne pourrais pas vivre, il reste  mon unique préoccupation, et ma seule consommation, je ne peux sous aucun prétexte couper l’EDF. L’économie que je fais sans chauffage est déjà considérable et, je suis obligée à rester là.

Il demeure nonobstant un piège insurmontable,  l’accès à la télévision est lié à la connexion Internet, car nous devrions jouir de la liberté comme il l’était auparavant, d’avoir toutes les chaines indépendamment de la connexion Internet.

Je devrais  pouvoir accéder aux chaines avec la simple prise électrique, mais non, les industriels se sont arrangés pour que la télévision soit liée à la fameuse « Fibre ». Comment lui échapper ?

Ô combien j’ai travaillé pour obtenir de la Mairie une mutation de cette chambre HLM vers un F2, mais l’illustre Mairie de Paris, m’a dit  ceci :

« Vous êtes comme tout le monde Madame, que vous soyez artiste-peintre ce n’est pas mon problème, vous attendez, il y a un minimum de dix années d’attente eh oui, vous n’êtes pas « prioritaire », il y a d’autres avant vous »

Je lui ai répondu : « Dix années d’attente ?! Pas besoin de peindre ni d’une mutation d’HLM. Je serais déjà dans ma dernière résidence, mon caveau au cimetière »

Le Pourboire-Retraite nous est payé les 10 du mois…Les dernières semaines ont la saveur de la poudre Clinutren.

Oh combien lointaines sont à présent la saveur salé du « cochayuyo » , du « Caldillo de congrio » des steaks qui remplissaient la moitié de l’assiette, des  pains « marraquetas » et « hallullas », les sopaipillas d’hiver, le gâteaux de maïs, les humitas, et le Bortsch qui faisait Maman toutes les semaines…A présent, dans la dernière étape de ma vie, l’idiote que je suis, en venant chercher en France le refuge artistique, inspirée des phrases malruciennes et des Invariants Plastiques, je savoure le gout de la misère  et j’ai confié mon compte en banque, qui ne se remplit qu’une seul fois par mois,  aux industriels de l’Internet, pour qu’ils s’en servent à leur gré,  tandis que j’avale la misère avec chaque cuillerée de Clinutren.

Nadezhda Gazmuri-Cherniak

 

 

 

 

 

 

DÉSOLATION PRIÈRE FUNÈBRE / PARUTION DU PROCHAIN LIVRE NUMÉRIQUE SEPTEMBRE 2020

31 mars, 2020 (10:32) | Non classé | By: Nadezhda Gazmuri-Cherniak

CLARA -PIANISTE, ÂGÉE DE 16 ANS, DEUX ANNÉES AVANT SON MARIAGE

          DÉSOLATION

 

 

        PRIÈRE FUNÈBRE

 

 

 

« La joie n’est pas un sentiment poétique (…) entre la poésie et l’espérance, l’incompatibilité est complète. »

                                                               CIORAN

                                                   Précis de décomposition

  1. 142

[…] «  À travers les portes même de la mort, l’homme déverse le flot vivant de l’éloquence. »

                                             George STEINER

                                              Langage et silence

                                                     P. 68

Dans ce nouveau livre, la poétesse-écrivain Nadezhda Gazmuri-Cherniak  fait le parcours détaillé d’un chemin rétrospectif vers l’enfance en compagnie de ses parents, récit lyrique qui arrive de l’outre-tombe pour s’entrecroiser  au présent parisien où l’impossible deuil de l’assassinat de sa Maman par son Médecin « Traître-Tant » et de ses trois complices, se fait acte dans une prière lancée au firmament, seul spectateur vivant d’un cri de désespoir qui veut éterniser trois vies dédiées à l’art.

À Santiago, dans le lumineux et très spacieux salon, un piano de concert Grotrian Steinweg, résonne accompagné autour de partitions, de nombreuses  toiles reparties contre les murs et une immense bibliothèque, ils sont la toile de fond vivante d’un couple d’artistes qui attendent un enfant depuis 1953 ; la pianiste CLARA illumine la stance dès qu’elle commence à jouer le Clavecin bien tempéré et les sonates de Beethoven, sa prière musicale commence à 9 h du matin, elle prépare son concert. L’année suivante, un berceau l’accompagne tandis qu’elle est au piano, elle ne s’interrompt que pour allaiter… c’est ainsi que dès le berceau, ce bébé qui sera la seule préoccupation de tous les instants de ses parents, se nourrit de lait maternel, musique et peinture ; le chevalet du peintre Hernan Gazmuri est installé derrière le piano, le parfum d’essence de térébenthine est persistant et, pour ce bébé qui grandissait en symbiose absolue avec ses parents, il fut sa vie durant le parfum qui est entrée dans son courant sanguin suivant le rythme de la musique de sa Maman. Ils traversèrent ensemble les années de toutes les crises, maladies enfantines, joies, succès et chutes vers l’abîme…un premier deuil brise leurs vies avec la mort du peintre en novembre 1979, suivie de la spoliation par l’Etat chilien, qui viole le Testament du peintre et, vole et dépossède CLARA de tout son héritage pictural.

Une fois installées toutes les deux en France, Nadezhda fait face au mépris français, à la mafia installée au sein de l’Education Nationale qui lui refusa la titularisation et sa « lutte pour la reconnaissance » (A. H), toujours  infructueuse dans le milieu artistique parisien qui lui ferme les portes des mairies, galeries et maisons d’édition.

Cette trajectoire prend fin avec l’assassinat de CLARA par son médecin Traître-Tant qui s’exécuta comme un véritable sadique et traître-assassin en compagnie de ses confrères mafieux.

Ce corpus est  structuré et définit par trois formes de langage, la description lyrique, les dialogues et un narrateur à la troisième personne qui donne de sa voix prémonitoire, à la manière du chœur des tragédies grecques, la voix inexorable du destin.

Dès l’arrivée de l’horreur de la torture et de la Mort  provoquées, le dialogue avec sa mère s’interrompt, Nadezhda assiste à l’arrivée du néant qui la sépare à tout jamais de l’essence de sa vie ; la tombe qu’elle construit pour sa Maman, avec une ténacité de tous les jours, faisant face pour la dernière fois à la tyrannique main mercantile de l’Etat qui lui exige des sommes exorbitantes pour protéger le cercueil de sa mère, dans une concession qu’elle veut « perpétuelle ». Nadezhda lutte pour protéger la tombe de sa mère, celui-ci est à présent, son dernier combat parisien, pour que  cette tombe soit à tout jamais le signe visible qui octroiera à sa mère, « le viatique ver l’éternité ».

Ce récit est l’ode à cette créature sublime qui fut CLARA, sa Maman, qui l’attend pour bientôt dans la deuxième place réservée dans ce caveau froid et noir, qui restera comme seul témoin concret de ces deux vies, ce couple mère-fille, parfait binôme du berceau à la tombe, toujours  ensemble vers l’Éternité.

 

ISBN : 9782916501475

Parution en libre numérique août 2020

Paiement PayPal 6€

Sur le site www.nadezhdagazmuri-cherniak.com

 

Nadezhda Gazmuri-Cherniak, artiste-peintre et poétesse-écrivain, ancienne Professeur d’espagnol, a écrit 24 livres publiés en auteur indépendant,  d’origine basque espagnole par son père, et russe ukrainienne par tous ces ancêtres maternels, est née à Santiago du Chili, en janvier 1954; en 1980 elle décide de fuir le Chili avec sa mère, pour faire de Paris son pays d’adoption, où elle arrive en « mission artistique” mandatée par sa mère, la pianiste CLARA, pour faire don à la France de l’ œuvre capitale du peintre Hernan Gazmuri, Le Nu Jaune et l’Hommage à André Lhote. La « DONATION GAZMURI » est accueillie au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris en 1983, sous les hauts conseils, de l’Académicien René Huyghe qui dit : « Grâce à cette donation la France complète ses Collections de l’Ecole de Paris ».

Le peintre Hernan Gazmuri, ancien disciple d’André Lhote dans les années 28  à Paris est entré dans le Patrimoine de la France en 1983 et, depuis il forme partie, des Collections du Musée d’Art Moderne de la ville de Paris.

Nadezhda Gazmuri-Cherniak vit en France depuis 1980, parfaitement inconnue, en essayant très difficilement de faire de la peinture et, de  l’écriture ses deux formes de travail artistique en auteur indépendant.

 

    

 

 

 

EHPAD OU FAMILLE ? DÉMASQUER

29 mars, 2020 (21:59) | critique societale | By: Nadezhda Gazmuri-Cherniak

Nadezhda et sa Maman  juste avant l’assassinat octobre 2013

 

     EHPAD OU FAMILLE ?      DÉMASQUER

 

« Le fardeau économique est immense. Comment financer les besoins dévorants des impotents ? Bien que contraints par obligation ou une compassion déclinante, les jeunes regimbent à visiter les vieux, à humer l’air de mort qui les entoure. Des détestations muettes s’accumulent. Observant les moribonds, écoutant leur babil, les jeunes entrevoient le probable naufrage de leur futur. Bénis soient ceux qui sortent plus ou moins indemnes, en possession de leurs ressources mentales, entourés de ce qui leur est cher et via la grâce du sommeil. Combien sont-ils ?

                                                    George STEINER

                                             Fragments (Un peu roussis)

                                                           P. 86

« L’amour de la mère est le seul amour invincible, éternel comme la naissance. »

                                                            André Malraux

                                                La métamorphose des dieux

 

 À mes parents vénérés et adorés, qui m’ont donné la vie et leur vie…

A Maman, la plus ineffable et belle créature remplie de bonté et de talent que Dieu n’a jamais créé.

 

Chers Lecteurs,

Dans cette période où nous vivons en « mode masqué », période qui vous paraît si longue et difficile à endurer, je vais démasquer bon nombre de faux principes qui enveloppent cette société d’une épaisse et lourde couche de mensonge et d’hypocrisie radioactive qui se fait acte de manière collective. N’ayez pas crainte, vous n’allez pas vous contaminer à la lecture de mon article, mais soyez prévenus que je n’aborderai pas des sujets faciles, je suis la devise de R. M. Rilke dans la vie « tout ce qui est grave est difficile »

Le gouvernement socialiste, a eu l’idée de créer les EHPAD et l’APA, les familles ayant des vieux ascendants, se sont vus devant « le choix » ou bien, de les garder chez eux tout en déployant « des sacrifices personnels » ou bien de « les placer » dans des EHPAD et de se voir ainsi « soulagés » d’assumer la vie déclinante vers le cercueil de leurs parents qui leur ont donné la vie.

À partir de ce moment-là, les théories de Michel Foucault prirent une nouvelle dimension, elles pouvaient s’appliquer à nouveau, et cette fois-ci en dehors de l’univers carcéral, c’est dans le milieu hospitalier, dans le Services de gériatrie, au sein même des EHPAD, ces nouveaux centres carcéraux, et chez les vieux eux-mêmes, quand la famille décida de s’inscrire dans la « formule APA » pour qu’une « aide -soignante » arrive avec insolence prendre sur les Mamans un devoir filial qui nous revient par nature.

C’est par l’invention de l‘Etat de cette nouvelle entreprise  a pu embaucher un tsunami des femmes au chômage sans aucune qualification et, dépourvues de toute connaissance médicale pour s’occuper de personnes de grand âge.

J’ai connu, oh combien de très près ce nouveau phénomène sociétal ! Des nombreuses personnes me racontèrent désespérées le traitement scandaleux de ces spécimens qui délaissaient les parents de mes collègues avec une nonchalance et un mépris inouï vis-à-vis de la personne qu’on les avait confiées, toujours attachées au portable, au lieu de rester attentives aux demandes du malade.

Le nouveau les entrepreneurs des Maisons d’entraide chargées par l’Etat de gérer l’APA se greffèrent aux entreprises de baby-sitting ou de femmes de ménage déjà existantes, d’autres créèrent des nouvelles. L’Etat offrait aussi le choix généreux comme tout ce qui est donné par l’Etat, la possibilité de recevoir à la maison des « aides-soignantes » dispensées par le Service de gériatrie du conseil Général de la commune !

Elles arrivent chez « les clients » tous les matins aux horaires qu’elles décident, pour se charger de faire la toilette du pauvre vieux ou vieille grabataire, toilettes qui ne doivent pas dépasser  15 minutes réglementés par le « Protocole » qui stipule le Service de gériatrie du Conseil Général de la commune. L’agenda de ses « AIDANTS », est remplie pour toute la matinée, le projet est organisé telle qu’une petite entreprise communale, qui doit résorber le chômage et produire des bénéfices, ne l’oubliez jamais, ce projet est inscrit dans le but qu’ils poursuivent ; il n’est autre que de concentrer à leur charge journalière le plus possible des « clients » dans un délai le plus court possible, du contraire le bénéfice s’écroule et les entrées d’argent seraient dérisoires.

Le « protocole »  de 15 minutes est aussi ordonné à l’infirmière, chargée de « faire les soins » ; elles disent qu’il faut aussi compter le temps qu’elles doivent passer à trouver une place de libre au parking, pour  monter dans l’immeuble, et ensuite sortir et refaire le même trajet pour le « client » suivant.

Pour la troisième intervenante, il n’y aura pas de 15 minutes la « femme de ménage » qui       devra obligatoirement disposer de plus de temps pour nettoyer toute la maison et faire les courses, pour cette affaire, elle emploiera une demi-journée ; toute cette logistique a un cout, le montant exact de ce cout et des sommes que j’ai refusé à l’Etat pour le maintien à domicile de Maman nous les avons calculées avec mon docteur, à l’époque le prix d’une infirmière pour deux passages par jour était de 750 l’aide-soignante 380€ et la femme de ménage environ le même montant, cela était en rapport avec les heures que décidait « la Commission » du Conseil Générale qui statuait sur les dossiers de chaque famille et  selon les cas individuels aussi bien des ressources que des spécificités médicales.

C’est en calculant seulement deux intervenantes en aucun cas adaptées à l’invalidité et dépendance de Maman j’ai épargné à l’Etat français la modeste somme de 176.280€ pour les treize années de surveillance non d’une demi-heure par jour mais de 7/7, 24/24 jour et nuit. Seule un enfant est en mesure de donner à sa Maman ou à son père ce soutien fait d’un amour qui se fait acte au même rythme de notre respiration.

Il va de soi qu’une personne grabataire à 100% ne peut être placée ni être assistée à domicile avec la fameuse APA car le vieux grabataire à besoin d’une assistance de tous les instants. Les docteurs m’ont confié que si je n’avais pas été là, Maman serait décédée » dans les 24h suivantes au « placement »

Qu’il soit clair, il n’y a pas eu un brin d’altruisme dans le projet de ces fonctionnaires-politiques, mais uniquement une vision mercantile et technocrate de « gérer » la vieillesse qui, faisant suite à l’étude attentive de leur projet, les fonctionnaires-politiques savaient que ces pauvres sans force pour s’opposer à être délogés de chez eux, leur rendraient d’énormes bénéfices économiques pour contribuer au budget de l’Etat et de surcroît, ce projet d’entreprise, il se verrait couronné d’une merveilleuse manière de résorber le chômage des personnes qui demeuraient un sérieux problème économique jusqu’alors insoluble pour le gouvernement, car ils étaient inclassables et marginaux, ils restaient au sein de la société comme des feuilles au vent sans aucune qualification professionnelle et sans avoir réussi le Bac.

Faisons ensemble un voyage vers un passé proche, l’année 2000, c’est la ministre Elisabeth Guigou qui fait voter à l’Assemblée Nationale la loi APA et qu’en pleine période de la « découverte » de la maladie d’Alzheimer, (maladie qui a toujours existé) se virent frappés d’une pandémie qui laissait à terre les vieux, je me rappelle qu’à l’époque les médecins généralistes diagnostiquaient d’Alzheimer à la va vite tous les vieux  parce qu’ils oubliaient leur trousseau de clés ou ne se rappelaient plus de la date ou du nom du président de la République en place, même les jeunes furent aussi classés comme des Alzheimer ! Les molécules guérissantes commencèrent aussi à proliférer, bon nombre des vieux décédèrent non d’Alzheimer, (ceux qui ont véritablement cette horrible maladie décèdent très rapidement) mais des effets secondaires de ces nouveaux médicaments qui furent vite abandonnés, les plus graves des « effets secondaires » fut la méningite et l’hydrocéphalie.

Je m’octroie le droit bien fondé d’écrire une critique sociétale, car je ne suis pas une professionnelle de la politique ni une théoricienne de la sociologie, je parle d’après mon expérience personnelle  d’après les connaissances médicales que j’ai apprises pour le soutien optimal  que j’ai donné à Maman ; je sais pertinemment qu’en France ne pourra jamais être accueillie spontanément  ni ne sera imitée facilement, car d’abord leur génétique ne peut leur ouvrir l’accès à une question qui n’est qu’une affaire de nature et ensuite d’idiosyncrasie ; cette deuxième pourrait « éventuellement » se corriger au coût d’énormes « sacrifices » Seriez-vous prêts à les « assumer » comme vous dites ?

Je reviendrai sur ce sujet à la fin de cet article.

FAUX HÉROS !

Une arondelle n’ameine point l’esté »

« Une hirondelle ne fait pas le printemps »

Qu’il y ait ci et là des personnes honnêtes et dotées de bonté est un fait indiscutable, mais ce n’est pas une vertu destinée à la prendre comme universelle. Il faut cesser d’appeler « des héros » les personnes qui travaillent au sein des EHPAD ou qui sont des « aides à domicile » avec l’APA, détrompez-vous, ils sont là uniquement pour leur « gagne-pain », cessez d’appliquer un idéalisme mal placé, vous qui êtes tous laïques, (moi, je ne le suis pas) vous avez besoin d’appliquer la  partie du sacré disparue dans la sphère religieuse, sur des humains remplis de vices et de défauts. Je connais ces gens de l’intérieur et, non de l’extérieur comme vous, dans cette affaire sociétale, il faut obligatoirement appliquer le raisonnement strict et, écarter  l‘idéalisme.

DU PARTICULIER VERS L’UNIVERSEL.

J’eus l’occasion unique de m’entretenir avec des médecins spécialistes gastroentérologues et psychiatres, après rédaction de mon Rapport juridique contre les « médecins -assassins » de Maman.

Et, ensuite après l’écriture de mon Script « CLARA ».

J’eus l’enrichissant dialogue scientifique avec deux à la retraite, spécialistes en pratique hospitalière et en gériatrie, écrivains scientifiques tous les deux, moi, sans pathos, je leur ai exposé non seulement mon expérience personnelle, mais ce qui est le plus important, mes théories à appliquer pour obtenir un changement du traitement qui reçoivent les vieux ici en France et pour stopper les maltraitances en milieu hospitalier.

J’eus de leur part un consensus d’approbation unanime, raison supplémentaire pour avoir le droit d’exposer publiquement ma critique sociétale.

A la critique sociétale sans pathos se greffe la clairvoyance qui m’octroie l’expérience sur le terrain, au cours de treize années, j’ai pu étudier les protocoles hospitaliers vis-à-vis des vieux, les attitudes et comportements vicieux des infirmières, et des aides-soignantes, des médecins qui ont le pouvoir de « surveiller et punir » sans témoins.

De l’idéalisme ? Il n’existe plus chez quelqu’un comme moi qui a assisté à la torture et agonie de Maman provoquées de manière préméditée par son médecin « Traître-Tant » qui fut aidé par trois complices et ces équipes médicales, oui cette barbarie est possible contre une personne âgée ici à Paris en plein XXI siècle ; fait sociétal-politique de maltraitance qui avait des motivations aussi sociétales, haine vis-à-vis d’un couple « mère-fille » qui a démontré à la société  qu’une vieille Maman pouvait être mieux traitée médicalement par sa fille sans formation officielle en infirmerie que toute une équipe d’EHPAD ou hospitalière.

Nous étions, Maman et moi-même un « Binôme » qu’il fallait détruire, nous étions LA CIBLE et ces « médecins-assassins » appliquèrent le MOOBING, qui peut s’interpréter d’une part comme une affaire politique dans le sens le plus large, compris comme un viol à leur « protocole ! » et d’autre part dans une sens strict, comme une question psychiatrique, car il existe des médecins atteints de graves problèmes de perturbation mentale, où l’abus de pouvoir et le penchant sadique envahissent leur action et elle prend une ampleur incontestable dans leur pratique, ce même dysfonctionnement existe aussi dans le domaine juridique, mais ça, c’est une autre histoire.

Il ne peut pas s’expliquer autrement le sadisme, le plaisir de torturer en refusant les soins à une vieille femme qui a subi un infarctus !

Il fallait me punir.

 Voici l’exemple :

Ô les chefs de Service ! Des héros !

Ce 18 octobre 2013, Paris 20ème arrondissement.

La porte de la chambre ouverte donnant au couloir du 5ème étage de « médecine » Maman agonisait après le premier refus de soins de son médecin « Traître-Tant » elle passait à la seconde étape de la  torture programmée.

La dernière étape durant 3 jours fut la nécrose généralisée.

 Au lieu d’être mise sous sédatif nomme « sommeil profond » comme les grands brulés, ils décidèrent de la jeter tel qu’un déchet à l’étage « de médecine » où les patients étaient en convalescence après examens ou des petites interventions, Maman était la seule vieille dame sur un lit froid et dur en train d’agoniser et de se nécroser à vif sans aucun sédatif, sous les rires obscènes du Chef de Service et l’indifférence de toute son équipe médicale.

Le Chef de Service qui passait par le couloir lentement  s’approche du lit me regarde souriant, et me dit en riant fort, sans aucun témoin :

« Ha, ha, ha, elle n’est pas toute fraîche vôtre mère ! …Ah ? Ha, ha ha!»

Maman décède une heure après…

Il est ignominieux qu’il soit  encore en exercice.

Et, que lui et ses confrères avec son équipe médicale, ils restent en exercice à présent, ils ne sont ni ne seront jamais contrôlés comme ils devraient l’être, car il n’existe pas un organisme de contrôle  non collégial et indépendant de leur confrérie mafieuse. Le Conseil du Désordre qui soudé se défend et  donner du soutient collegial de manière arbitraire, étanche et à huis clos, pour les mettre à l’abri et leur épargner le risque de toute accusation.

Ces faux médecins-assassins, pour s’exécuter dans la torture se sont inspirés des modalités terroristes des dictateurs, habitués à avoir avec la méchanceté un long commerce sadique ; ils occupent des postes de Chefs de Service, non pour pratiquer le serment d’Hippocrate, non ! Mais pour pratiquer la maltraitance qui devient torture pour le patient, sur un terrain favorable sans témoins encombrants et, se défaire ainsi  de leurs penchants criminels qui leur perturbent, je les ai connus, ils sont des vrais psychopathes qui devraient être interdits d’exercer la médecine.

COMMENT PROTÉGER VOS PARENTS DES ORGANISMES  D’ÉTAT

Je vous donnerai des exemples très précis, qui vous serviront, si par un hasard heureux vous avez des très vieux  parents grabataires et que vous voudriez m’imiter, en les gardant chez vous et en vous occupant vous-mêmes de leur survie de tous les jours et, aussi de leurs nuits, sans compter le temps ni vos propres priorités.

Ces criminels en poste à présent sont protégés par l’Omerta qui est mise en place d’une part par les Lobbys et d’autre part le « Conseil du Désordre » la plus grande mafia collégiale que je n’ai jamais connue.

Je ne referai point le récit détaillé de cette atroce expérience, car je l’ai déjà raconté dans des articles ; le jour où un cinéaste fera le film de mon Script CLARA la vérité sera entièrement dévoilée, ce qui m’intéresse bien plus qu’un improbable succès d’un procès pénal devant le Tribunal. Le châtiment tardif à la torture et assassinat innommable qui a dû subir Maman ne peut se faire acte que par le moyen « esthétique » d’une mise en scène cinématographique. Andreï Zviaguintsev serait le meilleur pour le dire en images.

Je poursuis.

EHPAD OU FAMILLE ? DE LA RÉFLEXION A L’ACTION.

LIMINAIRE CRIMINELLE

 

« L’amour de la mère est inconditionnel, il est tout entier protection, et enveloppement ; de plus, étant inconditionnel, on ne saurait ni le régenter ni l’acquérir. Sa présence donne à la personne aimée un sentiment de béatitude ; son absence, un sentiment d’abandon et de désespoir absolu

                                                            Erich FROMM

                                                             L’art d’aimer

  1. 98

Je ne m’attarderai pas dans l’analyse percutante d’Erich Fromm, un des érudits qui a le mieux exprimé ce que veut dire pour les enfants « sensibles » cet amour maternel océanique et infini qui nous a dévoilé bien avant la naissance, la racine de la  Vie et de l’Éternité.

Je viens de faire une brève analyse des mesures de confinement de la vieillesse crée par des gouvernements barbares déguisés en altruistes.

Il est nécessaire que vous sachiez que ces Centres EHPAD transformés en « parking des vieux » où ils sont « placés » comme dit le gouvernement,  n’existaient nulle part auparavant, qu’il y a des nombreux pays orientaux où ils n’existent point et, où sont les familles qui gardent ses vieux à la maison,  faisant entre-eux-mêmes des gardes et une rotation de tâches et de charges bien étudiées pour chacun des membres de la famille, vous comprendrez qu’il n’est pas impossible d’éradiquer les EHPAD et les aidants de l’APA à domicile.

Si vous aimez vos vieux parents, vous devez vous responsabiliser vous-mêmes à les maintenir en vie en faisant face à toutes les improbables difficultés qui va donner inéluctablement le déclin brutal ou graduel  de la vieillesse, qui n’est autre chose que l’inéluctable passage vers le seuil de la Mort.

L’expérience personnelle peut être socialement utile.

 Mon script CLARA est un corpus de plusieurs parties dont la dernière propose d’une part, un changement sociétal radical pour la prise en charge de la vieillesse et d’autre part, une réforme hospitalière et de la médecine de ville, qui a le signe d’une véritable révolution du système de santé français, qui effacera la dangereuse étanchéité  des murs hospitaliers et qui parallèlement modifiera de fond en comble le protocole hospitalier et la charte du patient.

La dernière partie de mon film sera dédiée à une Table ronde où s’exposera le programme de réforme juridique qui devra mettre un terme à tous les abus hospitaliers  où grâce à une réforme du Code de la Sécurité sociale et du Code Pénal, tout patient ou sa famille auront accès à une plainte immédiate, pour dénoncer une maltraitance en cours, soit elle faite à domicile ou en milieu hospitalier, pour ce fait pratique la création d’une numéro vert opérationnel 24/24 7/7 sans interruption, et lié aux bureaux des Procureurs, habilités  d’un personnel spécialisé et de la Police, habilité juridiquement (ce qui ne l’est pas à présent) pour se déplacer ipso facto sauver le patient soumis à la torture.

Pour l’heure la Plainte Pénale ne peut se déposer même pas en Référé ! et il faut attendre la mort du patient !

C’est une conception moyenâgeuse du Droit !

Qui pense  que le crime doit se juger après avoir été commis !

C’est très pragmatique.

Ensuite, ici en France les plaintes se réduisent à rédactions de Rapports juridiques où l’avocat est un pauvre ventriloque qui ignorant des faits, ne fait que faire un « copier -coller » de notre écrit, véritable témoin oculaire du crime.

Les avocats des assassins disposent des assurances et d’un bataillon d’avocats, qui ne sont pas choisis come les miens avec l’Aide Juridictionnelle.

Ne demandons jamais l’exercice difficile de la déontologie, les avocats se saluent en toute gaité, partagent déjeuners dans le café d’en face du Tribunal, ils ont bien dormi la veille, ils se sont déjà mutuellement échangés les rapports et les pièces jointes où reste figée la souffrance innommable.

La défense de ces sauvages est la participation  d’une mise en scène macabre où mon avocat a écrit un rapport copié du mien, comment pourrait être autrement ? Il ne sait rien de la souffrance de Maman, il ne connaît rien des faits, c’est moi qui ai écrit 300 Pp. avec les pièces jointes. Que peut-il faire d’autre ? Ce n’est pas sa faute. A la fin il me dit : « c’est parole contre parole »

Et, j’ai dû changer 5 fois d’avocat, car même en étant « pénalistes » l’un d’entre eux ne savait même pas ce que le mot «  nécrose » veut dire ! Elle n’a même eu l’intention d’aller sur Google et se connecter sur Wikipédia ce que fait un élève de Terminale.

Non, lui dis-je, vous avez une aide irremplaçable dans cette affaire criminelle, vous avez devant vous le TÉMOIN OCULAIRE !

Cela ne compte pas pour le droit français c’est le MÉDECIN qui reste prioritaire dans l’appréciation juridique.

Ils sont les dieux de l’Olympe !

Ensuite, sera l’heure où le rapport sera lu devant le Conseil du désordre.

Rapport minuscule et grisâtre qui fait l’étalement des étapes de la torture à la manière d’un fait divers paru dans la presse matinale et, les confrères qui défendent les assassins, interpréteront très rapidement leur  rapport de  douze pages, lourd de mensonges assermentés que leurs clients, les médecins assassins, écrivirent pour cacher dans un jargon spécialisé, que les avocats ne connaissent point ni ne les intéresse maîtriser, l’excuse terrifiante qui efface à tout jamais le crime d’une vieille Maman ; crime que pour l’heure reste impuni,  ils s‘en sortirent  indemnes du Conseil du Désordre, crime abominable que je ne laisserai point classé dans l’oubli.

 

Cette affaire criminelle devient dangereusement grave l’exposer en public.

Un Temple, un lieu religieux serait le seul lieu que je devrais choisir pour faire le récit. Mais…Il n’existe point un lieu adapté de la sorte. Le Tribunal tel qu’il est conçu en France écrase la description de la souffrance et il étouffe la vérité. Ce n’est pas le théâtre, où règne le mensonge littéraire, au Tribunal il règne paradoxalement, l’opprobre  à la vérité, elle est violée et laisse la place au Mensonge, le pire de tous, car ce mensonge qui est le plus condamnable des mensonges, il va à l’encontre de la Justice, tue une deuxième fois la victime.

Il est l’opposé du mensonge esthétique dont nous parle Giorgio Manganelli dans son œuvre, La littérature comme mensonge.

Le mensonge esthétique hisse la souffrance à sa juste valeur. Le mensonge qui se respire dans les Tribunaux tue la vérité, dès qu’elle est dite, les faits se galvaudent, chaque minute d’agonie s’estompe dans le jargon spécialisé dit par des voix indifférentes qui contribuent à anéantir et diminuer chaque fait et chaque coup qui fut  donné pour accabler la victime. En fait il n’existe de par le monde ni Tribunal ni Juge capable d’appréhender une telle horreur. La « profession » fait que ce que l’on appelle « juger » se fait avec la plus grande indifférence et, la torture et l’agonie de Maman passerait à la trappe.

Finalement ma plainte serait classée comme une affaire parmi d’autres.

C’est le processus judiciaire de la France où notre chère déesse Thémis fut délogée et défaite de son  épée et de son glaive.

Mon programme réside en une mise à plat de notre obligatoire « passage lent et éprouvant pour nous affranchir  très lentement les étapes juridiques » qui peuvent facilement durer des années et, le pire, sans aucune certitude que les assassins soient mis contre le mur et châtiés avec la prison. Ils sont « médecins ! »

PRENEZ CONSCIENCE DE CE QUE « PRENDRE EN CHARGE » VEUT DIRE.

PRENDRE EN CHARGE UN PARENT TRÈS ÂGE ET GRABATAIRE.

En l’année 2000 j’étais en poste de Professeur d’espagnol dans un lycée professionnel classé ZEP, la plupart de mes élèves musulmans des parents chômeurs à très faibles revenus, sans avoir jamais fait « de l’espagnol ».

Selon plusieurs d’entre eux, grâce à mes cours ils aimèrent l’espagnol et la littérature ; bien plus tard, j’ai rencontré deux d’entre eux, une de mes élèves, préparait une Maîtrise de lettres ! elle avait obtenu avec succès son un Bac littéraire, au Val fourré, à Mantes la Jolie.

C’est dans cette même année 2000 que Maman qui avait une santé de fer comme elle se définissait elle-même, avait été diagnostiquée d’une maladie dégénérative, indolore, mais que très lentement la laisserait totalement grabataire et dépendante.

De retour à la maison chez nous, car nous avions toujours vécu ensemble, une séparation nous la considérions impossible, Maman s’est mise à pleurer, car le docteur lui avait parlé devant moi avec des mots d’une brutalité sans pareil. Ce jour-là fut le jour décisif. Je lui ai dit ceci : Maman, ne pleure pas, tu ne vois que je suis là ? Je ne te quitterai jamais, mais je vais quitter l’Education Nationale dès lundi ; je reste avec toi, c’est moi qui vais te garder, et ensemble nous donnerons des coups à cette maladie.

Elle s’est illuminée de joie et depuis ce jour-là, je suis restée en recluse avec elle treize années durant et, avec toutes les connaissances et précautions nécessaires qui s’imposent pour la prise en charge d’une Maman très âgée où en dépit d’être en très bonne santé, elle n’avait que comme nous tous, et tout être vivant, des petits bobos, car elle n’était pas cardiaque, ni diabétique ni atteinte d’aucune maladie grave, elle allait inexorablement vers la fin.

Je savais que son état déclinerait inexorablement.

POUR ASSUMER LA VIE D’UN PARENT ÂGÉ  SANS FAIRE APPEL A L’AIDE EXTÉRIEURE. COMMENT S’Y PRENDRE

Si vous voulez prendre vos parents à votre charge comme je le souhaite pour toute la France et pour toute l’Europe, voici quelques conseils, sortis de mon expérience. J’espère que j’éveillerai des âmes sensibles, que mon récit servira à quelque chose. Vous pourrez ensuite m’écrire vos impressions, les commentaires peuvent s’écrire sur mon site , il y a une place réservée à cet objet.

Je suis consciente que mon projet est une révolution culturelle, mais je pense que cette hécatombe du coronavirus, servira de leçon et que vous comprendrez que vos vieux parents doivent rester chez eux et avec vous.

Je demande l’impossible ?

L’amour absolu exige un investissement absolu, s’occuper d’une Maman ce n’est pas compter, ni sacrifices, ils ne le sont point, ni renoncements, ni argent ni pensées, vous devez savoir quelque chose qu’on ne vous dira jamais, vous devez  tout laisser en parenthèse, car la spécificité  de la vieillesse  qui n’est dégradation et naufrage arrivera pour s’imposer et envahir toute votre vie et vous exigera d’introduire au jour le jour une logistique et une discipline stricte, si vous êtes professionnel, vous saurez vous débrouiller, si vous ne l’êtes pas et que vous vous dispersez, l’apprentissage sera très rude, mais la vie des parents en vaut la peine.

Pour moi, ce ne fut pas difficile, car dès très jeune, j’étais éduquée par mon père à devenir indépendante, car ils m’ont eu tardivement et ils savaient que sans famille un jour je resterai seule et obligée à assumer ma vie, et la leur…Cette merveilleuse tâche s’imposera à vous le jour où l’Etat vous demandera avec un mot assassin de « PLACER » votre Maman ou votre père dans un EHPAD.

Ô combien j’ai été torturée par l’administration qui voulait m’arracher Maman de ma garde, pour « la placer », ou bien pour introduire chez nous avec la fameuse APA des personnes de l’extérieur. J’ai dû me battre pire qu’une lionne défend ses petits pour obtenir le RSA qui me permettrait de garder seule Maman à la maison. J’ai l’ai obtenu, au coup des luttes juridiques devant le Tribunal, et me resigner à écrire de longues  lettres à l’administration, tâche misérable et épuisante, l’obligation de lutte administrative des plus humiliantes et épuisantes pour l’anarchiste intellectuelle que je suis et, investie corps et âme dans le devoir de faire vivre Maman dans des bonnes conditions et  le plus longtemps possible. Il n’y a pas d’amour véritable qui ne soit responsable. Mais ce type de responsabilité n’est pas celle qui est rémunérée que vous avez vis-à-vis de votre employeur, c’est pour cela que je me suis opposée de manière énergique et ensuite virulente devant le Tribunal à accepter devenir moi-même une « salariée » au service de Maman, même pas symboliquement ce type de contrat dictatorial de l’Etat m’a paru abominable, de me trouver contrainte, obligée par ordre de l’ETAT français à devenir « la femme de ménage » officielle de Maman, aussi bien Maman que moi-même nous nous sommes fermement opposées à l’ordre dictatorial de l’Etat.

Finalement l’administration juridique sortant du Tribunal m’a dit ceci : « Bien c’est votre choix madame, nous vous offrons de placer gratuitement votre mère, qu’elle soit assistée à la maison avec l’APA ou bien que vous soyez notre salariée, vous seriez la femme de ménage de votre mère et vous pourriez  recevoir un salaire de 700e mensuels.

Étant donné que vous êtes figée dans votre choix et que vous refusez toute l’aide que nous vous offrons généreusement, vous continuerez donc à percevoir le RSA 380 mensuels. »

Verdict tombée, je suis restée 13 années sous le statut du RSA sans interruption entre l’Année 2002 à l’année 2013.

Une vie remplie d’une seule préoccupation faire de mon mieux pour prolonger la survie de Maman.

Après avoir mise en terre Maman, le 28 octobre 2013, je me suis mise à l’écriture en mode précipitée du Rapport d’accusation juridique contre son  Médecin « Traître-Tant » et ses trois complices. Et à faire une « enquête » parmi différents médecins afin d’affiner médicalement mon rapport juridique.

Parallèlement l’écriture des lettres pour sortir du « dispositif RSA » et retravailler au sein de l’Education National. Cette illustre organisation mafieuse me refusa l’intégration parce que selon le Rectorat ma candidature « ne pouvait pas  être retenue » dû à mon âge, je venais d’avoir soixante années en 2014, trop vieille pour reprendre mon poste et enseigner l’espagnol, alors par ordre du gouvernement je dû rester encore jusqu’à 2016 au RSA, 500€ mensuels pour une femme célibataire sans enfant. Je me suis alors adressée aux syndicats, ils m’ont envoyé sur les roses, avec cette réponse : « Madame, quel âge avez-vous ? prenez votre retraite ! »

Mon père commença à travailler à ses treize ans et prit sa retraite de Professeur universitaire d’Histoire de l’Art à soixante-douze ans. Notre théorie est qu’un intellectuel est en mesure d’exercer jusqu’à très tard dans sa vie, si sa santé le lui permet, chez nous il n’y a pas d’interdit physique éprouvant pour s’arrêter à soixante ans. Mais contre le crétinise d’Etat il n’y a pas d’antidote. Ma retraite me fut octroyée « anticipée » en 2016, devant le Tribunal administratif, oui, encore un autre procès et, je suis depuis jusqu’au jour de mon enterrement, une retraitée « au seuil de pauvreté » avec la somme mensuelle d’un montant de 850€.

LE MAINTIEN À DOMICILE D’UN PARENT ÂGE ET GRABATAIRE.

L’ADMINISTRATIF ET LE MÉDICAL

Pour le maintien « à domicile » de Maman sous ma garde, j’ai été obligée  à réaliser les plus fatigantes et accablantes des démarches administratives. Tous les six mois, je devais signer un « Contrat réciproque du RSA » devant une « Assistante sociale », pour recevoir 380€ mensuels, seulement en 2010 fut augmenté à 420€, une misère qui me donnait la saveur de la misère que je n’avais jamais connue auparavant.

Ce contrat mise en place par l’Etat de « réciproque » n’avait qu’une charge sémantique, dans mon cas particulier il était assez grotesque, car le mot « réciproque » était inscrit dans les textes de loi pour octroyer à l’État la liberté de nous surveiller de très près, j’ai pu bénéficier d’un court répit à Colmar car là-bas j’eus la chance d’être surveillée par un groupe de jeunes assistantes sociales qui me rendaient visite une fois par mois et très aimables et fort sympathiques, me donnaient des bons d’alimentation et un cadeau pour Noël.

LES VIEUX NE SONT PAS TOUS ÉGAUX DANS LA MALADIE

 PAS DE MOULE DE SOINS !

Ce que vous voyez sur les médias qui font de reportages dans les EHPAD, ne montre pas la réalité diversifiée propre à la vieillesse. L’Etat a construit un moule comme dans toutes les strates de la société, l’égalité est une idéologie  contre-nature, pratiquée aussi bien par la gauche que par la droite. L’être humain est inégal dans la santé, personne ne peut parler d’uniformité, or dans la maladie et la vieillesse, cette théorie est encore plus monstrueuse.

L’on vous montre des vieux placés qui  n’ont pas besoin d’une assistance de tous les instants, quand un vieux a une incapacité musculaire et ne peut se mettre debout ni marcher, le cas de Maman à la fin de sa maladie dégénérative et, que tous les gestes de survie vous devez le faire pour elle, du plus laborieux comme toilettes et soins, au plus simples, ceux qu’on prodigue à un bébé, comme faire manger et boire à la petite cuillère, vous prenez conscience que vous êtes son tube de réanimation, et que votre Maman adorée dépend de vous pour respirer, vous êtes liée à elle par un cordon ombilical tel que celui qui vous attachait à son être avant la naissance.

Dans ces conditions, vous devez vous préparer en soins d’aide-soignante et, surtout en soins d’infirmerie qui devront s‘accentuer, s’approfondir au fur et à mesure que l’état de la maladie l’exigera.

En êtes-vous prêt ?

Prendre en charge un parent âgée n’est pas lui faire des câlins toute la journée ou lui rendre visite les dimanches avec un bouquet des fleurs d’Interflora, et jouer avec lui entre 16 h. et 20 h.

Une vieille personne, (et les gériatres étaient totalement d’accord avec moi) sont comme des bébés, aussi fragiles et sans défense qu’un nouveau-né ; oui, mais avec une terrible différence, un bébé va vers l’avenir, vers le futur, vous pouvez décliner avec lui tous les temps de toutes les conjugaisons verbales, en revanche avec une Maman âgée (ou un papa) que vous prenez à votre charge, même si elle est en « bonne santé pour son âge » vous savez dans votre for intérieur, qu’à tout moment peut arriver un malheur.

Vladimir Jankélévitch, en parlant du Mal biologique, dans son essai La Mort, nous dit ceci : « il suffit d’un caillou, d’une artère qui éclate et tout est fini », c’est cette peur qui s’accroche à la gorge, c’est une permanente oppression dans la poitrine tandis qu’elle dort, c’est la crainte permanente, « est-ce que demain je l’aurais encore avec moi ? »

Et, est ce que demain elle ouvrira ses yeux sortis à peine de son paisible sommeil, pour me dire comme un ange souriant « bonjour ma petite, tu vas bien ? »

C’est le prix de la vie le plus gratifiant et merveilleux que vous ne pourrez jamais recevoir dans votre vie d’aide-soignante de votre Maman ou papa…une nouvelle journée se prépare et vous avez gagné encore un jour et une nuit contre la Mort. Elle guette toujours autour des vos vieux parents, mais si vous êtes rempli d’amour, vous serez prêts à vous investir dans ce rude combat pour la vie ! Il ne diffère en rien à celui que votre mère décida un jour d’entreprendre quand elle était belle et jeune et qu’elle vous a conçu  avec le ferme propos de vous donner la vie et, qu’elle vous donna tout son corps, toute son âme et sa vie entière à faire de vous une femme ou un homme d’honneur.

Vous devez prendre conscience que vos vieux parents ne peuvent être mieux soignés que chez vous.

L’ITALIE

À présent j’entends  les médecins Chefs de Service donner des ultimatums dans les médias, l’Italie sert d’exemple pour critiquer leur mode de vie qui démontre que la vie peut s’organiser sans EHPAD tout en gardant les vieilles personnes chez elles et, son contraire absolu, le « modèle » culturel français qui PLACE les parents dans les EHPAD. Ces médecins donnent des diktats, cependant ils sont d’accord dans une seule chose, il s’agit d’une « problème culturel »

Ces chefs de Service français protègent les EHPAD, car du contraire tout cet appareil mis en place pour résorber le chômage s’effondrerait. Faites le calcul de l’argent qui est investi dans cette monstrueuse entreprise pour accueillir les vieux français et européens.

Monstruosité accablante.

Il faut prendre conscience d’une seule chose, la hausse de la mortalité en Italie des vieux qui restèrent chez eux, n’est pas due à leur vie de famille, mais uniquement à que cette pandémie mortelle est arrivée par surprise.

Du contraire ils auraient pris toutes les précautions pour qu’au sein même de la concentration familiale étroite et parfois très pauvre, (la pauvreté n’est jamais une contrainte !) ne soit pas contaminée, les faits le démontrent ici même, quand un membre de la famille est positif, les familles s’organisent pour le confiner dans leur chambre et lui apporter de l’aide avec toutes les barrières de protection qui sont bien connues et non d’hier ni d’avant-hier.

Cette pandémie n’a pas accentué la  mortalité des vieilles personnes parce que gardées à domicile où trois générations se côtoient en grand nombre dans une maison, mais uniquement parce que les mesures d’hygiène, de barrière contre le virus étaient jusqu’alors encore inconnues ; je vais vous démontrer ce que je faisais tout  en étant que toute seule avec Maman et mon exposé laissera inopérants les discours stupides des médecins médiatiques. Un exemple ? À chaque période de grippe je la vaccinais moi-même et si quelqu’un arrivait je l’obligeais à se chausser des protection, que j’avais à l’entrée, il dvait  mettre un masque et se laver les mains, pour les promenades par temps de grippe, je sortais Maman protégée d’un masque.

À l’époque de notre séjour à Colmar, plusieurs personnes sont venues me consulter pour savoir comme je faisais pour m’occuper si bien de Maman et toute seule sans jamais avoir fait appel à une aide extérieure.

Je me suis fait détester, (à l’exception de Colmar)  car jamais j’eus une infirmière ni une aide-soignante chez nous, jamais je n’ai laissé personne la manipuler, lui faire une toilette ou la garder, à l’Hôpital de Colmar où elle fut allée par deux fois, le personnel soignant accepta mes conditions, ils finirent par me connaître, lors d’une intervention chirurgicale en urgence, un lit pliant me fut préparé à cote de son lit et me laissèrent lui faire les toilettes toute seule toute la durée de son séjour. La seule réflexion qu’elles me donnèrent fut : « si vous avez besoin d’aide, nous somme à coté… »

SE PRÉPARER

J’ai pris des cours particuliers avec un infirmier qui rapidement me donna des cours après son travail.

Vous devez absolument devenir autonome et indépendant pour éviter à votre mère ou à votre père l’assistance d’un tiers.

J’ai connu en profondeur comment travaillent les aides à domicile. J’ai recueilli les avis des médecins, assistantes sociales et infirmières qui se confiaient à moi au cours de nos longues conversations.

Elles me racontaient la pression qui exerçait le Service de gériatrie du Conseil Général et ceci est un ordre administratif qui est mis en place à titre national, elles doivent remplir l’agenda avec la quantité des vieux la plus nombreuse possible, du contraire l’entreprise  ne peut pas donner le profit espéré.

IL FAUT PARLER DES CHOSES INTIMES GRAVES QUE PERSONNE NE VOUS AVOUERA JAMAIS.  LA PUDEUR MISE À L’ÉPREUVE !

Il faut savoir qu’une vieille personne fragile peut mourir d’un simple soin mal fait, des horaires non respectés, d’une maladresse faite par inadvertance, tout acte de la vie doit être fait comme un acte médical.

TÉMOIGNAGES RECUEILLIS EN 2008

Les infirmières ne font pas « des toilettes » pour ce fait c’est une deuxième intervenante qui « passe » à domicile, (le mot passer est parfait, de passer elles passent…15 minutes) et le pauvre vieux est obligé à faire ses besoins non quand son corps le lui exige, mais il devra se soumettre au passage de l’aide-soignante qui restera pour les changes 15 minutes comptés avec  sa montre, l’on m’a raconté qu’une d’entre elles  mettait un réveil ! Quand le médecin me raconta ceci je me suis rendu compte dans quel pays j’étais venue  me refugier avec Maman déjà âgée !

Si le besoin physiologique pressant arrive avant ou après le « passage » de l’aide-soignante, son passage s’avère inutile

Je sais que ferai des incrédules, mais contre la mauvaise foi  et le crétinisme, l’écriture ne peut  aller plus loin qu’elle ne le fait avec le pouvoir des mots dont elle dispose pour convaincre et se transformer en  arme pour éradiquer l’étanchéité du Mal.

LE MAINTIEN À DOMICILE FAIT PAR VOUS-MÊME. CE QUE VOUS DEVEZ APPRENDRE A FAIRE.

Le docteur traitant de Maman à Colmar était un très compétent docteur libanais qui nous rendait visite tous les quinze jours, il prodigua à Maman une attention dévouée propre d’un véritable oriental, il m’a dit ceci : « vous avez ici un véritable hôpital privé de luxe pour votre mère ! je n’avais jamais vu une Mami si propre ! Chapeau ! »

  • Changement des draps quand le vieux a eu une intervention et se trouve pour 15 jours en convalescence.

Le maintien à domicile vous exigera savoir mobiliser avec soin une personne fragile, parfois lors d’une convalescence, cette courte période  vous demandera de changer les draps, sans la sortir du lit et  de pratiquer cette opération avec la dextérité nécessaire.

  • Faire des toilettes longues qui prendront au moins deux heures, les toilettes ne doivent jamais être comme disent les aides-soignantes un « pif-paf » mais des véritables bains corporels faits par parties avec trois bassines différentes, vous devrez apprendre à faire un shampoing au lit et, enlever la tête du lit, qui est démontable, c’est inéluctable que vous ferez un voyage rétrospectif à Venise,  vous laisserez le par terre comme  la Sérénissime ! Vous arriverez à vous en sortir en soutenant avec votre genou la bassine où tombera l’eau savonneuse.
  • Vous devrez vous munir d’un matelas électrique gonflable anti-escarres.
  • Acheter deux fauteuils roulants nommés « fauteuils-coquilles » ils sont confortables comme un véritable lit roulant, pour ne pas emmener les infections extérieures de la rue vous devez en avoir deux, l’un pour l’intérieur, l’autre aux roues plus fortes pour les promenades à l’extérieur.
  • Vous devrez la prendre dans vos bras pour la sortir du lit vers le fauteuil et répéter l’opération les fois qu’il soit nécessaire, pour la sortir du lit vers le fauteuil, la changer de fauteuil l‘après-midi pour la promenade après la sieste, et le soir pour la coucher.
  • Vous devez acheter tout le matériel de soins le plus couteux, car ceux qui donnent les hôpitaux et rembourse la sécurité sociale et le stocker chez vous par des quantités suffisantes pour un mois, le « protocole » de l’Etat se réduit à deux couches par jour, celles qui sont considérées le meilleur marché, c’est-à-dire les pires, le matériel à bas cout est celui que pour l’Etat devient le plus rentable, c’est le moule économique qui ne prend pas en considération la peu fragile des vieilles personnes, matériel répugnant qui donne des allergies graves et brûlures cutanées. L’on me raconta que bon nombre de vieux décèdent non d’une grave maladie, mais des septicémies dues aux escarres mal soignées.
  • Vous devrez apprendre à faire des piqures, (je savais le faire depuis très jeune, car je me faisais moi-même des piqures de vitamines et celle de la grippe toute seule)
  • Vous devrez apprendre à faire de soins stériles « préventifs » sur les fesses même sans aucune escarre ce que personne ne pratique sur les vieux, car aussi bien les médecins que leurs équipes médicales ne font de soins qu’une fois les escarres déjà ouvertes et infectées ! Les femmes s’achètent et se barbouillent d’un arsenal des crèmes de beauté à titre préventif de la laideur qui apportera la vieillesse, sans aucun résultat, car les rides elles les auront irrémédiablement, mais les fesses avec escarres de leurs vieux parents les indiffèrent.
  • Pour prévenir les escarres, il faut placer sur les fesses matin et soir des compresses stériles vaselinées et les couvrir ensuite du coton enveloppé des compresses tissées les plus fines avant de mettre la couche.
  • C’est un soin que j’ai inventé moi-même en me rappelant de ce qui m’avait raconté Maman lors de ma naissance quand j’ai dû être mise en couveuse et enveloppée de coton, à l’époque au Chili, il n’y avait rien de tout ce dont disposent aujourd’hui les prématurés en Europe.
  • Ce soin spécifique demande une préparation faite d’avance pour ne pas réaliser deux actions simultanées, il faut avoir sous le coude le matériel prêt pour ne pas « perdre du temps » non dans le sens commun, mais adapté à ne pas fatiguer la personne qui attend de se libérer des soins et se voir d’une fois pour toutes assise en dehors du lit.
  • Vous devrez vous occuper de faire vous-même si nécessaire des soins stériles très difficiles qui font les médecins ou les infirmières mais en milieu hospitalier. Les infirmières libérales « diplômées d’Etat » ne savent pas le faire, car elles les ont appris au cours de leur formation, mais ensuite elles ne les pratiquent jamais à domicile et, les compétentes sont  celles qui ont une pratique hospitalière et qui restent au sein de l’hôpital. Quand j’ai assisté à la négligence du docteur qui pratiquait tous les mois ce soin stérile à Maman dans son cabinet et qui par mépris lui a filé une maladie nosocomiale mortelle nommée « clostridium difficile » je me suis décidée à demander à un infirmier de me donner de cours à domicile et,  en quatre séances m’a formé, ensuite il m’a  suivi et a surveillé mon opération par deux mois et, finalement m’a donné le feu vert pour poursuivre seule ; il m’a dit qu’il n’avait jamais trouvé une personne si douée. C’est vrai que c’est une question de don personnel, (quand j’étais petite, je jouais toute seule et j’opérais mes poupées, et transformait le salon en bloc opératoire !) mais je pense que même une personne sans don particulier, peut se former pour ne pas devenir dépendante d’un tiers et sans risque majeur réussir dans la prise médicale d’un parent malade à la maison.
  • En France, faites-le en cachette, car l’État français est meurtrier et hypocrite, ce type de soin est interdit  de pratique à un particulier sans préparation médicale, seuls les médecins sont autorisés à tuer et infecter !
  • Ils seront autorisés à transmettre à une personne âgée  en toute conscience et liberté le « clostridium difficile » maladie nosocomiale mortelle, qui ne se transmet que par  manque de stérilisation adéquate dans un soin qui doit être totalement stérile.
  • Maman fut victime de ce médecin et je dû l’hospitaliser en urgence à l’Hôpital de Colmar après la mauvaise intervention de cet assassin. Quand elle est sortie et s’est sauvée miraculeusement, car la plupart des personnes vieilles ou non, décèdent de cette infection nosocomiale, je lui ai écrit une longue lettre à ce médecin assassin je lui ai dit : « si Maman avait été une jeune personne, vous auriez pratiqué le changement de sonde avec précaution, Maman s’est sauvée par miracle, et sachez que dorénavant vous ne la verrez plus jamais chez vous ! »
  • Il va de soi que de son vivant je n’ai jamais dit que c’était moi-même qui avait appris à faire ce soin et que j’étais devenus une experte.

Bon, ce récit arrive à sa fin, je vous ai donné les indications les plus simples que vous devez programmer si vous décidez de vous occuper vous-même, chez vous, de votre mère ou de votre père, vieillissant et malade.

J’entendu dire aux français : « ça c’est ton choix, moi, je suis indépendante, ne suis pas prête à que ma mère  me bouffe ma vie »

Je suis consciente et très lucide qu’il n’est pas chose facile de changer l’idiosyncrasie française faite de mépris vis-à-vis des vieux et ce mépris n’est pas une habitude prise exclusivement contre les vieux, l’exercice du mépris commence très tôt, chez toutes les mères féministes, le mépris débute avec leur bébé traité dès sa naissance comme un colis  jeté dès l’aube à la crèche ou abandonné entre les mains d’une autre femme, la nounou.

Pour ceux qui penseront d’une si vulgaire et meurtrière manière à la lecture de mon article, jetez-le à la corbeille, vous l’avez lu inutilement, vous avez perdu votre temps, mais si vous vous sentez inspirés par  cette promenade existentielle que je vous propose d’entreprendre avec un de vos parents vieillissants et, que tout comme moi je l’ai ressenti du fond de mes entrailles, vous ressentirez vous aussi le besoin de  rester auprès de votre Maman dans  sa dernière étape, je pense que mon récit critique-pragmatique vous sera d’utilité.

Je n’ai voulu que contribuer à éradiquer les EHPAD et l’APA pour qu’une vie humaine s’installe dans une France barbare et déshumanisée. J’ai une foi illimitée dans le pouvoir des mots, je forme des vœux pour qu’un changement s’opère du plus profond de vos consciences, c’est ainsi que la société aura  une heureuse métamorphose et  c’est de cette manière que les vieux devront récupérer toute la place de privilège qu’ils méritent après avoir donné la vie et leur vie, pour  le bien-être de leurs enfants.

Pour que ce parking des vieux disparaisse à tout jamais et que toutes les générations confondues, sans intervention des tiers, se donnent la main en se soutenant dans le « grave et difficile » parcours de la Vie dans toutes les étapes heureuses et tragiques que dès l’origine nous ont été réservées.

Ce n’est ni le « Robot Roby » qu’utilisent les japonais dans les maisons de retraite ni les peluches qui sourient et parlent, les remplaçants des enfants ; rien ni personne comme un fils ou une fille  ne pourra jamais apaiser l’angoisse de la mort qui ressentent les vieux sans vous le dire.

Ce sera votre chaleur, votre odeur, votre voix apaisante, vos mots tendres, vos  étreintes donnés viscéralement à votre Maman, les seuls  trésors de vie qui l’apaiseront et prolongeront sa vie, c’est vous les meilleurs des médicaments contre la souffrance, c’est vous le seul ou la seule qui est né avec ce pouvoir et  ce don divin que vous avez reçu en héritage et que vous devez protéger des étrangers pour qu’ils ne vous l’usurpent en monnayant des sous de l’Etat !

Personne ne peut vous obliger à donner de l’amour, tel que le dit la figure la plus éminente de la Renaissance italienne, Marsiglio Ficino « l’amour ne se commande ni ne se commande pas… » […] Celui qui n’aime pas celui qui l’aime est coupable d’homicide, pour la non-assistance à personne en danger »

Vous vous engagerez dans le dernier et le plus difficile de parcours qu’un enfant ne peut parcourir avec sa Maman, sa vieillesse, le chemin le plus angoissant et tragique, certes, mais vous aurez l’âme en paix, de savoir que depuis votre naissance et jusqu’à la tombe vous aurez accompli avec amour le devoir qui  nous impose la Vie.

Nadezhda Gazmuri-Cherniak.