CARMEN FLORENCE GAZMURI-CHERNIAK

Escritos literarios – críticos, anuncios de nuevas publicaciones, libros editados. Artista-Pintora. Telas al óleo, gouaches y dibujos

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UN PAYS D’ASSISTÉS

24 Junio, 2024 (11:05) | Non classé

 

UN PAYS D’ASSISTÉS

Fragment de mes MÉMOIRES

Il y a un élément qui réduira ad vitam æternam mon accord politique avec mon pays d’adoption : la France. Il s’agit la construction solide et inamovible des subventions financières qui font de la France un pays d’assistés.

Laissez-moi, je vous prie de développer mon argumentation et mes solides conviction dans la matie.

Je viens d’un pays qui était considéré « un pays du tiers monde », le Chili.

Je suis née dans la capitale Santiago et si j’ai vécu heureuse et tranquille, cela ne fut possible qu’au travail de toute sa vie de mon père, qui travailla comme Professeur universitaire d’histoire de l’Art, dessin et peinture. Il n’a jamais vécu de sa peinture.

En 1942 il fonda l’Institut Pédagogique de l’UTE d’État et prit sa retraite à 72 ans, en 1972.

Au Chili, il n’existe pas de CAF, ni des institutions dites « solidaires » qui entretiennent les gens leur évitant leur responsabilité première dans leurs vies d’hommes et des femmes honnêtes : TRAVAILLER.

Je suis arrivée en France diplômée de Professeur de pédagogie en espagnol.

Il va de soi que je n’ai jamais prétendu avoir dès mon arrivée le même niveau de vie que j’avais dans mon pays d’origine, c’est-à-dire née dans un environnement protégé, confortable où rien ne nous manquait.

Je suis arrivée avec mes propres moyens financiers avec visa de touriste, j’ai dû faire deux voyages, le premier pour m’orienter et prendre des contacts avec les personnalités de l’Art pour réaliser au nom de ma mère, la DONATION GAZMURI, le second pour m’installer définitivement, trouver du travail, des documents officiels et faire venir ma mère avec tout déjà réglé pour l’accueillir.

Une fois que j’ai dû commencer ma vie professionnelle dans l’enseignement privé et m’insérer dans le monde administratif depuis ma qualité d’étrangère, et commencer à travailler, j’ai été stupéfaite du système mis en place par la France.

Alors, on m’a expliqué que si la France procure un système d’assistanat que je refusais, et que je n’arrivais point à comprendre, c’était principalement parce qu’en Amérique du Sud, nous n’avons pas connu la guerre (sauf que nous avons connu une dictature) et que c’est le Général de Gaulle celui qui a créé la CAF pour permettre la reconstruction du pays.

Soit. Mais une fois la reconstruction faite, l’assistanat aurait dû prendre fin et le laisser réservé uniquement pour ceux qui font preuve des véritables incapacités au travail.

Je crois fermement qu’une fois que la France atteignit un niveau satisfaisant de production et de stabilité économique, ces institutions n’avaient point de légitimité. Ce qui se passait fut tout le contraire, l’assistanat s’est approfondi et amplifié !

Si la France versait des salaires en accord avec les compétences de chacun, les allocations ne devraient plus exister, il est évident que si un salaire ne peut donner la possibilité à une personne qui travaille la capacité de s’acquitter honorablement de ses dépenses mensuelles, il doit accepter les petites sommes que l’État verse pour combler ce qu’il se refuse avec crétinisme politique de verser en qualité de juste paie à celui qui travaille pour gagner son pain, le résultat est que l’État commande, les asservit, nous donne une situation d’esclavage  administratif et financier et nous sommes pris au piège sans pouvoir nous libérer de ses griffes. L’horreur absolue.

Je le vis comme la pire des tragédies, après le crime de Maman.

Je me dis dès que j’ouvre les yeux

Mon Dieu comment sortir de cet engrenage infernal?!

Je pense que c’est précisément quand la France a obtenu sa reconstruction après la guerre qui commença la déconstruction précisément par ce système qui ne devait plus exister que pour les vieux, les invalides, les estropiés de guerre, les veuves et les malades faisant preuve d’incapacité au travail.

Ensuite peu à peu commercèrent à peupler la France des gens qui entraient en France comme dans un moulin pour profiter gratuitement des aides que les gouvernements successifs justifiaient avec des haut-parleurs avec leurs programmes de SOLIDARITÉ. Que pouvais-je objecter si j’étais une étrangère et au regard de mon bilan personnel, je le serai toujours, malgré être naturalisé française depuis 1989 et de n’avoir qu’une seule nationalité, la Française, ce fait que j’aimais et pour lequel je me suis battue avec acharnement, il est devenu une banalité.

Le système d’assistanat créé par la France devrait prendre fin, mais cela provoquerait un tsunami de misère encore pire que celle qu’ils ont formée, il est un cercle vicieux.

Au Chili nous nos sommes formés avec une seule conviction, celui qui n’étudie ou qui ne se forme pour acquérir un métier sera relégué à vivre misérable sans aucune aide, c’est ainsi qui survivent dans les périphéries ceux qui n’ont pas pu ou qui n’ont pas voulu par de diverses raisons se préoccuper de leur avenir ; ils vivent dans les « callampas » (des champignons) il s’agit des constructions de survie, construites par eux-mêmes , elles ressemblent à celles des réfugiés de guerre.

Dans un autre chapitre, je ferai le récit de la chute professionnelle qui m’offrirent les mafieux français de l’Éducation Nationale, la seule qui m’avait défendue fut une inspectrice espagnole, elle s’appele C.B. je ne l’oublierai jamais, mais elle est partie en Espagne et tout son rapport fut effacé par les chefs inspecteurs, c’est ainsi qui procèdent le mafieux, en effaçant les preuves de leur culpabilité, afin de m’interdire la possibilité de leur faire une accusation devant le Tribunal administratif. Quand un Proviseur qui était satisfait de mon travail auprès des Terminales littéraires, parce que tous mes élèves réussirent leur BAC espagnol, il a convoqué un inspecteur pour se procurer mon dossier, alors un des inspecteurs appelé est arrivé chez le proviseur avec un dossier : VIDE.

Cet assistanat, je le connais depuis 1980, il se prolonge et je connais ce système où j’ai été forcé d’entrer et de me plier quand l’E.N ; ne nous donnait pas de poste à la rentrée de septembre, ensuite quand j’ai décidé de tout quitter pour m’occuper de Maman jour et nuit pendant 13 ans. Ensuite quand Maman décéda j’ai demandé ma réintégration, j’avais 60 ans. Ils me la refusèrent donnant comme argument que j’étais déjà trop vieille, je n’étais pas « prioritaire » et le rectorat m’Envoya prendre ma retraite.

Ma retraite est de 1000 € tellement misérable que je peux dire qu’ils ont réussi, ils me laissèrent misérable jusqu’à la tombe, leur projet était de me faire taire, que je ne puisse ni écrire ni peindre.

A vous de juger…

C’est avec honte et une rage infinie que j’ai dû accepter le RSA 16 années durant uniquement pour que l’administration ne m’arrache pas maman et que je puisse la garder seule à la maison et sans aucune aide extérieure, c’est ainsi que j’ai gagné, car je lui ai évité « le placement » et j’ai refusé l’APA, personne n’est entrée violer notre intimité ni notre mode de vie en binôme avec Maman.

Un médecin alsacien nous a fait le calcul des sommes que maman et moi nous avons refusées de l’APA et que j’ai épargné à la France.

Maman était invalide dans le taux le plus grave : GR1, l’APA est de 1 700 € mensuels, pour le degré d’invalidité totale.

Il fallait multiplier cette somme annuellement, ensuite, par 13 années.

Cela nous donne une épargne à la France de 265. 200€ pour notre refus de recevoir l’APA.

J’ai commencé à survivre avec elle avec 380 € de RMI. Et une APL évidement du contraire, nous aurions connu la rue !

Ensuite, avec le changement de nom du RMI à RSA, j’ai fini en 2013 avec une somme de 568 € mensuels.

J’ai été contrôlée avec Maman tous les six mois par une « assistante sociale » qui venait nous voir pour faire une inspection minutieuse et constater si je m’occupais bien de maman, c’était humiliant et honteux, celles qui maltraitent les vieux…

Enfin… encore un livre, j’ai dû écrire à ce sujet en 2012 : Le Dictateur de la ville morte.

Ma révolte n’a pas de commune mesure avec rien d’autre parce que je me sens rabaissée, humiliée, reprisée et déjà vieille à mes 70 ans, il m’est impossible de réaliser aucun autre projet que celui qui m’obsède : mes obsèques.

Le travail méprisant, précaire et parsemé des difficultés qui m’a donné l’Éducation National m’a appauvrie et il me fut impossible de renverser la situation en dépit de ma formation universitaire et de mes deux diplômes français, le Bac et huit années de formation universitaire des plus solides, en plus de la rédaction d’un doctorat de littérature qui fut selon d’aucuns, c’était non un « doctorat classique de compilation » mais une œuvre d’auteur.

Nous la nommons « obra autoral” et je l’ai publiée à mes frais naturellement comme “Thèse-Essai” en suivant les conseils du Professeur Claude Couffon et de l’écrivain Ernesto Sabato lui-même. Ma thèse s’intitule : Les sources italiennes dans Le Tunnel d’Ernesto Sabato et trois études comparatives.

La vieillesse est mortifère, non comme tout le monde le croit, par l’arrivée de cheveux blancs ou des rides, la vieillesse est dévastatrice uniquement parce qu’elle nous vole notre capacité de réaliser des projets, donc la vieillesse nous interdit notre capacité d’être libres et indépendants. Seul l’argent peut adoucir cette contrainte jusqu’à qu’il nous arrive l’heure du départ définitif. Je n’ai aucune de ces échappatoires dignes qui peuvent s’offrir les personnes jouissant des revenus confortables.

Il me faudra essayer d’en finir de la manière la plus digne, c’est-à-dire en assurant la tombe de Maman par l’achat définitif de notre concession perpétuelle.

Il sera mon dernier combat.

Carmen Florence Gazmuri Cherniak

 

 

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