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VOUS AVEZ DIT MECENE?

15 mars, 2021 (13:28) | Non classé

 

HERNÁN GAZMURI – ATELIER LIBRE D’ANDRE LHOTE RUE D’ODESSA PARIS 1928       

HUILE SUR TOILE DE NADEZHDA GAZMURI  “HOMMAGE A HERNÁN GAZMURI”

                     VOUS AVEZ DIT MÉCÈNE ?

 

                                                       « PARLONS PEINTURE »

                                               La vérité, rien que la vérité !

 

[…]Il est amusant de remarquer qu’au contraire, ce qui caractérise le comportement des débutants et des médiocres, c’est une impuissance totale à s’intéresser plusieurs fois de suite au même objet. C’est au point que si je conserve durant deux semaines le même modèle dans la même position, mon atelier se vide de la moitié d’étudiants la seconde semaine.

Explication de ces étranges mœurs est dans ce fait que pour les maîtres, le modèle pose un problème d’ordre plastique dont il est émouvant de chercher les différents solutions, alors que pour le manieur de pinceau, ignorant même qu’il existe un problème pictural, le modèle n’est qu’un objet qui, une fois copié tant bien que mal, n’a aucune raison de demeurer en place »

 

                                                              André LHOTE

                                                             Traité de la figure

                                                                     136 P.

                                                                  

Je peux imaginer ce qu’elle pense, cette Société du Mépris (Axel Honneth) quand vous osez dire : je cherche un mécène…

Qu’a -t-il de risible à formuler un tel souhait en tant qu’artiste ?

Mais qu’est-ce qu’un mécène ?

Nous ne sommes plus à l’époque de Laurent de Médicis, de la papauté ni de riches protecteurs des arts, nous ne verrons plus un nouveau Daniel-Henri Khanweiler, hélas !

« Le mécène est donc une espèce en voie de disparition et les peintres demandent à l’État de jouer le rôle de protecteur des arts » Herbert Read.

Je suis à la recherche d’un mécène pour continuer mon travail d’artiste peintre, je le dis face à face et franchement.

Le rire éclate, par la disproportion formulée et que je l’ai faite parole pressante, avec la conscience lucide qu’on a peu de temps, tout est question de temps, profiter de ce temps limité qui presse et dont nous disposons pour réaliser nos projets, toujours avec hâte que ce projet pictural se fasse acte au sein d’un monde qui a banni à tout jamais le sérieux.

André Lhote disait qu’il fallait vivre avec son temps, certes, mais ne le prenez pas à la lettre, que dirait-il au constat du spectacle abominable qui a pris la production picturale de par le monde ? Que voit-on à présent ?

Absence de maîtres, aucune théorie, pseudo artistes sans préparation aucune qui osent barbouiller des merveilleuses toiles blanches en attente de la main d’un expert rêveur de peinture. Sauf de très rares exceptions ici et là, n’attendez pas le génie pictural.

La fraude s’étend de l’abstrait aux graffitis.

Lui, qui critiquait sévèrement déjà dans les années trente, jusqu’à sa mort en 1954 que son atelier se vidait s’il mettait le même modèle deux semaines consécutives !

L’ignorant, le mauvais élève en peinture, au lieu de penser à mettre en œuvre des différentes solutions plastiques, croit qu’en changeant de modèle il pourra facilement parvenir à une œuvre d’art.

Combien d’années d’enseignement d’atelier et des écrit théoriques a-t-il consacré stoïquement pour essayer de faire comprendre que l’élève ne doit pas penser ni à faire des œuvres magistrales, ni à exposer, mais qu’il doit penser uniquement à apprendre à peindre.

Armée des Invariants plastiques le jeune peintre entreprendra la voie qui le mènera à la maîtrise parfaite de la technique picturale.

Par quels moyens ?

Il nous a donné les Invariants plastiques, la grammaire pictural sans laquelle le peintre moderne ne pourra jamais arriver à être un bon peintre.

Cet ensemble de théories est ce qui est le pentagramme pour le musicien.

La variation journalière d’un modèle vivant ou de la nature morte, ne pourra jamais stimuler l’œil de l’apprenti peintre ni rendre à sa main la maîtrise parfaite, sans qu’il fasse la rencontre devant la toile et son modèle, avec préparation et maîtrise parfaite de sa grammaire picturale.

Sans allégation aucune nous acceptons que la peinture soit « cosa mentale ».

Le substantif à présent est qu’il n’existe plus « l’intelligence plastique » ils se sont chargés de faire croire que l’on peut peindre sans enseignement, sans théories, sans grammaire picturale.

Laissons de penser que l’enseignement pompier de Beaux-Arts, produira des peintres.

L’enseignement de Lhote révolutionna le monde de la peinture française précisément pour avoir été un théoricien de premier ordre, un érudit qui transforma l’enseignement et la critique à l’aide de sa sensibilité infinie.  L’enseignement de la peinture s’est vue mise dans une perspective révolutionnaire par l’introduction d’une grammaire picturale qui devint aussi sérieuse qui le furent jadis les ateliers de maîtres qui formèrent école.

C’est à l’élève qui reviendra la tâche de trouver chez le même modèle de solutions plastiques appuyé sur les « invariants plastiques ». Mais ceci qui est l’essence même de l’enseignement de Lhote est depuis plus d’un demi-siècle un enseignement méconnu que personne ne révise et qu’en France a été tragiquement balayé intentionnellement.

Allons par étapes. Pourquoi sommes-nous soumis dans ce désert pictural ?

Pourquoi avoir cru que la France respectueuse et aimante de ses valeurs allait garder et maintenir vivante un si précieux héritage ?

La naïve pensée que la vieille France resterait fidèle à ses valeurs n’est pas « une faute » mais le résultat d’une vie consacrée à l’art, considérée à présent comme équivoque.

Oui, de leur point de vue, je me suis trompée.

Les ventes aux enchères ne peuvent que faire roder à l’infini les Picasso et les Modigliani.

Les galeristes ne peuvent que faire roder la modernité faite de graffitis cotés en bourse !

Les biennales débordent d’horreurs qui « se vendent bien »

Mais cette confusion esthétique, cette ignorance plastique est couronnée des réussites financières pharamineuses, alors personne n’osera porter un œil critique et le cercle vicieux continuera soumis au roulement infernal des cotes boursières que rien n’arrêtera. Tout va très bien dans le meilleur des mondes.

Quels sont les vices où s’inondent les bonnes volontés des peintres ?

 Si vous voulez réussir, n’attendez rien de personne.

L’ignorance et la montée d’un tsunami fait d’ignorance assermentée.

Vous serez confronté aux vices qui se sont assermentés à l’aide des maffias qui ont su s’installer et gagner leur place dans la scène du commerce de l’art français.

Essayez de vous faire une place, l’État vous demander de devenir votre propre « entrepreneur ! »

La prostitution de l’art s’assoit sur l’ignorance, auparavant ils ne pouvaient pas fructifier, il y avait encore un digue. À présent ces deux vices principaux sont devenus les maîtres, et vous les trouverez où que vous alliez.

L’absence de maîtres et de théorie ont laissé la place de libre pour que s’installe la perversion artistique.

La montée des commerçants mafieux.

L’intervention de l’État dans les Jurys et commissions.

« Le mécénat, en d’autres termes la protection des artistes qui travaillent pour l’État, serait exercé par des agents de la fonction publique, avec le concours de commissions consultatives. Ces administrateurs (même s’ils sont les représentants de musées ou de galeries) ne seront pas nécessairement des hommes de sensibilité et de goût ; ils ont été recrutés pour leur efficacité présumée en matière de gestion »

[…] quels critères mettront-ils en avant quand il s’agira de de l’achat d’un tableau ou de la dotation d’une commission ? N ‘oublions pas qu’il ne s’agit pas de l’art du passé, ou un certain consensus d’opinion peut guider l’administrateur. Il s’agit de prendre une décision qui est, ou devrait être, l’expression d’une réelle sensibilité »

                                                                 Herbert READ

                                                               La philosophie de l’art moderne

                                                                                     P.65

Rester artiste peintre dans une telle société prostituée devient de l’héroïsme.

La réussite n’est pas de voir les tableaux cotés en bourse, mais de réussir à maintenir allumée la flamme de l’espoir, car il nous est nécessaire cette la flamme qui maintient le désir de peindre contre toute espérance de  réussite, cette flamme qui n’a été jamais éteinte, elle se rallume au jour le jour mystérieusement, la toile de fond est un devoir de mémoire et la conscience d’être en possession d’une mission inébranlable parce qu’ancrée précisément dans ces merveilleux « invariants plastiques » de LHOTE, ils sont toujours présents, ils pourront non seulement ériger le digue nécessaire à défendre la vraie peinture, mais ils serviront aussi à sauvegarder l’esprit et la force qui animera ce désir d’infini, et d’absolu plastique qui est  chaque jour renouvelé devant la toile.

 

Cette exigence est faite de solitude et d’une obstination sans faille.

Le travail continue toujours à contre-courant ceci est un fait indiscutable, mais mon maître, le peintre Hernan Gazmuri, n’aurait pas accepté que je démissionne face aux difficultés insurmontables du point de vue financier celles qu’à présent et depuis des nombreuses années s’érigent devant moi pour m’interdire la poursuite de mon travail.

C’est celle-ci la réponse que la France m’a donnée depuis 1980, date où mooi, rêveuse et inconsciente, je suis arrivée en « Mission Artistique » pour faire don au nom de la veuve du peintre CLARA, Maman, la « Donation Gazmuri » www.hernan-gazmuri.com et faire de la France mon « pays d’adoption ».

La France, toute son « officialité » m’a tout refusé, atelier, bourse, galerie pour exposer, achat de mes toiles et ils me répondirent me répondit que j’étais « Apatride » …Et, INVISIBLE…En dépit d’être française depuis 1989 !

 Comment parvenir à ne pas le trahir, de quelle manière me procurer toutes les conditions et les nécessités matérielles dévorantes que la peinture nous exige, ?

Voici la question que je me pose et devant laquelle je dois répondre et faire face.

Sans aucune préoccupation pour la pensée d’autrui, c’est enfin la maîtrise conquise par des années d’étude et le serment de fidélité à la peinture que j’ai prêté de manière solennelle à mon père, seront les force qui me conduiront en silence vers l’unique objectif à respecter : résoudre à l’infini des problèmes plastiques.

Nadezhda Gazmuri-Cherniak

« L’Apatride »

Dernière héritière encore vivante de l’École de Paris.

Disciple du peintre Hernan GAZMURI (1900-1979)

Disciple d’André LHOTE et Peintre de l’Ecole de Paris.

Dans le Patrimoine de la France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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