RUPTURE ET CYNISME POLITIQUE

RUPTURE ET CYNISME POLITIQUE
Chers Lecteurs,
L’assassinat de Quentin DERANQUE a été connu de par le monde, il s’agit d’une tragédie qui a fait visible, en acte ignominieux, qu’en France, il existe depuis longtemps une rupture ineffaçable avec l’humain.
Cet assassinat s’est fait acte par des barbares qui bouleversèrent à tout jamais d’abord le corps meurtrit de Quentin, la famille de ce jeune martyr, ensuite tous les gens de bien de la France et du monde.
Il a fallu attendre, laisser que les événements se déroulent par les médias, il a fallu ne pas se précipiter, pour écouter, observer, regarder, et confirmer que seuls les journalistes, doivent rendre l’information immédiate et sortie du réel, c’est la plus grande différence avec l’écrivain, la personne qui appartient au monde des lettres, elle s’exige du temps, pour travailler dans la lenteur et le silence.
Les sentiments sortis face au meurtre, soit-il la confrontation obligée face à une mort non « naturelle », mais infligée par une main assassine ; elle ne peut être perçue dans sa profondeur que par les personnes ayant connu dans leur chair un crime, d’un de ses êtres chers, il est mon cas particulier, et c’est probablement pour cette raison que mon analyse sera imprégnée d’une connaissance encore plus ample et critique que celle sortie d’une étude purement analytique du crime.
Il faut laisser faire son œuvre à ce qu’on appelle « le temps », quand bien même il n’existe point, et c’est nous qui passons. Je me tiens à cette conscience qui médite, à la connaissance des faits et des mots d’autrui qui doivent mûrir dans le cerveau pour faire le tri et sortir l’essentiel.
Face à l’horreur, toute personne « sensible » ne peut qu’émettre des adjectifs, le problème se pose quand l’horreur arrive à son maximum et qu’elle déborde la compréhension humaine, et c’est face à l’horreur de la mort irréversible que l’Homme ne se sent capable que de l’adjectivation, soit pour exprimer sa douleur, soit pour crier son impuissance face à la force de la méchanceté qui est le crime.
N’attendez pas de moi un déversement d’analyses politiques, n’attendez pas de moi que je fasse l’inventaire journalistique de la sphère politico-médiatique qui fait éclater nos écrans, toujours en se montrant dans un défilé similaire aux modèles du vedettariat. La répugnance qu’ils provoquent est le résultat de leur prostitution avérée de la politique dans toute sa splendeur ; cette fête politique à la française n’entre pas dans mon champ de convictions politiques.
Nonobstant, il arrive un moment où la parole doit se faire acte de dénonciation, elle doit sortir du champ poétique pour revendiquer des principes pour l’heure violés, qui sont notre attachement au Bien, au Beau et au Juste. Face à l’horreur surgit la voix révoltée, face au meurtre s’insurgent les âmes sensibles qui luttent pour la vérité, face au cynisme, toute personne qui a un long travail avec les mots doit obligatoirement agir et faire preuve d’être en accord avec son éthique.
Toute personne qui a consacré sa vie à la littérature, à la faire acte de transmission et qui la pratique dans sa vie tout comme l’exercice de tout art, elle est obligée en toute circonstance de rendre compte de son attachement pérenne à la vérité.
Deux élections majeures s’approchent, la course effrénée pour dominer et reconquérir le pouvoir est mise en œuvre par tous les coureurs en une lutte acharnée ; ils nous font des promesses, mais la scission sociétale est abyssale, et nous savons quelles ont été les causes, la scission s’est produite quand ils étaient au pouvoir et qu’ils laissèrent faire la chute et que les vices s’installèrent avec leur aval, ils furent les garants en leur donnant la clé de la maison et l’ouverture indigne du coffre-fort de la France.
CONCLUSION
Avant de fermer ce bref article, je dois répondre et m’avancer aux « dires » déplacés. Certes, je ne suis pas « Française de souche », mais du côté paternel ce sont des vrais nobles basques espagnols qui sont arrivés conquérir l’Amérique au XVIIᵉ s. C’est cette génétique qui détermine mon caractère, et du côté maternel, c’est la Russie, ma chère Russie, qui coule dans mon sang entièrement hybride et totalement européenne, je suis arrivée un jour d’hiver à Sevrès Babylone en « mission artistique » , avec mes propres moyens pécuniaires et non comme réfugiée, je ne l’ai jamais été.
Quand je suis arrivée en France, il y a quarante-cinq années, l’académicien René Huyghe m’a dit que les Basques sont Celtes, la reconnaissance mystérieuse de l’origine des Basques fut dévoilée, il n’y a pas de « mystère ». Mon éducation est européenne, et la peinture m’a formée et enracinée à Paris.
Étant une fille « adoptée » par la France et venue m’installer avec un visa de touriste, je me suis défaite de la fausse empreinte de « touriste » pour, aussitôt arrivée, me mettre au travail et non à « profiter ».
La France m’a trahie, c’est pourquoi la récolte dans mes vieux jours est un pourboire financier. Mais laissons ce scabreux détail à la marge.
Le cynisme d’une ancienne dame politique qui a publié un manifeste sur X m’a laissée atterrée, je l’ai reçu comme une gifle, cette fois-ci, je ne peux pas échapper à mon devoir de dire une série d’adjectifs et d’adverbes, qui vous diront ma stupeur, il faut dénoncer le mensonge quand il éclate, quand il fait sombrer, quand il indigne, quand il tache la vérité et offense un mort.
C’est ma lutte actuelle, la défense des morts et les arracher à la commercialisation terrifiante de l’administration, vous savez qu’il est devenu mon obligation première en France. Or, à la lecture de l’article, de cette politique de gauche, il ne reste pas de possibilité à plusieurs exégèses, elle ne révèle qu’une seule, une avidité monstrueuse pour se faire entendre et donner sa complaisance aux forces du Mal aux fins électoralistes, un jeu immonde et ignominieux, car même pas encore inhumé ce jeune martyr qu’elle ose porter atteinte à sa souffrance ultime.
L’horreur face à ses mots provoqua chez moi un tremblement, un séisme spirituel jamais ressenti auparavantdans l’espace de la cité.
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Je l’ai lu très tard hier soir, j’ai pris connaissance de sa publication par Instagram, je n’achète pas la presse et je ne suis inscrite sur aucun autre réseau social.
Qualifier ce jeune martyr de « néo-nazi », c’est tomber dans une bassesse innommable.
Je me souviens des conversations tenues avec Maman de son vivant avec moi à Paris, « Maman, tu t’imagines comment a pu être l’époque de l’Occupation quand, intempestivement, dénoncés par les gardiennes ou les voisins, (toujours les mêmes ) en pleine nuit arrivait la police française les déloger ? »
« Oui ma petite » me disait-elle, « cela doit avoir été une époque sinistre », j’y pense, en faisant la comparaison avec cette époque de rupture de l’humain qui est alimentée par les politicards dépourvus d’humanisme.
Pour l’heure, nous laissons à la marge les analyses politiques et la rupture est si profonde que la littérature devra aussi se taire, pour ne laisser la place qu’à l’action, c’est seulement une fois les décombres nettoyés, qu’il y aura un terrain fertile pour planter des mots, il doit venir un temps de nettoyage, de faire reposer une terre française meurtrie avant d’espérer un changement; le dirigeant qui prendra sur soi cette tâche monumentale devra prendre conscience qu’il prendra un risque « grave et difficile » pour obtenir la guérison du pays, et il ne sera qu’après, dans la lenteur qu’il ne lui sera autorisé le temps de se livrer à des spéculations, des analyses pour nous donner ses conclusions.
Je recommande de prendre très au sérieux des phrases sublimes de la plus notable figure de la Renaissance italienne, Marsiglio Ficino, il forma dans la prêtrise son cousin Salvino Salvini qu’il envoie à Cortona voir l’évêque ; Ficino dit ces mots à l’évêque : « Je l’ai formé, mais quand il arrive devant toi, fais-le parler, parce que l’Homme comme le vase se connaît au son ».
Mon message à cette politique et à tous ses congénères et coreligionnaires :
Madame, messieurs, vous êtes déjà très avancés en âge, presque la même que la mienne, je viens d’avoir 72 ans, la différence entre vous et moi est simple, la différence n’est pas signe d’un grand mérite, elle n’exige aucun effort quand on a eu une bonne naissance, elle se transmet par la famille, elle n’exige pas d’études particulieres, rien d’autre qu’avoir acquis du berceau « le savoir -faire et le savoir-vivre », et l’autre différence notable est celle qui nous fait des personnes profondément attachées à la définition de ce qu’est une CIVILISATION, par opposition à la BARBARIE dont vous avez fait preuve dans votre article en dégradant la mémoire de Quentin et sa famille dans une parole ignominieuse et mensongère ; c’est pourquoi dans cette France qui a perdu les signes de ce que nous nommons une civilisation, je me bats pour défendre la mémoire des morts et, j’ai toujours été attachée aux principes d’éthique que vous ignorez volontairement avec un cynisme révoltant.
Puisse mon pays d’adoption sortir des ténèbres pour accéder à la lumière.
Carmen Florence GAZMURI-CHERNIAK
NADEZHDA
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