Vous pouvez contacter Nadezhda Gazmuri-Cherniak
par le formulaire contact du site.

BORN – THE BRIDGE : IMAGES ET SOUFFRANCES A L’EAU FORTE

28 février, 2021 (20:42) | Non classé

 

                 BRON – THE BRIDGE

 

           IMAGES ET SOUFFRANCES 

 

 

                   À L’EAU FORTE

 

 

 

DE MÉTAL DU VERRE ET AU SCALPEL

 

Dans ce merveilleux pays débordant de culture qu’est la France, nous devons attendre une dizaine d’années pour trouver des livres récemment édités et des films et séries que d’autres pays européens, voisins du notre connaissent avec aisance au temps voulu ; une des particularités culturelles des plus dégradantes de cette UE.

Enfin j’ai pu me procurer en emprunt les trois séries ; la saison IV pour l’heure inconnue en France pour tout public, du moins pour ceux qui comme moi, n’avons pas à notre avoir la possibilité de nous payer des « abonnements » ; toutes les saisons ont déjà cessé d’être transmises en Allemagne depuis 2018 et, depuis sa sortie en 2011, nous venons de la recevoir par une chaine tous les lundis soir, une extraordinaire information culturelle ! Ayant pu regarder par deux fois en entier les trois saisons, et après avoir écouté Sofia HELIN, l‘actrice principale sur le contenu et dénouement  de la quatrième et dernière saison, j’ai l’intuition que les deux éléments choisis pour révéler l’essence ontologique et comportementale de l’héroïne d’une part l’amour et d’autre part une thérapie psychanalytique, tous  deux sont déplacés à moins que « l’amour » enfin trouvé soit une solution romanesque idéaliste , elle reste néanmoins  très peu convaincante pour se « découvrir », ce serait comme faire l’exégèse d’un personnage DE FICTION par les moyens cliniques destinés à guérir des personnes réelles et malades  et  non des « personnages fictionnels ».

La Psychiatrie n’a jamais été créé pour analyser les êtres fictionnels, et ce serait comme jeter SAGA,l’ héroïne romanesque, mourir dissoute au plus profond d’un container d’acide où dans ce polar un assassin jette ses victimes. Analyser cliniquement SAGA serait la fin maladroite d’une fiction romanesque faite d’un réussite créatrice.

J’estime qu’ en dépit que Sofia HELIN resta fière de son  son travail, je me permets d’avancer mes réticences, son point de vue est respectable car elle est une actrice phénoménale, une actrice de premier ordre et il va de soi que son jeu fait d’une maîtrise parfaite tout comme celle de son partenaire  masculin, le policier Martin Rohde (Kim Bodnia)  sont capables de sauver toute défaillance d’écriture donnée à titre se solution à l’intrigue et aux histoires secondaires de personnages principaux ; je le redis, il nous est interdit de nous avancer dans l’écriture d’un « commentaire » c sans avoir pris connaissance de tous les éléments, car elle est par évidence, la premier règle qui doit respecter de tout commentateur de textes ou de cinéma, ce qui revient au même, car il est de notre spécialité l’étude de tout expression esthétique,  quel qu’elle soit et en connaissance total de l’objet à étudier.

Il est un fait incontestable que le couple des enquêteurs -policiers est celui qui rend possible que les évènements se dévoilent, se développent et se résolvent.

C’est en ces deux héros romanesques totalement contrastés qui réussit au mieux la mise en scène, les dialogues et le déroulement des faits et sur lesquels se développe la forme expressive du noyau du thriller.

La scène s’ouvre sous le pont d’Øresund, le pont qui relie la Suède au Danemark ; Malmö et Copenhague ; trois coups métalliques éteignent ce pont nous faisant entrer dans le gouffre de l’intrigue. La musique rend l’action incisive, les tonalités sont en clair-obscur et quand la lumière du jour est présente, les couleurs sont presque absents, ce n’est ni le blanc aveuglant, ni le noir définitif, mais l’entre deux, toutes les tonalités se révèlent dans la nuance du presque.

Cités de cristal, de fer et une seule en de bois où les personnages sont décrits au scalpel.

C’est grâce à cette héroïne cinématographique qui l’est aussi romanesque, en dialogue permanent avec son coéquipier qui lui répond en contrepoint, réaffirmant les axes de l’intrigue qui laissent le spectateur en suspens permanent.

La saison IV ne m’est pas nécessaire pour faire cette étude et à la fin je dirai pourquoi.

Nous sommes habitués à voir et faire des études comparatives d’après les deux séries danoises Borgen et The Keeling, leur caractère et vision du monde typique des pays du Nord, fidèles aussi à leur littérature, qui va de pair avec leur cinéma forment conjointement aux allemands les meilleurs que l’on a de par le monde.

Les pays du Nord, suédois, danois et norvégiens, sont arrivés à une maîtrise parfaite aussi bien du fond que de la forme expressive, et ils les mettent en œuvre de manière apparentée mais avec des distances notables par le moyen de leurs propres  éléments cinématographiques tout comme leur technique pour faire jaillir  les pôles sur lesquels ces thrillers articulent leurs histoires ; elles  reposent sur le mystère en crescendo, les caractères bien dessinés des héros et, le recours permanent à un « entrecroisement » des conflits, où les histoires personnelles des héros s’entrecroisent toujours à l’intrigue policière principale, où bien comme dans BORGEN,  au sujet politique central qui par exception n’est pas un thriller.

Pour notre comparaison c’est The Killing le seul thriller danois qui nous sert comme analyse comparative, mais pour que la méthode comparative soit complète, n’oubliez de suivre la sentence malrucienne, ce n’est pas en comparant un statue grecque à une autre statue grecque que l’étude comparative sera réussi, mais en comparant une statue grecque avec une égyptienne, c’est ainsi que nous  allons articuler notre étude en vous demandant de comparer BORN avec une quelconque série américaine ou latine…Tout y est dit ; le contraste sera complet et la conclusion incontestable, pour ce qui est de qualité esthétique la maîtrise parfaite des éléments cinématographiques ce sont les polars venus du Nord les maîtres absolus dans la matière, coupures des scènes courtes, action et silences, gestes et regards, dialogues courts, une scène ouvre une autre ailleurs mais d’une même effet  actuel , ou s’ouvre une porte, dans la scène suivante, elle se ferme, unissant deux liens complémentaires pour la compréhension de l’argument.

Nous allons voir pourquoi, nous affirmons qu’ils sont les maîtres absolus :

Les éléments qui rendent BORN, THE BRIDGE une œuvre magistrale de fond en comble.

Parce qu’il arrive à une réunion  de perfection dans l’écriture du script, le choix des acteurs, les éléments de leurs caractères et la polyphonie de toutes les intrigues et traits divergents des caractères, c’est la franche réussite d’un ensemble  d’éléments mis en jeu paroxystique : le script est construit d’une écriture au scalpel, les personnages individuellement décrits dans leur action de contrepoint, l’histoire principale reste toujours poreuse, permettant l’insertion d’une série d’histoires complémentaires qui interviennent par intermédiaire des personnages centraux dans une action romanesque et policière sans cesse en mouvement, mais jamais dans la dynamique grossière des films américains ; dans BORN tout mouvement a un centre névralgique, il n’y a jamais de l’action superflue ni  les coups de pistolets de westerns ;  les coups dans les polars venus du Nord, sont des coups qui résonnent dans l’âme des personnages, et par catharsis chez le spectateur.

Ces coups, sont des coups tragiques, comme la mise en scène de toute tragédie où la mort arrive irrévocable et, où aussi bien l’enquête que les enquêteurs échouent par un « destin » tragique et non par incompétence.

L’ACTRICE SOFIA HELIN, dans la réalité elle est diplômée de philosophie et a fait un cursus complet à l’Ecole de théâtre de Stockholm, aucun mystère pour  réussir, car conjointement à son talent, elle est une des plus sérieuses artistes des pays du Nord, et révélée comme une des plus brillantes actrices actuelles : une des vertus le plus remarquables chez elle est l’absence d’égocentrisme, (qualité de tous les acteurs des pays nordiques) , la profonde intelligence de tout ce qu’elle dit et enfin, elle a été  l’élément romanesque factuel qui a permis que le pari  soit réussi, le pari devant lequel s’affirme toute nouvelle création esthétique en matière de cinéma ;  si un série  réussit c’est toujours grâce aux vertus des artistes, Sofia Helin en est la preuve, artiste complète qui s’est fait aussi connaître dans la réalité par la netteté et finesse de son discours et  récents exposés sur son travail d’actrice qu’elle nous a révélé  à la télévision.

L’HÉROÏNE PRINCIPALE : SAGA NOREN.

Dans cette série, elle mérite une longue analyse ; cette héroïne romanesque comme j’ai choisi de la nommer est singulière et unique, par son caractère, ses mots, son comportement, or les commentaires  des « critiques »qui la placent comme « ASOCIALE », et atteinte du syndrome d’Asperger, ne nous convainc pas, facile et trivial interprétation pour un être hors du commun, ce que les critiques définissent comme personnage féminin à la marge parce que « trop franche » est faux, la nommer asociale parce qu’elle n’est pas acceptée, car incomprise, n’est nullement la preuve d’une maladie ou d’une dérèglement psychique; les récentes découvertes médicales ont établi que l’autisme n’est preuve ni de déficience intellectuelle ni de maladie mentale, toujours confondue pas les ignares à la schizophrénie, pourtant extrêmement éloignée en qualités et symptômes.

Cette note  au milieu de page pour résoudre le conflit exégétique, ; toutes les phrases de SAGA sont surprenantes, elles ne sont ni asociales, ni sorties d’une mentalité dérangée, nous ne qualifieront pas ses modes d’agir en société comme sorties d’une « franchise » ; son mode personnel d’agir dans le monde est la révélation de la pureté. Ô combien des  personnes et personnages « francs » sont maladroits, stupides et rustres, la franchise n’a pas de rapport avec  des capacités supérieres de mentalité abstraite, je la qualifie de « pureté », c’est parce que dans toutes ses analyses il n’y a pas de repères faisant aucune lien avec l’obscène, or c’est précisément l’obscène qui est présent dans cette société vulgaire,  c’est au sein même de cette  société post moderne que ses mots sortis d’une pureté totale,  nous font rire aux éclats, mais d’un rire tragique, et dans les moments les plus inattendus.

CONCLUSION.

Il est d’une même incompréhension et imperméabilité sociétale , la pureté et clarté de ses sentiments amoureux que personne ne peut comprendre, ils arrivent à se faire un acte romanesque des plus tragiques présents dans ces trois séries : c’est le moment où son ami, avec lequel elle partageait son quotidien dans une vie commune qu’il décide de la quitter, il  la quitte définitivement. Le dialogue de la fin, dans un  tragique en crescendo ou le discours d’un imbécile qui représente le commun des hommes, décide d’entrer en « dialogue téléphonique » avec SAGA, pour lui donner l’estocade finale; chacune des questions qu’elle lui pose forment le corpus essentiel de tous les aspects et les éléments qui peuvent faire d’une relation homme-femme, une construction existentielle jouée comme une musique à deux ; mais il est sourd; pourtant les questions de SAGA sont courtes, intelligentes et essentielles, pour définir l’essence de leur relation de couple, mais il est un incapable, sourd et insensible, dans la série, c’est lui l’atteint d’autisme amoureux et non SAGA !

C’est lui qui reste à la marge de son « individualité » pour que le climax arrive à la fin d’un des épisodes, qi n’est pas celui de la fin de la série II mais que nous avons choisi comme catalyseur absolu de l’essence de SAGA ; il se construit magistral sur une image  nocturne à l’intérieur éteint de son salon et en total silence, où les larmes de Saga sont à peine perceptibles; larmes d’acide qu’elle s’empresse très vite d’essuyer de ses mains, et pourtant seule et qu’elle n’est pas exposée à la vue de quiconque pourrait la juger et s’intérioriser de ses sentiments. Cela dit long sur sa force de caractère…elle quitte la pièce quand il fait déjà nuit et sort pour reprendre aussitôt son travail. C’est profondément submergés par l’émotion qui dégage cette héroïne romanesque qui pleure en cachette pour des brefs instants son échec amoureux, que nous fermons cet article, parce que SAGA, en héroïne féminine parfaite nous a conquis de ses larmes d’acide qui brulent comme l’eu forte sur une gravure qui dessinera à tout jamais la blessure invisible dans son âme sensible que presque personne n’en est en capacité de voir.

Nadezhda Gazmuri-Cherniak

 

 

 

 

 

Write a comment

You need to login to post comments!