UNE INTERPRÉTATION QUI DÉPASSE LA FRONTIÈRE DU COMPRÉHENSIBLE EN MATIÈRE PIANISTIQUE
BARENBOIM – MOZART
UNE INTERPRÉTATION HORS TEMPS – HORS NORME
Chers Lecteurs,
Il y a des années que je n’écoutais pas cette sonate de Mozart, et par hasard, je suis tombé( de surprise et aussi terrassée par la beauté indéfinissable de cette interprétation unique de ce grand maître qu’est Daniel Barenboim) sur le premier mouvement de la sonate Nᵒ 12 en Fa majeur 332, et sur Instagram, dont une question absurde que je prends pour une franche provocation très drôle adressée aux internautes : « Est-ce que cette sonate de Mozart vous rappelle une Étude de Chopin ? »
Alors d’une seule chose j’étais certaine, rien à voir avec Chopin !
Hier je me suis couchée très tardivement en finissant mon article et vers 3 h 30 j’ai commencé à chercher sur mon smartphone d’autres interprétations de cette sonate sur YouTube, les meilleurs spécialistes de Mozart diluent le plus significatif de cette sonate.
Je vais faire l’analyse comparative avec vous.
J’ai participé hier soir sur Instagram et reçu les applaudissements de l’auteur de ce poste que je remercie encore de tout cœur, parce que ceux qui, comme moi, aiment la musique classique, nous savons ce que représentent pour nous chaque note, chaque phrase musicale, chaque auteur, chaque interprète. C’est du sacré !
Après avoir écouté trois pianistes, je ne trouvais pas la spécificité pour faire de l’interprétation comparée!, la sonate de Barenboim n’existait pas chez les autres pianistes !
J’ai trouvé le sommeil vers 4h30 désespérée d’inquiétude pour n’avoir pas trouvé ce que fait de son interprétation une question unique…
Au réveil, la première chose que j’ai faite, ce fut d’allumer encore mon smartphone, et à l’écouter après une nuit où surement le cerveau a travaillé, et il est arrivé à mon cerveau la réponse!!! Et l’enseignement de Maman qui, quand j’étais très jeune, lui ai dit une fois en l’écoutant, c’est Beethoven… Non, m’a répondu Maman, c’est Mozart!
Maman ! , mais ce n’est pas possible ! Je me suis trompée !
Non, tu ne t’es pas trompée que dans la chronologie ! Mais dans l’essentiel, tu as vu juste, Mozart l’annonce ! C’est l’époque!
Et ne me contredisez point, Beethoven, qui par le commun des gens est jugé superficiellement comme un auteur fort, vous n’écoutez ses passages sublimes entièrement mozartiens !
Et que me dites-vous du deuxième mouvement du concert l’Empereur ?
C’est un voile musical aussi détaillé que les voiles des sculptures monumentales de Michelangelo ! Fort et aux détails d’une délicatesse en dehors du terrestre où le sensible arrive aux climax du plus aérien !
Barenboim est un maître qui a su trouver et appliquer pour l’interprétation de cette sonate de Mozart les 3 principes qui doivent être présents dans tout ART sans aucune exception : Augmenter, diminuer, supprimer. Ces principes sont valables pour la peinture, l’écriture, l’interprétation musicale, le ballet et toute autre expression esthétique.
Son intelligence musicale est flagrante, je vous avoue rester irrécupérable ce matin, par la beauté de son jeu !
Barenboim a eu l’intelligence musicale de supprimer toute fioriture, et ses doigts nous donnent une modernité fulgurante de l’époque de Mozart qui nous annonçait Beethoven.
Il maintient une structure monumentale et tellurique qui contraste avec le second mouvement, aussi doux que le regard d’une madone italienne sortie des toiles des maîtres de la Renaissance.
Le style de Barenboim dépoussière les partitions que tant de pianistes s’obstinent à enfermer dans un académisme ennuyeux.
Voyons en détail cette interprétation.
La phrase isolée du premier mouvement est typiquement mozartienne, l’innovation réside dans l’accentuation grave, contraste que la sonate permet à merveille tout en gardant les accents dans les notes graves !
Le contraste, le dialogue qui débouche en une sonorité orchestrale propre de l’essence du piano.
Après avoir écouté d’autres pianistes en en revenant vers Barenboim, je peux enfin affirmer ceci: il a créé une manière unique de rendre à ce premier mouvement un chromatisme d’une puissance et d’une intensité qui le rend imparable et pour l’éternité, jamais l’on ne pourra l’égaler car il a trouvé le premier cette nouvelle forme d’interprétation.
Premier mouvement dépouillé de toute fioriture, il a isolé les tonalités graves et les a accentuées !
Écoutez-le mais attentivement, pour saisir, il faut aussi répéter, répéter et répéter l’écoute !
C’est fantastique !
Il a créé des phrases pianistiques fortes et en même temps le poids va aussi aux doigts, mais en rendant le son comme du velours avec la pédale mesurée.
Rien à voir avec les Études de Chopin comme fut présentée afin de nous faire tomber dans un piège de connaissances bien étudié….
C’est la force de BEETHOVEN absolue qui s’annonce ici vivante!
Merci maître Barenboim de nous avoir donné cette interprétation et de rendre à cette sonate de Mozart une vie unique jamais auparavant dite de cette façon, remplie de nouveauté, d’une modernité bien affirmée.
La vie de cette sonate de Mozart est assurée pour l’éternité avec sa vie musicale unique et insupérable.
Carmen Florence GAZMURI-CHERNIAK
NADEZHDA
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